Déremboursement des cures thermales : ce qui est en jeu en Haute-Savoie

Saint-Gervais, Évian, Thonon : ce que pèse le thermalisme en Haute-Savoie, alors que le budget 2027 menace le remboursement des cures thermales.

Le gouvernement remet le sujet en débat tous les ans ou presque dans sa recherche d’économies. Dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, il prévoit de transférer 200 millions d’euros de dépenses de cures thermales vers les complémentaires santé. Le taux de remboursement passerait de 65% à 15%, le reste relevant des mutuelles, qui ne sont toutefois pas légalement tenues de compenser cette baisse. Le gouvernement attend par ailleurs les conclusions de la Haute Autorité de santé sur le service médical rendu par les cures, prévues fin 2027. Une tentative similaire avait échoué l’an passé. Pour le budget 2027, la première étape du processus législatif a échoué pour le déremboursement des cures thermales. Les députés ont rejeté le volet recettes du PLFSS le 23 octobre. La suite du parcours législatif avec un potentiel recours, in fine, au 49.3 pourrait faire revenir par la fenêtre le déremboursement.

Le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), qui réunit les 103 établissements thermaux, dénonce un “coup de massue” pour une filière dont le modèle repose en partie sur la Sécurité sociale. Son président, Thierry Dubois, estime qu’une telle mesure entraînerait une forte baisse de fréquentation, entre 3,5 et 3,8 milliards d’euros de pertes de retombées économiques et une réduction massive des emplois. Les professionnels rappellent que le thermalisme génère 4,8 milliards d’euros de retombées économiques, 25 000 emplois équivalents temps plein et 220 millions d’euros de taxes et cotisations sociales et ne pèse que sur 0,1% du budget de l’Assurance maladie. Le secteur pointe une période déjà  difficile : 467 874 curistes conventionnés ont été enregistrés en 2025, soit 19 % de moins qu’en 2019.

Trois stations en Haute-Savoie

Le département de la Haute-Savoie compte trois stations thermales : Évian-les-Bains, Thonon-les-Bains et Saint-Gervais. Selon une étude de l’Insee de 2018 Saint-Gervais accueillait en moyenne 1 729 curistes, soit 2,6 % de sa population en saison, et Évian 1 430, soit 1,3 %. À Saint-Gervais, 20e sur 25 stations de la région pour les curistes conventionnés en 2023, leur nombre n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire. Mais les activités de bien-être y représentent 71 % du chiffre d’affaires de 2024 (4,79 millions d’euros), contre 14 % pour les cures.

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