Véronique Sarselli
Véronique Sarselli

"La dynamique d’alternance est en marche", pronostique Véronique Sarselli

Véronique Sarselli, candidate Grand Coeur lyonnais à la présidence de la Métropole de Lyon, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Après le premier tour, la candidate à la présidence de la Métropole de Lyon ne cache pas sa satisfaction : "la dynamique d'alternance est vraiment en marche, elle est vraiment présente dans de nombreuses circonscriptions". Quatre d'entre elles ont été remportées dès le premier tour, et cinq autres placent ses listes en tête.

Sur la question de l'alliance entre écologistes et Insoumis, qui n'a pas eu lieu, Véronique Sarselli charge Bruno Bernard : "M. Bernard la regrette, ce qui veut dire qu'il est totalement en phase avec Jean-Luc Mélenchon, avec les propos antisémites qui ont été tenus". Une attaque frontale, qui dit beaucoup du ton de cette campagne.

Face aux résultats décevants dans les circonscriptions lyonnaises, la candidate relativise : "À Villeurbanne et à Lyon, les maires sortants n'atteignent pas les 40 %,". " Il n'y a absolument pas de dynamique derrière Grégory Doucet", ajoute-t-elle.

Sur le logement, Véronique Sarselli maintient son objectif d'en construire 7 500 à 8 000 unités par an même si certains maires sont opposés à la densification : "notre travail, dès le lendemain des élections, sera de travailler commune par commune".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Véronique Sarselli

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Véronique Sarselli. Vous êtes candidate Grand Cœur Lyonnais à la présidence de la métropole de Lyon. Vous avez déjà été élue au premier tour dans votre ville comme dans votre circonscription métropolitaine. Ce second tour, vous semblez l’aborder en ballottage favorable si l’on regarde les résultats du premier tour, où, hormis à Lyon et à Villeurbanne, vos listes ont réalisé des scores plutôt plus élevés qu’attendus dans les autres circonscriptions. Vous imaginez-vous, à ce stade de la campagne, comme la prochaine présidente de la métropole ?

Au lendemain de ce premier tour, il faut quand même dire que la dynamique est là. La dynamique d’alternance est vraiment en marche, elle est vraiment présente dans de nombreuses circonscriptions puisque quatre circonscriptions ont été gagnées au premier tour, ce qui est un résultat à la fois exceptionnel et très réconfortant, et qui nous donne vraiment une dynamique supérieure sur cette semaine de campagne. Et puis il y a quand même cinq autres circonscriptions où nous sommes en tête. Même dans les circonscriptions lyonnaises, avec des scores bien meilleurs qu’en 2020, nous pensons qu’il y a une dynamique favorable. Surtout, la volonté d’alternance est réelle, elle est nette et elle a été exprimée clairement dans les urnes dimanche soir.

Les écologistes n’ont pas conclu d’alliance avec les Insoumis. Vous n’allez pas pouvoir dérouler l’argumentaire, comme le font les Cœurs lyonnais à Lyon, sur l’alliance de la honte. Est-ce que cela change le destin, le visage de cette élection, le fait qu’il n’y ait pas d’alliance à gauche ?

Remettons déjà les choses à leur place. Ce ne sont pas les écologistes qui n’ont pas fait alliance avec LFI, ce sont certains maires de gauche qui ont été courageux, et il faut les saluer, de ne pas aller dans cette alliance de la honte, ainsi que Place publique, qui a pris des décisions fortes. Donc aujourd’hui, même s’il n’y a pas cette alliance, M. Bernard la regrette, ce qui veut dire qu’il est totalement en phase avec Jean-Luc Mélenchon, avec les propos antisémites qui ont été tenus, les propos anti-police qui ont été tenus et la brutalisation de la vie publique que nous connaissons tous.

Sur les circonscriptions lyonnaises, vous avez évoqué tout à l’heure les quatre circonscriptions lyonnaises. À Lyon, les résultats sont moins bons qu’attendus, qu’espérés. Est-ce que cela peut être un caillou dans votre chaussure si Lyon venait à ne pas connaître la même alternance que la métropole et qu’il y avait un désalignement, finalement, entre la ville de Lyon et la métropole ?

