Touraine
© Tim Douet

Vidéosurveillance : le dispositif lyonnais (enfin !) évalué

Installées depuis 2001 dans l'espace public, les caméras de vidéo surveillance lyonnaises couvre 10% du territoire de la ville. Quelles sont les conséquences sur les pratiques des Lyonnais ? Un étudiant chercheur en gestion des risques à Lyon III va se pencher sur la question ces trois prochaines années.

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L'idée avait été émise l'année dernière par Gérard Collomb. Le principe en a été adopté lundi soir en conseil municipal. La Ville de Lyon financera, ces trois prochaines années, le travail d'un étudiant chercheur en master 2 de Gestion des risques à l'université Lyon III. Sa problématique : "Surveiller pour prévenir ? Etudes et évaluation des pratiques de la vidéoprotection à Lyon (1999-2000)". Une thèse en entreprise (CIFRE), dirigée par Valérie November, professeure à l'école polytechnique de Lausanne, spécialiste de l’étude des dispositifs de surveillance, à laquelle le CNRS, Lyon 3 et Lyon 2 s'associeront et qui vise à évaluer les conséquences, sur les usages des habitants, des touristes ou encore des services de police et de secours (pompiers, Samu, etc) de l'existence des 238 caméras lyonnaises, 300 à la fin du mandat de Gérard Collomb en 2014.

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Le collège d'éthique ne suffit pas

Car si la Ville se distingue par la création d'un collège d'éthique indépendant en 2003, sorte de contre-pouvoir indépendant chargé de réglementer les usages de la vidéoprotection à Lyon. Aucune évaluation du dispositif n'a été menée depuis l'installation, il y a plus de dix ans, des premières caméras sous Raymond Barre. Evaluation pourtant réclamée de leurs voeux par les groupes communiste, Europe-Ecologie et GAEC au conseil municipal depuis des années, comme Karim Helal, conseiller municipal communiste du 7e arrondissement qui n'a pas manqué de le rappeler, lundi, en conseil municipal. Les Verts en particulier, étant opposés depuis le début à la vidéosurveillance, attendent beaucoup du résultat de ce travail universitaire.

Une première nationale

Jean-Louis Touraine © Tim Douet

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Jean-Louis Touraine.

Le député socialiste Jean-Louis Touraine, 1er adjoint délégué à la tranquillité publique, grand défenseur des caméras de vidéo surveillance depuis ses débuts aux côtés du maire de Lyon, se félicite également de cette évaluation. Il s'agit précise-t-il "d'un travail universitaire totalement indépendant, une première en France", même si le doctorant, payé pour moitié par la Ville, et pour moitié par l'Etat, bénéficiera durant trois ans d'un bureau dans les locaux de la Ville, "nul doute qu'il mènera sa recherche de manière indépendante", estime Jean-Louis Touraine. "Je suis également un universitaire et je peux vous garantir que la Ville n'interviendra pas dans le travail de ce chercheur". Celui-ci sera donc parfaitement libre de valider ou non toutes les hypothèses qu'il souhaite étudier dans le cadre de son travail. "Sachant que le but n'est pas de mettre des caméras partout à Lyon, précise Jean-Louis Touraine, mais d'adapter au mieux notre politique en la matière. Il peut-être intéressant de savoir en quoi les caméras modifient les comportement des personnes qui vivent ou qui travaillent près des caméras".

20% de délinquance en moins, grâce aux caméras ?

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Jean-Louis Touraine qui n'a pas pu s'empêcher de rappeler que la délinquance avait baissé de 20% depuis l'arrivée des premières caméras à Lyon, "on ne sait pas quelle part est à imputer précisément à notre dispositif" a néanmoins nuancé le 1er adjoint. D'autant que l'année dernière, un rapport de la chambre régionale des comptes a jeté un pavé dans la marre, estimant que la baisse de la délinquance de voie publique était la même dans les quartiers non-surveillés que dans les quartiers surveillés par caméras. Ce rapport avait conclu : "En l’état actuel des données, relier directement l’installation de la vidéosurveillance et la baisse de la délinquance est pour le moins hasardeux".

En tout état de cause, le taux d'élucidation des crimes et délits à Lyon a été multiplié par deux depuis 2001. Et les services policiers ainsi que ceux de la justice ont recours, de plus en plus fréquemment, aux images de vidéosurveillance tournées à Lyon pour les besoins de leurs enquêtes. 25 fois plus qu'il y a 10 ans, estime le directeur du Centre de supervision urbaine de Lyon, Manuel Magne. 500 images ont ainsi été réquisitionnées l'année dernière par la justice, selon lui, contre une vingtaine en 2001.

Mais le service de vidéosurveillance a un coût : 260 000 euros de budget de fonctionnement annuel (entretien, renouvellement, maintenance) à la charge de la ville, sans compter les salaires des 29 agents municipaux employés par la ville au Centre de supervision urbaine de Lyon, auxquels il faut ajouter les investissements pour l'installation de nouvelles caméras : 3 millions d'euros sur ce mandat, dont la moitié sont financés par la ville, l'autre par l'Etat.

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