A priori, comme l'année dernière, Nadia fêtera son anniversaire un jour avec son papa, un autre jour avec sa maman.
Ses parents se sont séparés quelques jours après ses 4 ans. Plutôt en mauvais termes.
Aujourd'hui, Georges, 37 ans, le père, demande un droit de garde exclusive. De son côté, la mère, Mariam* , 30 ans, demande que le montant de la pension alimentaire soit doublé, et que le droit de garde de son ex-petit ami, élargi du mardi au mercredi soir, soit supprimé. Un dialogue impossible, cristallisé par la prostitution avérée de Mariam.
Menaces de mort
Georges et Mariam se sont rencontrés en 2000, à Libreville, au Gabon. Lui était en mission pour Alcatel, elle serveuse dans un café. C'est le coup de foudre. En juillet, ils partent pour la Côte d'Ivoire. Deux ans après, naît Nadia. Georges fait construire une petite maison sur le terrain de la famille. En avril 2003, Georges et Mariam s'installent en France, à Lyon. Par chance, Mariam connaît une gabonnaise, ce qui lui permet d'avoir un peu plus de repères en ville. Elle commence à sortir dans des boîtes et des bars du centre, réputés chauds. En juillet 2004, elle trouve un job à Oullins, dans un bar. Lui travaillait alors comme consultant pour Areva, six semaines en Algérie, une semaine à Lyon. Mariam aurait commencé à se prostituer à cette époque. Sa mission terminée, Georges rentre définitivement à Lyon. Et s'aperçoit que son amie lui ment. Apprenant que son petit copain a découvert la vérité, Mariam quitte l'appartement avec Nadia. C'est le début des procédures devant le tribunal de grande instance. Mariam tente, en vain, de quitter le territoire avec leur fille. Un de ses amis menace Georges de mort. Les relations sont exécrables. Le 7 mars, les deux anciens amants passeront devant un juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance. "J'ai peur pour ma fille. Sa mère se prostitue, les amies de sa mère sont des prostituées notoires et les hommes chez qui elle a habité et habite encore sont, selon moi, des proxénètes" explique Georges, avançant que l'un deux s'est déjà fait arrêté pour collages d'affiches avec le prénom et le portable de prostituées. De son côté, Mariam lance : "il y a combien de prostituées à Lyon ? On les emmerde ? Non, alors ! ".
"Dangereux de mettre sur le tapis le métier de la mère"
L'histoire qui relève effectivement et strictement de la vie privée interroge néanmoins sur un point : la garde des enfants par des prostituées. Jusque dans les années 90, les ordonnances de 60 s'appliquaient encore : considérant la prostitution comme un "fléau social", les enfants étaient automatiquement enlevés à leur parent se livrant à la prostitution. Aujourd'hui, une personne qui se prostitue a le droit légal de garder son enfant, sauf s'il est prouvé des maltraitances ou des effets néfastes pour l'enfant.
Pour Florence Garcia, directrice de Cabiria**, "je comprends que les gens puissent s'inquiéter mais que ce monsieur se rassure, on ne connaît pas beaucoup de généalogies de prostituées". Avant d'ajouter : "c'est dangereux de mettre sur le tapis le métier de prostituée de la mère, ça peut ouvrir les portes sur des dérives...". En l'espèce, à la justice de déterminer si Nadia grandit dans un cadre sain et équilibré.
* Prénom d'emprunt.
** Association d'aide aux prostituées sur le territoire lyonnais.
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