De nombreuses boutiques ont été saccagées et pillées à Lyon en presqu’île ce 17 octobre.(Photo by JEFF PACHOUD / AFP)

Émeutes à Lyon : une organisation patronale alerte sur la situation des commerces de proximité

Après les pillages et les dégradations survenus à Lyon les 17 et 24 octobre, l’Union des entreprises de proximité (U2P) Auvergne-Rhône-Alpes tire la sonnette d’alarme. Dans une lettre ouverte, elle dénonce les conséquences économiques des émeutes sur les artisans, commerçants et professionnels libéraux.

Les émeutes des 17 et 24 octobre ont touché de nombreux commerces à Lyon et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce mardi, la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne faisait état de 307 boutiques dégradées depuis l’acte I du mouvement contre la vie chère. Face à cela, Marie-Françoise Gondard-Argenti, présidente de l’U2P Auvergne-Rhône-Alpes, tape du poing sur la table sur la situation des entreprises de proximité.

Dans une lettre ouverte intitulée "Naufrage de nos centres-villes et de nos quartiers : le cri d’alarme et de colère des entreprises de proximité", elle dénonce les conséquences des mobilisations sociales et des violences sur les commerces. "Les entreprises de proximité ne peuvent plus être la variable d’ajustement des conflits sociaux et des violences urbaines", écrit-elle, tout en précisant respecter le droit de manifester. Cependant, elle rappelle qu’il doit coexister avec le droit à la sécurité et à la liberté de travailler.

"Même lorsqu’un défilé se revendique pacifique, la réalité économique est implacable : périmètres bouclés, transports à l'arrêt, accès interdits, couvre-feu, climat d'anxiété générale... Pour nos commerces situés sur, ou à proximité des parcours, chaque journée de mobilisation est une journée synonyme d'activité nulle et de chiffre d'affaires anéanti", peut-on lire. À Lyon, l’U2P cite l’exemple d’un restaurateur situé en dehors des parcours des manifestations et des zones touchées par les violences, qui aurait enregistré une baisse de 40% de son chiffre d’affaires un samedi.

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"Ils demandent simplement de pouvoir exercer leur activité dans des conditions normales"

Marie-Françoise Gondard-Argenti alerte sur l’épuisement financier et moral des indépendants. En effet, certains commerçants ont déjà fait face aux Gilets jaunes, au Covid-19 ou encore aux retombées économiques de la guerre en Ukraine. "Nos commerçants, artisans et professionnels libéraux ne demandent ni privilège ni traitement particulier. Ils demandent simplement de pouvoir exercer leur activité dans des conditions normales", insiste la présidente de l’U2P Auvergne-Rhône-Alpes suite aux émeutes. Elle souligne également les conséquences possibles pour les salariés, notamment en cas de chômage partiel, de primes perdues ou de gel des embauches.

Face à cette situation, l’U2P Auvergne-Rhône-Alpes appelle à des mesures permettant aux entreprises de retrouver des conditions normales. La sécurité des commerçants, la possibilité d’ouvrir leurs établissements et le retour de la clientèle sont au cœur de ses préoccupations. "Ne laissons pas sacrifier nos entreprises artisanales, commerciales, libérales de proximité dans l’indifférence générale. Il est encore temps d’agir avant que nos centres-villes et centres-bourgs ne s’éteignent définitivement", conclut Marie-Françoise Gondard-Argenti dans sa lettre.

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