Même si avec le retour de Cris en défense centrale et l'éclosion de Kader Keita, l'OL reste maître de son destin. Interview.
Lyon Capitale : Après votre victoire à Monaco, vous êtes quasiment assuré d'être sacré champion de France...
Alain Perrin : Le discours, c'est d'aller chercher le titre et cela passe par des performances à l'extérieur. Ce n'est pas fini, il faut continuer à aller chercher des points. Notre prochain adversaire, c'est Paris chez nous et ça ne sera pas simple parce qu'ils ont besoin de points. Pour être champion, il faut deux points par match donc lorsqu'on aura 76 points au compteur, à ce moment là on pourra commencer à crier victoire.
Lors de cette rencontre, Kader Keita s'est particulièrement illustré en inscrivant un doublé. Comment expliquez-vous cette éclosion si tardive ?
Tout d'abord, c'est quelqu'un qui est très facile à vivre dans un vestiaire parce qu'il a toujours une insouciance, une joie de vivre. Il n'a jamais changé dans son comportement, il fait toujours autant le clown (sourire). En arrivant à Lyon, il a fallu qu'il digère un certain nombre de choses. Depuis, sur le plan footballistique, il a retrouvé ses marques, des repères.
En même temps, il a souvent été remplaçant...
Oui, mais il y a des périodes où on ne peut pas trop donner de temps de jeu à un joueur parce qu'il y a une concurrence, il y a un système de jeu mis en place et qui fonctionne. Là, il a pu saisir sa chance par rapport à la blessure de Sidney Govou et j'en suis ravi tant pour lui que pour l'équipe.
Honnêtement, est-ce qu'il vous est arrivé de douter de son potentiel. De vous dire, que vous aviez peut-être fait une erreur de casting ?
Non, non ! Lorsqu'on voit les saisons qu'il a pu faire avec Lille, on savait que c'était un joueur avec un gros potentiel. Ce n'est pas quelque chose qui fuit comme ça. Après, il faut prendre en compte l'adapation du joueur par rapport à un environnement affectif, technique, d'affinité avec des partenaires. Il y a plein de raisons qui font qu'un joueur ne s'adapte pas à un nouveau club. C'est quelque chose qu'on peut difficilement anticiper. La chance pour l'OL, c'est que dans ce sprint final Kader (Keita) revient à son meilleur niveau.
Concernant le retour de Cris, avez-vous le sentiment d'avoir retrouvé un patron en défense ?
Il retrouve sa place, son statut de chef de défense par son calme, sa sérénité. C'est ce type de joueur qui amène sur un terrain sa qualité individuelle mais aussi, par son influence, améliore ceux qui sont autour de lui.