LC 719 p. 36-37

Ordures ménagères : 200.000 tonnes de mâchefers disséminées sur des chantiers

Que faire des ordures ménagères ? L’incinération, mode choisi par le Grand Lyon, produit chaque année des centaines de milliers de tonnes de cendres polluantes, les mâchefers. Les décharges débordent. Qu’en faire ? Si le Grand Lyon a renoncé à en mettre sous le Grand Stade, 200.000 tonnes ont été disséminées en moins de six mois sur divers autres chantiers de la région. Lyon Capitale-le mensuel de février les a recensés. Aperçu.

En 2013, les mâchefers vont revenir en force sous les pieds des Rhônalpins. Derrière ce vocable un rien barbare, se cache une réalité peu enchanteresse : les mâchefers sont le résultat de l’incinération des ordures ménagères. On y retrouve, à l’état de cendres, tout un tas de déchets, dont des résidus de piles, de peinture, de matières plastiques, outre les restes alimentaires (…) Les associations écologistes s’inquiètent de la présence parmi elles de métaux lourds et de dioxines qui pourraient être largués dans la nature. C’est l’enjeu environnemental majeur qu’il faudra désormais résoudre, car 270.000 tonnes de mâchefers sont produites chaque année en Rhône-Alpes, dont 90.000 tonnes dans la seule agglomération lyonnaise.

Après un an de blocage, l’État et les élus ont choisi l’option de la réutilisation des mâchefers sur les chantiers. D’un point de vue purement financier, c’est la solution la plus économique. En 2012, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et la préfecture ont déployé toute leur énergie à trouver des débouchés sur des chantiers locaux. Jean-François Carenco, le préfet de la région Rhône-Alpes, et Philippe Ledenvic, l’ancien directeur régional de la Dreal, n’ont pas hésité à décrocher leurs téléphones. Bon nombre de spécialistes du terrassement et de la construction ont été sollicités. (…)

Au total, 21 sites de la région vont recevoir des mâchefers. Visiblement, il a été difficile de refuser cette petite faveur aux autorités... En moins de six mois, 250.000 tonnes ont été éparpillées (dont près de 50.000 tonnes dans des décharges).

Entre autres, 70.000 tonnes ont été déversées à Saint-Quentin-Fallavier, pour l’aménagement d’une plateforme routière dans une entreprise de vente de remorques. Toujours à Saint-Quentin-Fallavier, 10.000 tonnes vont être déposées sur le chantier de l’échangeur A42/A432. 40.000 tonnes ont été utilisées en sous-couche pour la ligne B du tramway de Grenoble. Dans l’Ain, 30.000 tonnes ont été déposées à Mionnay sur les talus de l’autoroute.

• La liste complète des sites, les commentaires des élus, de la direction régionale de l’environnement et de la Frapna… sont à retrouver en intégralité dans l’enquête de Lyon Capitale-le mensuel de février.

Lyon Capitale n°719 est en vente en kiosques jusqu’au 21 février, et toujours dans notre boutique en ligne.

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