Service de soin intensif du Professeur Jean-Christophe Richard (unité Covid-19), à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon (©MAXPPP/PHOTOPQR/LE PROGRES/Joël PHILIPPON)

Coronavirus : les patients admis en réanimation dans la région sont-ils vraiment plus jeunes ?

En Île-de-France, les hôpitaux constatent un rajeunissement des patients admis en réanimation. Qu'en est-il dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui commence tout juste à affronter la troisième vague de coronavirus ?

L'épidémie de coronavirus semble entamer une troisième vague épidémique qui submerge déjà l'Île-de-France. La région Auvergne-Rhône-Alpes, particulièrement touchée pendant la deuxième vague, avait été relativement épargnée, jusqu'à il y a 15 jours où le taux d'incidence a commencé à grimper. Cette brusque recrudescence de cas a provoqué le reconfinement du département du Rhône et de la métropole de Lyon, pour tenter d'enrayer l'épidémie avant que les hôpitaux ne se retrouvent dépassés. Dans ceux d'Île-de-France, on constate un rajeunissement des patients admis en réanimation et dans un état critique, qui vient confirmer l'hypothèse selon laquelle le variant britannique du coronavirus serait certes plus contagieux, mais également plus létal. Qu'en est-il dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ? Le profil des patients admis en réanimation a-t-il évolué depuis le pic de la deuxième vague, à la mi-novembre ?

Des patients de plus en plus jeunes ?

D'après le point épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France, sur la semaine du 15 au 21 mars, le profil des patients admis en réanimation semble similaire à celui de ceux de la première et de la deuxième vague. A quelques détails près. Lors de la deuxième vague, entre le 5 octobre et le 17 novembre, l'âge médian des patients admis en réanimation était de 69 ans. Au 23 mars, il est descendu à 66 ans. Ces trois années paraissent peu de choses, mais si cette médiane a été tirée vers le bas, c'est parce que des patients plus jeunes que lors de la deuxième vague sont actuellement admis en réanimation. Ainsi, 35 % de ces patients avaient moins de 65 ans pendant la deuxième vague, contre 39 % aujourd'hui. Concernant les jeunes adultes (moins de 45 ans) et les adolescents, là aussi les chiffres montrent qu'ils sont plus nombreux à avoir besoin d'être admis en réanimation. Au 23 mars, il y a 60 adolescents et jeunes adultes dans ces services ainsi que 2 enfants, alors que nous sommes au début de la troisième vague, contre "seulement" 19 jeunes adultes et un enfant au plus fort de la deuxième vague.

Les hommes toujours plus touchés

Les données concernant le sexe des patients admis en réanimation n'a guère évolué. Lors de la deuxième vague, il y avait trois fois plus d'hommes que de femmes en réanimation. Actuellement, ils sont environ 2,5 fois plus nombreux.

Les mêmes comorbidités recensées

Les patients atteints d'une forme grave du COVID-19 et admis en réanimation présentent toujours les mêmes comorbidités. Pour 88 % d'entre eux, au moins une comorbidité était renseignée. En tête de liste, c'est l'obésité (47 %) et l'hypertension artérielle (47 %) qui sont les plus fréquentes, suivies de près par le diabète et les pathologies cardiaques et pulmonaires. Plusieurs de ces différentes comorbidités pouvant être associées chez un même patient.

27 % de patients décédés en réanimation

C'est également une mauvaise nouvelle : il semble bien que ce variant britannique du coronavirus soit plus létal que la souche historique d'après ce que constatent actuellement les hôpitaux de la région. Au 17 novembre, 22 % des patients admis en réanimation décédaient, contre 27 % actuellement.

Lire aussi : Le profil des personnes en réanimation dans la région pendant la deuxième vague

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