À la rentrée 2026, le Département de Saône-et-Loire fait des collèges l'une de ses grandes priorités. La majorité départementale place aussi ce sujet au cœur de sa tribune politique. Les deux autres groupes ont, eux, choisi de mettre l'accent sur le changement climatique et la ressource en eau.
Près de 24 000 élèves fréquentent les 61 collèges publics et privés de Saône-et-Loire. Pour les établissements publics, dont il a la charge, le Département annonce un budget de 56 millions d'euros en 2026 et plus de 450 agents mobilisés au quotidien. Son action suit trois priorités, résumées par la vice-présidente chargée de l'éducation, Mathilde Chalumeau : moderniser, sécuriser, accompagner.
Moderniser : des collèges adaptés à la chaleur
L'adaptation au changement climatique guide désormais les travaux : renaturation des cours (après Cluny et Saint-Gengoux-le-National, Autun est en chantier, Mâcon et Chalon-sur-Saône suivront), isolation, protections solaires, rénovation du chauffage. Cet été, 3,2 millions d'euros de travaux ont été réalisés, dont 400 000 euros pour les réseaux d'eau de la cité scolaire de Digoin. Le collège René-Cassin de Paray-le-Monial entame une restructuration complète de 45 mois (12,1 million d'euros), et celles de Saint-Germain-du-Bois et Saint-Marcel sont présentées comme le modèle de la "nouvelle génération" de collèges.
Autre nouveauté de la rentrée : Mon collège 71, un espace numérique de travail unique pour les familles, les élèves et les équipes, qui intègre les outils existants comme Pronote.
Sécuriser : 14,8 millions d'euros investis depuis 2015
Vidéoprotection (6,9 millions d'euros 42 collèges équipés), alerte sonore anti-intrusion désormais présente dans 100% des établissements, contrôle d'accès et visiophonie (5,7 millions d'euros) : la sécurité reste un poste majeur. Elle s'accompagne d'actions de prévention, comme l'opération "Sapeurs-pompiers 71 dans mon collège", imaginée par le Conseil départemental des jeunes.
Accompagner : cantine, inclusion, projets éducatifs
Chaque jour, 73 cuisiniers préparent près de 16 000 repas. Leur coût réel est de 9,85 euros, alors que les familles paient 3,82 euros. Le Département prend en charge la différence, soit 13,5 millions d'euros par an. Côté inclusion, 127 collégiens en situation de handicap bénéficient d'une prise en charge du transport, 36 collèges accueillent une classe ULIS (plus de 400 élèves) et 17 Pôles d'accès à la scolarité ouvrent à cette rentrée.
La majorité (Union pour l'avenir de la Saône-et-Loire) fait des collèges le cœur de sa tribune du Mag' de septembre 2026 (L'actu du département de Saône-et-Loire) sous le titre "le choix de l'action et de l'avenir». Elle présente cet investissement comme un choix assumé "malgré un contexte budgétaire contraint". Elle met en avant le budget, Mon collège 71 et la restauration scolaire en circuits courts via Agrilocal, qu'elle décrit comme un choix politique au service à la fois des agriculteurs et de la santé des jeunes.
Les autres groupes n'abordent pas directement les collèges. Le Groupe Gauche 71 consacre sa tribune au dérèglement climatique. Il réclame un "véritable plan départemental" financé et appelle l'État à prendre ses responsabilités. Parmi ses propositions figurent l'adaptation des bâtiments publics et la prévention des incendies auprès des collégiens, deux points qui rejoignent le dossier. Le Groupe autonome Saône-et-Loire unie traite de la sécheresse et de la gestion de l'eau.
Le consensus apparent sur les collèges mérite donc d'être nuancé. Personne ne conteste les investissements, mais l'opposition déplace le débat vers la capacité du Département à financer, à long terme, l'adaptation de tout son patrimoine au changement climatique.
