"Le travail de mémoire ne s'impose pas. C'est une question de valeurs"

Pour faire vivre l'Histoire et les points de vue de ces protagonistes, à Lyon, pour la cinquième année consécutive, trois associations lyonnaises d'étudiants sont à l'initiative des Universités de la Mémoire. Le thème cette année: La mémoire, un enjeu actuel pour notre société ? Pour nous répondre, Yoann Sportouch, président des étudiants juifs de Lyon.

Le thème des Universités de la Mémoire est : La mémoire, un enjeu actuel pour notre société ? En quoi cette problématique est originale ? On peut se dire que oui, la réponse est facile. Mais, pour les associations mémorielles, c'est plus que cela. Elles se positionnent sur des malheurs actuels dans le monde entier, Palestine, Sri Lanka, partout où des civils sont atrocement touchés. Nous voulons en parler. Nos trois associations font d'ailleurs partie du collectif Urgence Darfour.

La première conférence jeudi a eu pour thème: 'Mémoires et Identités dans l'espace public'. Joseph Zimet, conseiller du secrétaire d'Etat aux anciens combattants a pu énerver les associations d'anciens combattants* en évoquant le rapport Kaspi** et la réduction du nombre de commémorations. Comment vous positionnez-vous ?

C'est sûr que le statut même des commémorations est à revoir pour qu'elles résonnent au-delà de la communauté concernée. Les valeurs universelles doivent être mises en avant. Au-delà de l'Histoire, il y a des valeurs. Mais, dans 'plus jamais ça', le 'ça' doit signifier quelque chose ! Ce peut paraître comme si on avait voulu enlever des commémorations pour ne garder que les plus importantes et donner des cadeaux à des communautés. En un sens, on coupe des têtes. Mais, je pense que les commémorations doivent être l'occasion de promouvoir l'humanité et d'effectuer un travail de mémoire, avec les documentaires à la télé ou en classe. Mais, le travail de mémoire ne s'impose pas. C'est une question de valeurs.

Ce mardi, je dirai que les négationnistes qui s'attaquent à la Soha ne s'attaquent pas un dogme, comme lorsqu'on blasphème contre un Dieu. Je tolère le blasphème. Le négationnisme est une agression contre les souvenirs des hommes qui ont vécu la Soha.

Propos recueillis par Stéphanie Ména

* L'auteur, qui n'était pas présent ce jeudi, souhaite préciser son propos à la demande de Yoann Sportouch: 'Joseph Zimet est venu expliquer les différentes propositions et ressorts du rapport Kaspi et la manière dont le gouvernement s'en est désolidarisé. Ni le gouvernement ni Joseph Zimet ne soutiennent la réduction du nombre de commémorations.'

** Le rapport de l'historien André Kaspi, rendu public en novembre 2008 préconise de regrouper les commémorations nationales autour de trois dates : " 11 novembre pour les morts du passé et du présent, 8 mai pour la victoire sur le nazisme et la barbarie, 14 juillet pour les valeurs républicaines ". Cela implique la suppression des journées nationales du dernier dimanche d'avril (déportation), 10 mai (fin de l'esclavage), 8 juin (guerre d'Indochine), 18 juin (appel de De Gaulle), 25 septembre (harkis) et 5 décembre (guerre d'Algérie). La conférence ce mardi à 18h à l'hôtel de ville a pour thème, 'Liberté d'expression ou négationnisme'.

Pour réserver, universitesdelamemoire@gmail.com

Les trois associations d'étudiants qui organisent ce colloque sont La Nouvelle génération arménienne (FRA-Nor Seround), l'Union des étudiants juifs de France (l'UEJF), et l'association anti-négationnisme de Lyon 3, Hippocampe.

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