TER SNCF gare lyon part-dieu
Photo d’illustration d’un TER de la SNCF en Gare de Lyon Part-Dieu. (Crédit Cheyenne Gabrelle)

Grève à la SNCF : à quoi s'attendre ce mercredi en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Les syndicats de cheminots appellent à la grève ce mercredi 10 juin. De fortes perturbations sont attendues en Auvergne-Rhône-Alpes.

Il n'y a pas que des TGV qui resteront à quai : la grève de 24 heures organisée mercredi par les syndicats de la SNCF devrait fortement toucher les trains régionaux ou de banlieue, de plus en plus ouverts à la concurrence.

Dans son ensemble, le trafic régional, qui draine ce que le PDG de la SNCF Jean Castex appelle les "trains du quotidien", sera "fortement perturbé" toute la journée, a prévenu SNCF Voyageurs. Sur les grandes lignes, en moyenne un TGV sur trois devrait être annulé et un train Intercités sur deux.

Ce mercredi matin à la gare de Lyon Part-Dieu, seuls deux trains sont affichés avec du retard.

Une ouverture à la concurrence qui pose problème pour les syndicats

Les quatre principaux syndicats de l'entreprise ferroviaire publique, CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots, qui ont lancé l'appel à la grève, demandent un moratoire sur l'ouverture à la concurrence ainsi que des hausses de salaire pour faire face à l'inflation.

Au cœur de la protestation se trouvent les filialisations lancées depuis l'an dernier par la SNCF au fur et à mesure du lancement par les régions d'appels d'offres pour déterminer qui exploitera les lignes de trains au départ de chaque métropole régionale: "l'étoile" de Caen, "l'étoile" de Nice en jargon ferroviaire.

Quand bien même l'appel d'offres serait remporté par la SNCF elle-même, candidate à sa propre succession, comme ce fut le cas en début d'année dans le Poitou-Charentes, l'entreprise crée une "nouvelle entité privée", dans laquelle elle "transfère ses personnels s'ils veulent bien l'être", explique Julien Delion, conducteur à la SNCF et secrétaire du syndicat CGT-Cheminots de Bayonne.

"Avec à la clé moins de jours de repos et des temps de travail plus longs", parce qu'ils ne dépendront plus de l'accord d'entreprise au bout d'un certain nombre de mois, mais d'un accord de branche moins disant, ajoute-t-il. "S'ils refusent le transfert, ils seront licenciés parce qu'en fait, c'est tout un territoire qui bascule, donc ils n'ont pas d'autre option localement", souligne-t-il, en jugeant "l'ambiance très anxiogène" dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques notamment, où l'ouverture à la concurrence doit se faire prochainement.

Au total, "27.000 salariés SNCF" sont "embarqués dans la concurrence" et potentiellement transférés dans des filiales locales de la taille d'une PME de 4 ou 500 personnes, a confirmé mardi à Paris Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs, lors du salon du transport public Mobco. Il admet qu'il s'agit d'une "transformation interne majeure", mais affirme tout faire pour que le transfert se passe bien, avec des garanties pour les salariés.

Au total, neuf régions TER sur onze ont lancé ou s'apprêtent à lancer des appels d'offre pour exploiter leur réseau.

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