Thizy-les-Bourgs est passée à l'extrême droite ce dimanche 22 mars. La liste conduite par Rémi Berthoux s'est imposée. Daniel Navrot, politologue évoque un vote dépolitisé "pour une liste dans leurs intérêts", alors que le nouveau maire n'avait pas sollicité l'investiture du RN.
C'est un coup de tonnerre qui s'est abattu sur la commune de Thizy-les-Bourgs ce dimanche 22 mars. Rémi Berthoux, 29 ans, qui conduisait une liste étiquetée extrême droite par la préfecture, a été élu maire de la ville de presque 6 000 habitants. Une situation inédite dans le Rhône, puisque Thizy-les-Bourgs devient la première commune du département a être gouvernée par l'extrême droite. Pour rappel, celui qui sera officiellement investi maire est actuellement collaborateur parlementaire du député RN de la 8e circonscription Jonathan Guéry. A noter qu'il exerçait le métier de professeur des écoles à Vénissieux avant de rejoindre l'Assemblée Nationale.
Pourtant, si sa liste a été qualifiée d'extrême droite, Rémi Berthoux n'a pas sollicité l'investiture de son parti pour briguer la mairie. Selon Daniel Navrot, politologue et directeur de la revue Prospective Rhône-Alpes Méditerranée, son élection s'explique d'abord par un vote dépolitisé et dénationalisé : "Les gens n'ont pas voté RN, ils ont voté pour une liste dans leurs intérêts". "Le Rassemblement National a du mal à exister en ruralité, surtout pour les élections municipales. Exception faite dans leurs zones de force, donc dans le sud et le nord de la France où ils ont réussi à prendre Carcassonne ou encore Carpentras".
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A la Métropole de Lyon, déception pour le RN
Alors que les ambitions du Rassemblement National étaient importantes dans le scrutin au sein de la Métropole de Lyon, le parti à la flamme devra se contenter de seulement 5 sièges. Dans 6 minutes chrono, l'émission de Lyon Capitale, Tiffany Joncour, tête du liste RN relativisait la situation de son camp dans l'entre deux-tours : "Ce n’est pas une déception, parce que l’on sait très bien que l’on ne peut pas calquer des résultats nationaux sur des enjeux locaux. Pendant toute cette campagne, nous l’avons martelé : nous serons le groupe décisionnaire, qui sera l’arbitre à la métropole. C’est une réussite puisque nous allons, c’est officiel, faire entrer un groupe Rassemblement national à la métropole de Lyon. C’est historique." Pari raté, puisqu'au crépuscule du second tour, le groupe Grand Coeur lyonnais possède la majorité absolue, et pourra donc gouverner sans avoir besoin de soutien.
Un échec pour le parti dirigé par Jordan Bardella, "qui espérait beaucoup mieux" estime Daniel Navrot. "On envisageait entre 10 et 15 élus à la Métropole, ainsi que la victoire dans une ou deux circonscriptions. Le RN a été surpris et nous aussi. Les maires LR pouvaient se sentir menacés, il ont finalement presque tous été réélus", complète le politologue. Au final, une seule conclusion est à retenir selon Daniel Navrot : "Le produit RN n'intéresse pas au niveau local. Le vote municipal ne leur est pas favorable contrairement aux présidentielles où ils vont faire un très bon score"
