Entretien avec Mohamed Chihi, adjoint en charge de la sûreté, de la sécurité et de la tranquillité de la ville de Lyon © Antoine Merlet
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Entretien avec Mohamed Chihi, adjoint en charge de la sûreté, de la sécurité et de la tranquillité de la ville de Lyon

Ce professeur du second degré en économie et gestion décroche une délégation très exposée, compliquée par une prise de fonctions intervenue dans un climat délétère, émaillé d’accès de violences, qui reflète le triste état d’esprit de la ville. Sa prise de parole est donc très attendue. Pour l’un de ses premiers grands entretiens accordés à la presse, Mohamed Chihi s’applique à montrer qu’il existe une politique de sécurité chez les écologistes, restés pendant très longtemps sans corpus idéologique autour de ces questions fondamentales.


“La première sécurité  est la prévention”

Lyon Capitale : Rodéos urbains, tirs de mortiers, nuisances sonores, incivilités, violences... Quel regard portez-vous sur la situation actuelle à Lyon ?

Mohamed Chihi : Je partage le même diagnostic que la plupart des Lyonnais et des collectifs “en colère” : il y a une situation préoccupante qui nous oblige à réagir à très court terme. Mais il faut que nous nous posions les questions du diagnostic : comment identifie-t-on ces troubles et comment lit-on la situation ? Ces troubles ont débuté bien avant notre arrivée, dès 2017 dit l’ancien maire de Lyon, plutôt il y a dix-huit mois selon nous. Les nuisances ne sont donc pas nouvelles. Ce qui est nouveau, c’est leur ampleur et la coordination de ceux qui en sont à l’origine et qui se sont donné le mot pour pourrir la vie des gens. Cela pose très clairement la question des réseaux sociaux – Twitter, Instagram, Snapchat, etc. – au moyen desquels s’exprime une volonté non seulement de se rassembler mais aussi de créer du “like”.

Ce qui frappe, n’est-ce pas tant le caractère désinhibé de ces actes, qui visent de près ou de loin l’autorité que leur nombre ?

Il s’agit là d’un autre aspect des nuisances qui s’est manifesté lors du déconfinement, vécu comme un retour à l’air libre après une longue période d’apnée. Ce retour s’est fait dans un cadre très particulier marqué par la disparition de la plupart des loisirs publics. Cela a créé non pas tant de la frustration qu’une sur-occupation de l’espace public et une densité plus forte dans la rue, expliquant, en partie, l’augmentation des nuisances de ces dernières semaines. Ce qui nous faire dire cela, c’est que la situation n’est pas propre à Lyon, elle existe un peu partout en France. Nous devons donc nous interroger sur les effets du confinement/déconfinement ainsi que sur la manière dont ceux qui ont vécu le confinement l’analysent et ce qui les a conduits à modifier leur comportement.

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