Bruno Bernard, le président de la Métropole, au côté du promoteur Didier Caudard-Breille, président de DCB International, lors du MIPIM @EloiThiboud

Immobilier : la Métropole de Lyon à la reconquête des promoteurs

A l'occasion du Mipim, le grand salon des professionnels de l'immobilier à Cannes, Bruno Bernard et ses équipes de la Métropole de Lyon ont tenté d'envoyer des signaux positifs en direction des promoteurs immobiliers ce mercredi 8 septembre.

Tout à la fois opération de séduction et temps d'échange, la rencontre entre le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, et les promoteurs, a permis de crever l'abcès. "Nous attendions ce moment depuis plus d'un an" glissent plusieurs professionnels de l'immobilier, impatients d'entendre les élus. Pourtant, avant l'événement, Bruno Bernard affichait la couleur : "Je viens les mains dans les poches. Pour cette édition ce ne sera pas le concours de celui qui aura la plus grosse maquette et le projet le plus imposant".


"Je viens les mains dans les poches. Pour cette édition ce ne sera pas le concours de celui qui aura la plus grosse maquette." Bruno Bernard, le président de la Métropole de Lyon en déplacement à Cannes pour un grand salon de l'immobilier


Dans les faits, l'arrivée d'une majorité écologiste à la tête de la Métropole de Lyon n'était pas pour rassurer les promoteurs, toujours en quête de nouveaux projets de construction. Après l'ère Collomb, où les programmes immobiliers se multipliaient tant dans la construction de bureaux, de tours, de logements ; le programme des verts semble annoncer un mandat de vaches maigres pour le secteur. L'enjeu du Mipim était donc de tranquilliser les promoteurs et d'expliquer la vision des dirigeants de la Métropole de Lyon.

Réhabiliter plutôt que construire

Parmi les objectifs du Mipim à Cannes, expliquer les axes de la politique urbaine en vue d'une modification du Plan local d'urbanisme et d'habitat (PLU-H). L'horizon ? Faire de la qualité de vie dans la Métropole, l'argument principale de son attractivité, sans rompre avec son rayonnement économique.


Faire de la qualité de vie dans la Métropole, l'argument principale de son attractivité, sans rompre avec son rayonnement économique


Dans les grandes lignes : diluer l'activité économique dans le territoire, rapprocher l'industrie des habitations, densifier le logement près des grands axes de transports, rénover et repenser ce qui existe déjà plutôt que de construire ex nihilo sur des zones agricoles, limiter le développement des bureaux, lancer la construction de 6000 logements sociaux diffusés sur le territoire plutôt que concentrés à une seule place, organiser des dispositifs pour réguler la spéculation sur le foncier, préempter des marchés... Au total, 500 millions d'euros sont posés sur la table pour la politique foncière de la Métropole.

Un pas en avant et beaucoup d'attentes en acte

Pari gagné ? En partie. "Nous avons senti la volonté de comprendre nos métiers" explique une cadre de Bouygues Immobilier avant d'ajouter : "ces échanges permettent aussi de faire remonter les demandes, les plaintes". Côté Métropole on se félicite : "ce genre de rencontres n'avait jamais eu lieu sous ce format lors des précédentes mandatures et c'est une réussite" avance Bruno Bernard, le président de la Métropole.


La question des délais d'étude avant la réalisation des projets est un point noir qui revient souvent


Reste que plusieurs points gênent encore les promoteurs malgré la volonté affichée de la Métropole de communiquer avec les professionnels du secteur. La question des délais d'étude avant la réalisation des projets est un point noir qui revient souvent, lié à la lenteur démocratique et administrative de la Métropole. D'autant plus quand les programmes immobiliers nécessitent de la concertation avec les riverains et maires locaux. Autre élément critiqué : les coûts des projets de la Métropole, plus contraignants sur le plan du respect des règles environnementales et moins optimisés financièrement. Difficile encore pour les promoteurs d'expliquer où ils feront peser ces nouvelles pertes.

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