Il ne vous a pas échappé qu’il y avait un deuxième tour dimanche. Nous allons laisser les électeurs lyonnais et grands lyonnais aller aux urnes. Depuis dimanche soir, et concrètement sur le terrain dès lundi matin, notre travail est d’aller vers les Lyonnais et les Grands Lyonnais, de travailler pour transformer à la fois la ville de Lyon et la métropole de Lyon. Voilà où nous en sommes. Une semaine de campagne, c’est très important et il faut aller au-devant des Grands Lyonnais dans les circonscriptions où il faut renverser les choses.

Si l’on regarde le vote, on voit que sur la première et la deuxième couronne, vos candidats arrivent très largement en tête. Il y a donc un rejet probable des politiques écologistes, il n’y a pas qu’un vote d’adhésion, mais peut-être aussi un vote de rejet, notamment sur la question des mobilités, des déplacements en voiture, de l’accès au centre de Lyon. En revanche, on déduit des résultats à Lyon que la population lyonnaise est plutôt en adéquation avec ce qui s’est passé, moins de place pour la voiture, plus de place pour des mobilités douces. Cela ne dessine-t-il pas une forme d’impossibilité dans les relations de travail entre la ville de Lyon et la métropole ? Vous auriez des programmes irréconciliables entre vous et Grégory Doucet s’il venait à être élu.

Je répète qu’il y a un deuxième tour qui va avoir lieu dimanche. Nous allons laisser les électeurs s’exprimer. Mais, sur le fond de votre question, non.

Comment concilier, en fait, les attentes des Lyonnais et aussi des Grands Lyonnais qui vivent hors de Lyon ?

Peut-être que je vais répondre sur le fond de votre question. Je pense que nous avons proposé un projet très cohérent entre Cœur Lyonnais et Grand Cœur Lyonnais. Aujourd’hui, ce que je constate à la suite de ces élections de dimanche, c’est que dans les circonscriptions qui ont été gagnées au premier tour par Grand Cœur Lyonnais, et dans d’autres où nous sommes, vous le savez, largement devant, il y a le travail des maires, le travail de terrain, le travail de proximité fait depuis des années par tous nos maires. Finalement, les électeurs ont, à un moment donné, montré leur confiance.

Moi, ce que je constate, c’est qu’à Villeurbanne et à Lyon, les maires sortants n’atteignent pas les 40 %, ils sont à 30 %. Ce qui veut dire, je pense quand même, que lorsqu’on est maire sortant, on aurait pu s’attendre à un meilleur résultat. C’est cela, l’enseignement. Là où certains voient que les Lyonnais soutiendraient finalement le programme métropolitain, ce n’est absolument pas ce que je vois. Moi, ce que je vois, c’est qu’il n’y a absolument pas de dynamique derrière Grégory Doucet, qui est maire sortant, je le répète. Au contraire.

Et vous voyez une dynamique chez Jean-Michel Aulas, qui plonge dans les sondages à mesure que l’élection approche et qui a plongé dans les résultats ?

M. Théra, je n’ai jamais commenté les sondages et je me garderai bien de le faire, comme je me garderai bien de commenter les commentaires. Je ne l’ai jamais fait. Nous sommes sur le terrain pour aller parler aux Grands Lyonnais, et Jean-Michel Aulas est sur le terrain pour aller parler aux Lyonnais. Croyez-moi, il y aura des surprises dimanche soir.

Vous avez toujours dit dans votre campagne que vous ne feriez jamais rien contre l’avis des maires. Est-ce que cela pourrait aussi s’appliquer à des communes de gauche avec lesquelles, présidente de la métropole, vous auriez à travailler ? S’ils vous demandaient la participation de la métropole, par exemple pour amplifier la piétonnisation de Lyon, est-ce que vous accepteriez ? Est-ce que ne pas faire contre les maires s’appliquerait aussi aux maires de gauche ?

Je maintiens que je serai la présidente de tous les maires de la métropole de Lyon. Ce qui veut dire que je serai la présidente avec tous les maires de la métropole de Lyon. Mais encore une fois, nous sommes à quelques jours d’un deuxième tour. La chose la plus importante, c’est de laisser le processus démocratique se terminer et de laisser les Lyonnais et les Grands Lyonnais s’exprimer dimanche. C’est cela, le plus important.

