Nora Berra
Nora Berra © Tim Douet

Scandale PIP : Nora Berra dit “plus jamais !”

Dans une tribune publiée par Les Échos, l’eurodéputée Nora Berra a dénoncé la mauvaise gestion de l’Europe dans le scandale des prothèses PIP. Elle réclame des mesures.

“Affaire PIP : plus jamais ça !” Le ton de la tribune de Nora Berra, députée européenne, sur le site Internet du journal Les Échos (le 10 mai 2013), se veut catégorique. Le scandale des prothèses mammaires remplies d’un gel industriel interdit ne doit plus exister à l’avenir. Pour Nora Berra, chargée d’un rapport sur les dispositifs médicaux, le procès des cinq dirigeants de l’entreprise incriminée ne “suffira certainement pas à apaiser les souffrances endurées par d’innombrables porteuses à travers le monde”. L’eurodéputée tire le constat d’un “scandale sanitaire sans précédent […] ayant clairement révélé plusieurs failles dans nos systèmes de vigilance et de surveillance sanitaires”. Plusieurs questions se posent alors à elle, qui appellent des réponses rapides de l’Union européenne.

Des questions en suspens

L’ancienne secrétaire d’État à la santé du gouvernement Fillon s’interroge quant à la réaction de l’Europe, plusieurs fois alertée par rapport à ces prothèses. Elle s’étonne ainsi que les autorités n’aient pas enquêté en 2000, alors que la Food and Drug Administration (FDA) américaine avait déjà “noté de nombreux manquements au niveau de la fabrication, de la gestion de la qualité et du suivi post-commercialisation”. Même chose en 2005, quand, en Grande-Bretagne puis en France, des plaintes sont déposées “pour des ruptures prématurées” de prothèse.

Enfin, l’intéressée explique que l’Europe n’a pas agi de façon coordonnée dans cette affaire. Alors que la France, l’Allemagne et la République tchèque préconisaient le retrait systématique des prothèses, certains pays recommandaient leur maintien en l’absence de rupture. Nora Berra se questionne alors sur le fait qu’il pourrait exister, en Europe, “une reconnaissance mutuelle des produits mais pas des risques”.

Des mesures d’encadrement

Pour éviter qu’un scandale similaire ne se renouvelle, l’Union européenne compte mieux encadrer la mise sur le marché de ces produits. Ainsi, lorsqu’ils circulent en Europe, ils “seront tous testés, évalués cliniquement, tracés et étroitement surveillés”. Si les autorités publiques auront un droit de regard systématique sur quelques dispositifs sanitaires qui arrivent sur le marché, il faut surtout noter la naissance d’une “gigantesque base de données européenne”, afin de lutter contre la fraude de certains produits. Elle donnera la possibilité à tous les acteurs du système de santé de “recroiser les signalements [de fraude] et ainsi permettre une réaction coordonnée à la moindre alerte”.

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