"Lyon a besoin de Saint-Etienne !"

Pourtant, Michel Thiollière, sénateur-maire (UMP) de Saint-Etienne milite pour un rapprochement des deux villes voisines. Lyon et Saint-Etienne sont deux candidates rivales au titre de "capitale européenne de la culture" en 2013 ; leurs clubs de foot, l'OL et l'ASSE, se livrent une compétition acharnée, et les tensions autour de l'A45, future autoroute reliant les deux villes, sont encore palpables...

Pourtant, Michel Thiollière, sénateur-maire (UMP) de Saint-Etienne milite pour un rapprochement des deux villes voisines.
Lyon Capitale : Après des mois de tension avec Lyon sur le dossier de l'A45, vous venez de co-signer avec Gérard Collomb un courrier en faveur de la nouvelle autoroute Lyon/Saint- Etienne. Que s'est-il passé ?
Michel Thiollière : Quelque chose s'est débloqué du côté de Lyon... Je suis très satisfait de voir que le maire de Lyon a accepté de co-signer cet engagement fort en faveur de l'A45. C'est un équipement indispensable, pour Saint-Etienne, et pour Lyon. Lyon ne peut pas accéder à une dimension européenne si elle n'est pas confortée par un territoire plus large dans lequel se retrouvent naturellement Saint-Etienne et l'agglomération stéphanoise et dans lequel il faut pouvoir circuler normalement.
LC : En quoi Lyon a-t-elle besoin de vous ?
MT : Lyon est pour nous une locomotive économique importante. Mais nous avons aussi la faiblesse de penser que Lyon a besoin de nous car nous apportons 500 000 habitants supplémentaires qui permettent à Lyon d'atteindre 1,7 ou 1,8 millions d'habitants et qui le placent à un meilleur niveau européen. C'est pour nous une évidence, ça ne l'est peut-être pas encore pour tous les Lyonnais. Il faut donc qu'on l'explique et qu'on dépasse les blocages psychologiques, historiques, sociologiques, qui font encore de Saint-Etienne, dans l'esprit de certains Lyonnais, la ville industrielle qui a des problèmes sans nom !

LC : Pourquoi Saint-Etienne est-elle candidate, comme Lyon, au titre de "capitale européenne de la culture" ?
MT : Cette candidature est dans le droit fil de notre histoire collective ; elle est respectueuse de notre passé industriel, de notre créativité, de notre métissage, de notre "bien vivre ensemble", de notre façon d'appréhender la culture, dans la proximité, l'humilité et l'exigence. Nous sommes assez sûrs de nos valeurs et convaincus que ces valeurs doivent irriguer l'Europe !
LC : Pensez-vous vraiment avoir vos chances ?
MT : L'union européenne dit qu'elle va privilégier "les villes qui font plutôt que les villes qui sont". Regardez les villes déjà choisies : Liverpool en Angleterre, Essen au coeur de la Ru.hr en Allemagne, Pecs en Hongrie... Ce sont tous des territoires industriels en crise, des villes qui ont souffert. L'Europe veut vraiment titrer des villes qui ont besoin de cette dynamique culturelle pour s'en sortir économiquement et socialement. "Capitale européenne de la culture" n'est ni un concours d'élégance, ni un concours de la ville la plus riche. Sinon, nous n'irions pas !
LC : Si vous êtes à ce point convaincus d'être le mieux placé, ça ne vous énerve pas de constater que Lyon refuse de s'effacer à votre profit ?
MT : J'ai expliqué mon point de vue à Gérard Collomb, mais il a toute liberté de penser autrement. En revanche, Grenoble et Clermont- Ferrand nous soutiennent et m'encouragent dans cette démarche. Ils n'ont pas été candidats car ils considèrent, comme nous, que ça correspondait plus à une typologie de ville comme Saint-Etienne. De toute façon, si on est titrés en 2013, nous formerons naturellement le grand ensemble "Lyon- Saint Etienne". Vu de Los Angeles ou Tokyo, c'est Saint-Etienne, mais aussi Lyon qui bénéficiera de cette dynamique. Mais laissez-nous être candidat avec nos valeurs et nos forces parce que nous pensons, sur cette compétition-là, être mieux placés !
LC : Côté football, la compétition est accrue également entre l'OL et l'ASSE...
MT : Pour le football, je n'y peux rien ! Mais l'on peut se battre pour que la culture ne devienne pas comme le football, où il est évident que le club le plus riche est le premier du championnat de France. La culture c'est autre chose que le règne de l'argent. Si l'Europe se bat avec des millions, elle perdra face à la Chine, à l'Inde, aux Etats-Unis. Si les villes d'Europe veulent exister, il faut qu'elles se battent sur autre chose : la créativité, la cohésion, le métissage des cultures, la recherche, et ça, nous le portons à Saint-Etienne plus qu'ailleurs ; c'est pour ça que je crois à nos chances !

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