Sur le programme, les mobilités restent pour vous un des éléments clés du vote métropolitain ? Quand vous regardez les résultats, est-ce que vous vous dites que l’on voit à peu près ce qui a marché et ce qui a répondu aux attentes des Lyonnais ? Avez-vous l’impression que c’est sur le terrain de la mobilité que vous avez remporté des circonscriptions et que vous êtes en ballottage favorable pour présider la métropole ? Ou que cela s’est joué, dans les villes, sur la sécurité ?

Oui, cela s’est joué évidemment sur les mobilités, cela s’est joué sur la sécurité.

La place de la voiture reste un enjeu central du débat métropolitain ?

Ce n’est pas seulement la place de la voiture. Nous avons proposé un programme pour toutes les mobilités. Nous sommes favorables à un apaisement de toutes les mobilités. En fait, si ce programme est suivi, s’il y a cette dynamique, c’est parce que notre rôle est d’accompagner la vie des Grands Lyonnais, de nous préoccuper de leur vie quotidienne et, évidemment, d’avoir une vision de long terme. C’est cela, notre programme, c’est toute sa richesse : être à la fois dans la proximité avec les Grands Lyonnais et dans une vision de long terme pour notre territoire. C’est cela que les Grands Lyonnais ont, quelque part, accepté et voulu valoriser dans les urnes dimanche soir. Nous continuons donc et nous appelons évidemment à cette mobilisation pour dimanche. Votez Grand Cœur Lyonnais.

Il y a un point du programme sur lequel je voulais revenir : la question du logement. Vous avez évoqué votre volonté de construire 7 500 à 8 000 logements dans la métropole tous les ans. Or, quelques maires ont été élus dès le premier tour avec des programmes dans lesquels ils promettaient, ou assuraient à leurs électeurs et à leurs habitants, qu’il n’y aurait pas de densification dans leur ville, qu’il y aurait peu de construction. Du coup, où allez-vous construire ces 7 500 logements si vous ne ferez rien contre les maires qui ne veulent pas construire ? Il se passe quoi ?

Je pense que vous n’avez pas correctement lu les programmes de l’ensemble des maires de la métropole de Lyon, et notamment de ceux qui ont été élus. Aujourd’hui, que veulent les maires ? Ils veulent que l’on respecte l’identité de leur ville et ils veulent que leur ville puisse se développer à leur rythme. Toutes les communes ne sont pas les mêmes, tous les besoins de logement ne sont pas les mêmes dans la métropole de Lyon.

Notre travail, dès le lendemain des élections, si les électeurs nous font confiance dimanche soir, sera de travailler commune par commune, de regarder les besoins dans chaque commune. Toutes les villes de la métropole de Lyon ont besoin de loger leurs familles et leurs habitants. Croyez-moi, c’est ce que j’entends chez tous les maires, et je connais bien les maires de la métropole de Lyon qui ont été élus au premier tour.

Mais vous, qui avez lu tous les programmes et qui discutez avec l’ensemble des maires de la métropole, vous voyez où vous voulez poser ces 7 500 logements ?

M. Théra, c’est un travail qui devra être fait au lendemain de l’élection. Donc ce que nous allons faire, encore une fois, c’est laisser les électeurs s’exprimer dimanche soir.

En fait, vous dites qu’on va devant les électeurs, mais qu’on leur donnera la réponse après. C’est un peu bizarre.

Non. Ce que je vois, c’est que dans les villes où vous dites que, soi-disant, on ne construit pas, nous avons été élus et nous avons transformé l’essai au premier tour pour l’élection métropolitaine. En ayant un programme, parce que j’ai toujours été très franche et très claire, nous sommes partis dans cette élection en disant : oui, il faut loger les familles en métropole de Lyon ; oui, il faut que les étudiants puissent avoir accès au logement ; oui, il faut que les jeunes actifs puissent avoir accès au logement ; il faut que les classes intermédiaires et les classes moyennes restent dans notre métropole de Lyon, qu’elles ne la fuient pas.

Je suis partie en campagne pour cette métropole de Lyon avec ce projet. Excusez-moi, mais dans les villes sur lesquelles vous faites cette remarque, nous avons transformé l’essai dès le premier tour, et dans les circonscriptions métropolitaines également. N’oubliez pas que quatre ont été gagnées. Votez Grand Cœur Lyonnais parce que nous avons un programme et des propositions qui, croyez-moi, accompagnent la vie quotidienne de l’ensemble des Grands Lyonnais.

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut