Le caviste d’Autun (Saône-et-Loire), Benoît Laly, a été sacré Meilleur Caviste de France 2026

Benoît Laly, Meilleur Caviste de France 2026

Neuvième génération d’une famille du vin, le caviste d’Autun (Saône-et-Loire), Benoît Laly, a été sacré Meilleur Caviste de France 2026. Une consécration patiemment construite, deux ans après une médaille d’argent.

Il y a des titres qui récompensent un coup d'éclat, et d'autres qui viennent sceller un long chemin. Celui que Benoît Laly a brandi lundi soir, nœud papillon en liège au cou, appartient sans conteste à la seconde catégorie. En 2022, pour sa première participation, le caviste bourguignon avait découvert, de son propre aveu, "le chemin qu'il [lui] restait à parcourir". En 2024, il montait sur la deuxième marche du podium. En 2026, plus personne ne se tenait devant lui.

Ils étaient quarante, venus de toute la France, à s'être qualifiés après une première sélection en ligne. Créé en 2014 par le Syndicat des Cavistes Professionnels (SCP) et organisé tous les deux ans, le concours est désormais piloté par le magazine professionnel Cavistes & Co. Dimanche 25 octobre, les candidats ont affronté questionnaires de connaissances et dégustations à l'aveugle. Il leur fallait identifier et commenter vins et spiritueux, mais aussi défendre un rouge du Luberon, clin d'œil au vignoble hôte.

Là, le rythme s'est accéléré : quiz de rapidité, questions sur les appellations et les cépages, puis une épreuve mystère de mise en situation. Le scénario était celui du quotidien en boutique : composer une sélection pour un dîner entre amis, autour de vins à faire découvrir et de mets imposés. Huit finalistes en sont sortis.

Derrière Benoît Laly, la médaille d'argent revient à Jean-Philippe Leroy (Vinothentik, Chabeuil, Drôme). Olivier Marotte (De la Vigne à l'Olivier, Lambesc, Bouches-du-Rhône) complète le podium avec le bronze. Une quatrième distinction a été remise : le titre de Meilleur Jeune Caviste de France - Trophée Champagne Education, réservé au moins de 30 ans le mieux classé des quarante participants. Il récompense Maxime Pavageau, de La Cave, à Wasquehal (Nord).

La finale réunissait aussi Yannick Chevallier (Cave Codex, Bègles), Éric Fèvre (Millésimes et Saveurs, Reims), Benjamin Holvoet (BenjaVin, Le Cannet-des-Maures), Mathieu Pierantoni (La Vignery, Rambouillet) et Nicolas Rumeau (Le Bouchon de Maremne, Bénesse-Maremne).

Concours du Meilleur Caviste de France
Créé en 2014 par le Syndicat des Cavistes Professionnels (SCP), le Concours du Meilleur Caviste de France est une compétition organisée tous les deux ans. Depuis 2026, son organisation est confiée au magazine professionnel Cavistes & Co. Il vise à valoriser les compétences, les connaissances et le savoir-faire des cavistes, qu’ils exercent en cave indépendante, en réseau intégré ou sous enseigne. Il contribue à faire connaître la diversité de la profession et à souligner le rôle des cavistes dans la découverte des vins et des spiritueux.

À l’issue des épreuves qualificatives du dimanche 25 octobre, les 15 candidats suivants ont accédé
aux demi-finales

Une cave d'Autun, une histoire de famille

Chez les Laly, le vin est une affaire de lignée. Six générations de vignerons, puis trois de négociants devenus cavistes à partir des années 1990. La cave d'Autun, fondée par son grand-père en 1947, est une institution locale. "On peut dire que je suis tombé dans la marmite (ou plutôt dans la cuve) étant petit", sourit Benoît Laly. Le 2 août 2005, il en ouvre les portes pour la première fois en tant que propriétaire. Un moment "très émouvant", attendu toute sa jeunesse. Mais succéder à son père sans avoir jamais travaillé à ses côtés n'a rien d'une évidence. Avant 25 ans, il peine à se montrer crédible, face aux clients comme aux vignerons. À l'époque, il regrette qu'aucune étoile n'existe pour distinguer les meilleurs cavistes, comme il en existe pour les restaurants. Le concours viendra combler ce manque. Doté depuis l'enfance du goût de la compétition, il y trouve un aiguillon : chaque édition le rend, dit-il, "plus précis, plus pointu, plus curieux".

Benoît Laly est le représentant de la 9e génération de la famille dans le monde du vin (six
générations de vignerons, puis trois générations de négociants devenus
surtout cavistes au fi l du temps... à partir des années 1990)

Le métier selon Benoît Laly

Pour lui, un bon caviste est d'abord quelqu'un qui écoute. Il doit comprendre la demande et y apporter la meilleure réponse, en s'adaptant à chacun : ceux qui veulent rêver, ceux qui ont besoin de se projeter, ceux qui réclament des détails techniques. La mission est remplie quand la fête du client s'est bien passée et que les accords ont fonctionné.

S'il était un vin ? Un Clos de Tart. "J’aime la puissance et l’élégance de ce vin, sa capacité à marquer un instant. J’aime la rigueur qui s’impose aux équipes du domaine, l’analyse effectuée pour découper ce clos en une multitude de parcelles, le travail de précision, aux vignes comme en cave, pour pouvoir élaborer un tel vin." Un spiritueux ? Un cognac Grosperrin, maison familiale dont chaque flacon est façonné par le temps. "Un cognac, c'est une pierre que l'on polit, qui se bonifie avec le temps"
Et s'il n'était pas caviste ? "Je serais vigneron !" Retour aux sources, en somme, pour celui qui porte désormais le titre le plus convoité de sa profession.

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