Diplômée de l'ESAD en 2025, une jeune créatrice de Valence vient de décrocher le Prix International ARWE 2026 à Turin. Une reconnaissance mondiale pour une artiste formée au cœur de la Drôme.
Il y a moins d'un an, Amélie Charrier quittait les bancs de l'École supérieure d'art et design (ESAD) de Valence, dans la Drôme, avec, sous le bras, un diplôme obtenu avec les félicitations du jury. Aujourd'hui, c'est un jury international qui salue son travail, depuis Turin. Le 30 mai 2026, sous la présidence de Patrizia Sandretto Re Rebaudengo, grande figure du mécénat artistique italien, le Prix International ARWE 2026 (Art Research World Expo) lui a été décerné pour son œuvre Témoignage 1, réalisée en 2025.
Trois prix seulement ont été remis lors de cette édition, parmi toutes les candidatures issues d'écoles d'art et de design du monde entier. Amélie Charrier y figure aux côtés de Maria Mhawej, de l'Université libanaise de Beyrouth, et de Ke Zhao, de l'Académie des Beaux-Arts de Chine. Une sélection qui dit tout du niveau de la compétition : née des cendres du Festival International des Écoles d'Art et de Design, ARWE est aujourd'hui l'un des rendez-vous incontournables de la jeune création internationale.
Pensé comme une plateforme internationale dédiée à la jeune création contemporaine et aux pratiques artistiques expérimentales, ARWE (Art Research World Expo) rassemble expositions, performances, spectacles, workshops, rencontres et masterclass dans plusieurs lieux de la ville. L’événement réunit des artistes issus de 21 écoles italiennes et 27 universités d’art internationales, dans une volonté de favoriser les échanges entre scènes artistiques, institutions et publics.

Un ancrage local, un rayonnement mondial
Ce sacre international n'a pourtant rien d'une trajectoire hors-sol. Depuis l'obtention de son diplôme, la jeune artiste valentinoise n'a cessé de construire sa présence sur le territoire qui l'a formée. En janvier 2026, elle investissait la Salle des Clercs pour une exposition personnelle. Plus récemment, ses œuvres étaient présentées à la Maison du Gardien et au Centre du Patrimoine Arménien, dans le cadre de l'exposition des jeunes diplômés de l'ESAD, commissariée par Ingrid Jurzak.
Ce parcours doit aussi beaucoup à un dispositif discret mais décisif : le programme "Les 5+", mis en place par l'ESAD pour accompagner ses jeunes diplômés dans le passage délicat vers la professionnalisation. Un filet tendu entre la formation et le monde, dont Amélie Charrier a su tirer le meilleur.

Valence, vivier de talents
Derrière cette success story individuelle se dessine une ambition collective. Valence Romans Agglo consacre chaque année plus de 1,5 million d'euros au financement de l'ESAD, en plus de la mise à disposition de locaux. L'école, avec l'enseignement du droit, constitue l'un des deux piliers historiques de l'enseignement supérieur valentinois, un héritage que la collectivité entend bien faire fructifier. "Le parcours d'Amélie Charrier illustre la vitalité de la création contemporaine sur notre territoire et démontre que les artistes formés à Valence peuvent aujourd'hui rayonner bien au-delà de nos frontières", souligne Marie-Françoise Pascal, adjointe au maire déléguée à la culture et au patrimoine. Une fierté partagée, pour une ville qui prouve, une fois de plus, que les grands destins artistiques peuvent naître loin des capitales.
