Bras de fabrication additive métallique au nouveau centre de Framatome à Romans-sur-Isère (Drôme)

Drôme : Framatome inaugure à Romans-sur-Isère un centre d'impression 3D unique en Europe

Portée par un investissement de 25 millions d'euros, la nouvelle installation de la filiale d'EDF vise à sécuriser la chaîne d'approvisionnement du nucléaire français, en pleine relance.

Framatome, filiale d'EDF, a officiellement mis en service, à Romans-sur-Isère, son nouveau centre de fabrication additive métallique jeudi 2 juillet, présenté comme unique en Europe pour la filière nucléaire. Opérationnel depuis mai 2026, le site occupe 8 500 mètres carrés, mobilise 25 millions d'euros d'investissement et emploie déjà une vingtaine de personnes. Il ne servira pas qu'au nucléaire civil, une partie de sa production est destinée aux sous-marins de la Marine nationale.

La fabrication additive, aussi appelée impression 3D métallique, consiste à construire une pièce couche par couche à partir d'une poudre fondue par un laser ou d'un fil métallique. Le centre drômois combine deux procédés : la fusion laser sur lit de poudre pour les petites pièces de haute précision, et la fabrication par arc-fil pour les composants de grande taille. Le spectre couvert est exceptionnel : de quelques millimètres à cinq mètres, de quelques kilos à plusieurs tonnes.

Démonstration de la technologie de fabrication additive métallique de Framatome

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La pièce manquante d'une stratégie nationale

Le contexte donne au projet toute sa portée. La France s'est engagée dans la construction de six réacteurs EPR2, complétés par une option pour huit unités supplémentaires. Un chantier chiffré à au moins 67 milliards d'euros, qui bute sur une difficulté connue : la chaîne de fournisseurs. Quinze années sans nouvelle construction ont laissé des traces. Grande forge, chaudronnerie nucléaire, soudure spécialisée : plusieurs métiers critiques se sont raréfiés. Le rapport Folz, remis au gouvernement en 2019, pointait déjà cette érosion comme l'un des principaux risques pour la relance.

C'est précisément là que se positionne le centre romanais. L'impression 3D permet de contourner certains goulets d'étranglement et offre une alternative pour des composants à fort risque de pénurie. Framatome ne part pas de zéro : le groupe investit dans cette technologie depuis plus de quinze ans et a déjà fait certifier plusieurs composants, notamment des filtres anti-débris installés en 2024 dans la centrale suédoise de Ringhals. Le centre drômois marque le passage à l'échelle industrielle.

La Drôme, nouvel arrière-pays nucléaire

Le choix de Romans-sur-Isère n'a rien d'un hasard. Le site historique abrite déjà l'une des principales unités de fabrication du combustible nucléaire en Europe. Framatome y emploie 1 200 personnes en direct, génère 1 500 emplois indirects et reste le premier employeur privé de Valence Romans Agglo. L'entreprise prévoit 200 embauches par an pendant dix ans et un investissement total qui pourrait atteindre un milliard d'euros si l'ensemble du projet d'extension de dix hectares se concrétise. Le centre de fabrication additive en est la première brique. Une nouvelle zone uranium, d'un coût de 180 millions d'euros, avait déjà été inaugurée en avril 2025.

À l'échelle européenne, aucun autre acteur ne dispose pour l'heure d'une capacité comparable en impression 3D métallique appliquée au nucléaire. Une avance qui dit moins la vigueur de l'industrie française que la lenteur des voisins européens. Les Américains, eux, ne perdent pas de temps : Westinghouse et plusieurs entreprises spécialisées y investissent massivement. La Chine a fait de la fabrication additive l'un des axes de son plan « Made in China 2025 ». Le centre drômois pose une pierre dans une bataille mondiale. Une étape cruciale dont se félicite Grégoire Ponchon, PDG de Framatome « Nous contribuons à renforcer la souveraineté de l'outil industriel de Framatome, à consolider la compétitivité des filières stratégiques et à sécuriser des chaînes d'approvisionnement essentielles ».

Lire aussi : Le plan de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour incarner la renaissance du nucléaire français


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