À la suite de l’affaire Lyhanna, la cour d’appel de Lyon a procédé au réexamen de 3 225 procédures concernant des viols et agressions sexuelles commis sur des mineurs.
Dans un communiqué publié vendredi 17 juillet, le procureur général a évoqué la réexamination de 3 225 procédures, dans le cadre de la circulaire du 8 juin 2026, qui demande un traitement prioritaire des dossiers de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs. À l’échelle nationale, près de 69 626 procédures étaient concernées.
Les dossiers réexaminés par les tribunaux judiciaires de Lyon, Villefranche-sur-Saône, Bourg-en-Bresse, Saint-Étienne et Roanne concernaient des victimes toujours mineures au 1er juin. 291 procédures jugées prioritaires, impliquant notamment des suspects déjà connus de la justice, ont fait l’objet d’une analyse poussée.
Ce travail a mobilisé les magistrats, greffiers, attachés de justice ainsi que les services de police et de gendarmerie. Il a conduit, dans de nombreux cas, à demander la poursuite des investigations avec des délais d’exécution fixés entre un et six mois selon le risque.
Le parquet souligne également une forte hausse de l’activité au tribunal judiciaire de Lyon. La division mineur-famille a ainsi constaté une augmentation exponentielle de son activité (plus de 80%), accompagnée d’une hausse de 73% de gardes à vue (27 gardes à vue en moyenne par jour contre 15 précédemment).
Les premiers enseignements montrent que les procédures réexaminées présentent une ancienneté moyenne de 13,6 mois. "Au-delà des capacités insuffisantes d’effectifs de magistrats et d’enquêteurs spécialisés pour absorber le volume de dossiers sur toute la chaîne pénale des juridictions du ressort, un renforcement des capacités médico-judiciaires et en expertises numériques est indispensable sur le ressort pour améliorer le traitement efficace et dans un délai maîtrisé de ces affaires", estime le procureur général.
Une réunion de travail est prévue en septembre entre les procureurs du ressort afin de tirer les enseignements de l’inspection générale de la justice menée après l’affaire Lyhanna.
Lire aussi : "L'affaire Lyhanna peut se reproduire" : la procureure générale de Lyon tire la sonnette d'alarme
