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Budget de la défense : “Avec le projet du Gouvernement, on ne tiendrait que 15 jours au Mali”

TROIS QUESTIONS – Christophe Guilloteau, député UMP du Rhône, membre de la commission de la défense et des forces armées à l’Assemblée et représentant du Parlement à la commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, fustige le projet de Bercy de couper les vivres à l’armée française. Un risque majeur pour notre industrie de défense selon lui.

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Lyon Capitale : Le Gouvernement travaille à une baisse massive du budget de la défense. Vous avez adressé une lettre ouverte au président de la République, aux ministres de la Défense, des Affaires étrangères et du Budget.

Christophe Guilloteau : Il s’agissait de leur rappeler les positions qui étaient les leurs lorsqu’ils étaient mes collègues avant qu’ils n’accèdent aux plus hautes responsabilités gouvernementales. Je les ai tous côtoyés à la commission de la défense et des forces armées et, à l’époque, aucun d’eux n’affirmait qu’il fallait baisser le budget de la défense. Bien au contraire !

Plusieurs scénarios sont sur la table. Que redoutez-vous le plus ?

Le Gouvernement travaille sur un format “Z” et un format “Y”, avec des restructurations profondes. D’un côté, c’est une baisse de 10 milliards d’euros, de l’autre c’est 4 milliards. C’est un scénario noir. Ce qu’il faut avoir en tête, c’est qu’il y a non seulement nos armées, mais aussi toute l’industrie de la défense, qui risque d’être impactée avec ses 165.000 emplois, sous-traitance comprise. Notre industrie de défense représente un excédent commercial de 4 à 5 milliards d’euros avec un véritable savoir-faire. Depuis le Liban, nous n’avons plus utilisé nos chars Leclerc en opérations extérieures, mais nous en exportons vers Abu Dhabi. Le Leclerc, c’est tout le savoir-faire de l’industrie de défense régionale avec, entre autres, Roanne et Saint-Étienne.

La présidente de la Commission de la défense, la socialiste Patricia Adam, fait le même constat que vous. Le budget des armées est une question de consensus entre la droite et la gauche parlementaires ?

En dehors des Verts, il y a une volonté de préserver notre outil militaire et industriel. Avec un budget des armées à 1,2% du PIB, l’armée ne tiendrait pas quatre mois au Mali mais quinze jours ! Sous la pression des Verts, le Gouvernement veut faire de l’armée une variable d’ajustement. Mais le président de la commission de la défense au Sénat, Jean-Louis Carrère, a déjà annoncé, lui aussi, qu’il ne le voterait pas si on descendait sous les 1,5% du PIB pour le budget de la défense. Si les parlementaires PS ne votent pas le budget, ça risque de devenir un problème pour le Gouvernement !

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