La Façade du Comoedia en 1970
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Le Comœdia, 100 ans d’histoire en images

DIAPORAMA – Le Comœdia fête ses 100 ans ! Et 100 ans, pour un cinéma, ce n’est pas banal. “Au moment des travaux que l’on a effectués en 2005-2006, des gens venaient nous voir en permanence pour nous parler de leurs souvenirs ici, se souvient Marc Bonny, le président du Comœdia. Il y a un attachement à travers le temps et les générations.” Un siècle, c’est l’occasion de revisiter, en 4 points, les moments forts de ce haut lieu de la culture à Lyon.

  • La naissance

Le Comœdia, ou plutôt le Berthelot comme il s'appelait à l'époque, est un bébé dont la date de naissance est inconnue. En revanche, on connaît le papa : "On n'a pas retrouvé de date précise de l'ouverture du cinéma à l'emplacement du Comœdia. Par contre, on est tombé sur le fac-similé d'une lettre du fondateur, Jules Melchior Pinard, au maire de Lyon. Cette lettre laisse à penser que le cinéma a ouvert en septembre 1914", raconte l'actuel président, Marc Bonny. Au début, le Berthelot était "une simple cahute en bois". C'est seulement en 1924 que le lieu change de destinée. Racheté par Émile Peyre, un commerçant local, il est rebâti en dur et prend le nom qu'il porte encore aujourd'hui.

  • La guerre

Si le Comœdia a survécu à la Première Guerre mondiale, il succombera temporairement au second grand conflit du XXe siècle. Situé en face du siège lyonnais de la Gestapo, le cinéma est rasé par les bombardements alliés le 26 mai 1944. Rémi Lapouble, qui s'était réfugié en zone libre, refusant de rester directeur d'un établissement réservé aux soldats allemands, retrouve son Comœdia en ruines. Le Lyonnais s'accroche et rebâtit son cinéma. Plus grand et plus moderne que jamais, il renaît en 1949. La façade n’a pas changé depuis lors.

  • L’âge d’or du Comœdia

Arrive la période faste du Comœdia. Alors que les salles obscures de la Presqu’île monopolisent les sorties récentes, le cinéma de l’avenue Berthelot doit se contenter des films de 2e ou 3e exclusivité, bien longtemps après leur sortie. Dans les années 1960, Rémi Lapouble s’équipe alors du tout nouveau procédé Todd-Ao. Le Comœdia obtient l’exclusivité des films en 70 mm. Le public vient en masse assister aux projections des grands films de l’époque. Les stars se succèdent également (Alain Delon, Jean-Paul Belmondo…) aux avant-premières.

À cette époque, déjà, le Comœdia fait les yeux doux au cinéma d’auteur. Tati, Truffaut ou encore Resnais sont des invités réguliers de ses salles obscures.

  • La 2e renaissance”

Les Lepouble revendent le Comœdia en 1993 à la société UGC, qui le gardera 10 ans, se spécialisant dans les films grand public en version originale, avant de le revendre en 2003. C’est à ce moment-là que Marc Bonny décide de racheter les murs et faire revivre ce lieu chargé d’histoire. "Après celle de la Seconde Guerre mondiale, c’était un peu comme une deuxième renaissance. Nous avons voulu cibler un cinéma d’art et essai au sens large. Cela nous a permis de fidéliser un public." Et les artistes continuent de répondre à l’appel. Comme Xavier Dolan, le chouchou de la Croisette en mai dernier, qui présentera son nouveau film, Mommy, le 1er octobre.

Depuis sa réouverture, le Comœdia a bien évolué. La partie bistrot-restauration en fait un lieu de vie qui n’est plus exclusivement dédié au cinéma. Marc Bonny l’affirme, ce centième anniversaire ne sera pas exclusivement tourné vers le passé. Une manière de montrer que le lieu a encore de belles années devant lui.

 


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