Equita Lyon 2026 se déroule à Eurexpo du 28 octobre au 1er novembre. @CL

Dans les coulisses d'Equita Lyon : comment les chevaux s’adaptent à leur nouvel environnement

À la veille de l’ouverture d'Equita Lyon, les premiers chevaux ont rejoint Eurexpo. Entre contrôles vétérinaires, installation dans les boxes et petites habitudes pour se sentir chez soi, les équipes veillent à préserver leur santé et leur bien-être avant les premières épreuves. Reportage dans les coulisses de ce concours.

Mardi 27 octobre, veille d'Equita Lyon, les allées d’Eurexpo sont presque prêtes à accueillir les visiteurs. Mais avant que le public ne découvre les chevaux et les compétitions, une autre scène se joue à l'abri des regards. À l’extérieur, les chevaux arrivent les uns après les autres et passent un premier contrôle vétérinaire. Une étape indispensable avant de rejoindre le hall réservé aux chevaux du concours de saut international (CSI), inaccessible au public et aux journalistes. "On les contrôle, c’est-à-dire qu’on vérifie l’identité à travers la puce du cheval, la vaccination et on prend la température", explique le docteur Cécilia Pavillot, vétérinaire sur le concours. Les données sont ensuite enregistrées dans l’application de la Fédération équestre internationale (FEI), dans le cadre d’un protocole strict appliqué depuis plusieurs années.

Cécilia Pavillot, vétérinaire du CSI, effectue les premiers contrôles lors de l'arrivée des chevaux sur le site. @CL

L’objectif est de limiter les risques sanitaires dans un environnement où se côtoient des chevaux venus de différents pays. "Les chevaux du CSI sont ensuite placés dans une enceinte totalement cloisonnée, une sorte de bulle sanitaire", précise la vétérinaire. En cas de température anormale ou de suspicion de maladie contagieuse, l’animal est placé dans un box de quarantaine. Certains chevaux passent dix à douze heures sur la route avant d’arriver à Lyon. Ils peuvent alors présenter une légère hausse de température, parfois liée à la fièvre des transports. Si elle persiste ou suscite un doute, un nouveau contrôle est effectué avant de prendre une décision. Près de huit vétérinaires sont mobilisés sur le CSI pour assurer la prévention, gérer les urgences et vérifier que les chevaux sont aptes à concourir.

Une tente a été installée pour permettre aux chevaux d'être plus à l'aise lors du premier contrôle. @CL

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Dans les boxes, retrouver ses repères

Une fois le contrôle terminé, les chevaux rejoignent leur box. Une personne recense le nom des cavaliers et attribue les emplacements dans le hall. Dans celui-ci, seuls les cavaliers, les grooms, les vétérinaires et les membres du concours sont autorisés à circuler.

L'inspection des chevaux, Equita Lyon 2026. @PSV-Jean Morel

C’est ici que Tiffany Marcel, groom à temps plein, a installé les deux chevaux dont elle s’occupe pendant les cinq jours de compétition : Amour et Polisson. Arrivée à 15h, elle veille à recréer un environnement familier malgré le changement de lieu. La litière, en paille ou en copeaux, permet au cheval de se coucher confortablement. Du matériel de soin, de la nourriture et des accessoires sont rangés dans des casiers et des trousses. Des tapis au sol amortissent les pas. Devant chaque box, les tentures indiquent l’écurie à laquelle appartient le cheval.

Tiffany Marcel, groom originaire de Lyon. @CL

Mais le confort ne se résume pas aux équipements. Il passe aussi par les objets familiers, parfois les plus simples. "Ils ont leurs petites peluches. Je ne les lave jamais car, comme les humains, ils ont besoin de sentir l’odeur pour être rassurés", raconte Tiffany Marcel. "Que ce soit le cavalier ou moi, on fait partie de leur environnement. On essaie d’avoir toujours les mêmes habitudes", explique-t-elle.

"Comme une nounou qui s’occupe des enfants"

Chaque matin, Tiffany Marcel vérifie l’état du cheval, lui donne à manger et nettoie sa litière. Elle observe ses membres et ses pieds, à la recherche d’une éventuelle boule, d’une chaleur inhabituelle ou du moindre signe anormal. "Mon rôle est de m’occuper du cheval de la meilleure des manières. C’est un peu comme une nounou qui s’occupe des enfants", résume-t-elle. Le cavalier se concentre sur la compétition, tandis que le groom assure les soins quotidiens et accompagne l’animal avant et après l’effort.

Après l’effort, couvertures, massages et produits adaptés permettent d’accompagner la récupération. Le groom doit également être capable de réaliser les premiers soins, de poser un pansement ou d’appliquer un médicament lorsque cela est nécessaire. Cette attention se traduit jusque dans les détails. Tiffany Marcel adapte la tonte pour laisser des zones de poils là où est posée la selle, afin de limiter les frottements, ainsi que sur les flancs, où les éperons du cavalier pourraient blesser la peau. "On veut vraiment qu’ils soient au mieux, quitte à les surprotéger", confie-t-elle.

Les chevaux, aussi, ont leurs doudous. @CL

Le bien-être passe enfin par la connaissance de chaque animal. À force de vivre et de travailler avec eux, les grooms apprennent à reconnaître leurs comportements et à repérer les changements qui peuvent signaler un problème. "Ça ne parle pas, mais nous, on est là par passion, donc tu connais leurs comportements. Quand tu les touches, t’es capable de sentir s’il y a quelque chose qui ne va pas", explique Tiffany Marcel. Cette proximité se construit au quotidien. "C’est impossible de faire ce métier sans être passionné. Il faut être tellement investi", souligne la groom, qui exerce à son compte depuis huit ans et a grandi dans les allées d'Equita Lyon.

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Le bien-être au cœur du salon

La santé des chevaux se retrouve dans le programme ouvert aux visiteurs du salon, organisé du mercredi 28 octobre au dimanche 1er novembre à Eurexpo. Le pôle santé, accessible librement dans la galerie 6, propose des conférences, des ateliers et des animations consacrés à la prévention et à la prise en charge des équidés. La thématique retenue pour cette édition est celle des urgences : reconnaître les premiers signes d’alerte, comprendre les situations critiques et savoir comment réagir lorsqu’un cheval nécessite des soins rapides. Une animation en réalité virtuelle permettra de découvrir l’environnement d’un bloc opératoire. La journée du bien-être, programmée le jeudi, sera consacrée aux chevaux seniors. Vétérinaires, chercheurs et professionnels du soin témoigneront sur les effets de l’âge et les adaptations nécessaires pour accompagner les animaux au quotidien.

Le pôle santé possède plusieurs activités et conférences pour sensibiliser le public aux urgences médicales des chevaux. @CL

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