(Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Grève dans les TCL : les détails du projet contesté d'allotissement porté par le Sytral

Un nouveau mouvement de grève dans les TCL est prévu ce jeudi 10 mars, contre le projet d'allotissement porté par le Sytral. Quel est vraiment ce projet d'allotissement ?

Après une grève très suivie le mercredi 9 février, un nouvel appel à la grève contre le projet d'allotissement dans les TCL est lancé pour le jeudi 10 mars à Lyon. Le détail des perturbations ce jeudi est à retrouver ICI.

Quelle est la situation ? Pour résumer, depuis 1993, et au moins jusqu'à mi-2024, le Sytral délègue à un seul et même opérateur l’exploitation de tout le réseau TCL, à travers une délégation de service public (DSP). Cet opérateur, c'est Keolis. Keolis Lyon, une entreprise privée de 4500 personnes.

Pour le prochain appel d'offres, le Sytral, présidé par l'écologiste Bruno Bernard, également président de la Métropole de Lyon, souhaite ouvrir la possibilité à un projet d'allotissement (le fait de grouper des "marchandises" en lots).

Ainsi, ce jeudi 10 mars, sera soumis au vote au Sytral, le principe d'allotir le réseau TCL en deux lots gérés dans le cadre d’une délégation de service public (DSP) :

  • 1 lot « modes lourds » comprenant le métro, le funiculaire, le tramway dont Rhônexpress, la gestion des infrastructures, l’informatique, la sécurité et le contrôle des titres, pour une durée de 10 ans (2025-2034)
  • 1 lot bus, trolleybus et contrôle des titres pour une durée de 6 ans (2025-2030). L’objectif étant de faire correspondre la fin de ce contrat avec la fin des contrats du réseau Cars du Rhône


Doit aussi être votée jeudi au Sytral une gestion 100% publique via une société publique locale (SPL), co-gérée par le SYTRAL et la Métropole de Lyon (contrats privés et détachement possible pour les fonctionnaires)
pour les relations usagers comprenant la communication et le marketing, la commercialisation et la distribution, l’information voyageurs en situation normale et perturbée, le service après-vente et les réclamations, ainsi que les parcs-relais voitures et vélos.


"L'objectif n'est pas de faire des économies mais de faire mieux au juste prix"

Bruno Bernard, président écologiste de la Métropole de Lyon


"A travers l’allotissement il s’agit non seulement d’améliorer toujours plus le service de transports en commun pour les usagers, mais aussi de permettre les conditions d’une concurrence juste. L’objectif n’est pas de faire des économies mais de faire mieux au juste prix", explique Bruno Bernard, le président du Sytral, également président de la Métropole de Lyon.

Le vote favorable le 10 mars au Sytral ne fait guère de doute, les écologistes ayant une (très) large majorité. Mais la majorité de gauche de Bruno Bernard est divisée sur ce projet d'allotissement. Trois groupes de gauche à la Métropole de Lyon, qui font partie de la majorité de Bruno Bernard, sont contre ce projet l'allotissement : les Insoumis, les communistes et le groupe "Métropole en commun".

"L’allotissement va fragiliser les salariés. Leurs conditions de travail pourraient être remises en question à moyen terme quand bien même les conventions passées avec les délégataires assureraient un « socle social ». La sécurisation juridique de ce dernier ne nous paraît pas assurée", explique le groupe "Métropole en commun". "D’autre part, la division des salariés entre différents délégataires restreindra l’évolution des carrières et ne contribuera pas à l’attractivité de métiers en tension, comme celui de conducteur", poursuit le groupe "Métropole en commun". "Nous pensons qu’il faut donc limiter l’allotissement TCL. Nous sommes opposés à la création d’un lot « Mode lourds » et d’un « lots bus ", expliquent-ils encore.

La majorité de gauche à la Métropole divisée sur ce projet d'allotissement

De leurs côté, les groupes Insoumis et communistes expliquent : "Nous ne partageons pas l’idée que l’allotissement du réseau TCL, enrichi du Rhônexpress et d’Optibus, constituerait une réponse de choix pour le Sytral. Récupérer dans une gestion directe les missions stratégiques et la relation usager, objectif que nous partageons, n’exige pas de scinder le réseau, qui aurait pu rester dans un lot unique, d’une part. D’autre part, nous ne voyons pas en quoi ce projet de deux lots modes lourds/trolleybus faciliterait la gestion des autres réseaux, bien au contraire. Si problème il y a -ce qui reste à étayer-, il ne peut se résoudre en affaiblissant l’unité du réseau TCL mais
bien en renforçant les compétences et moyens humains et techniques de l’Autorité organisatrice".

"Par principe, nous sommes défavorables à l’allotissement, qui se traduit toujours par une dégradation de la qualité du service pour l’usager et une dégradation du statut des salariés. L’allotissement peut creuser des inégalités territoriales entre modes de transport rentables et d’autres, qui le sont moins et entre zones desservies", soulignent encore les groupes Insoumis et communistes, dans la majorité de Bruno Bernard.

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