Prix en baisse, jusqu’à -20 % dans certains quartiers, vendeurs désormais réalistes, acheteurs plus exigeants… L’immobilier lyonnais termine sa mue après trois années de transition depuis la hausse des taux en 2023. Soutenu par un été dynamique sur les petites surfaces et l’émergence de secteurs périphériques attractifs, le marché de 2026 retrouve son équilibre et dessine une nouvelle carte des opportunités immobilières.
La facture est salée pour ceux qui, contraints par les événements de la vie, doivent vendre rapidement leur appartement à Lyon. À la naissance de leur troisième enfant, Philippe et Anne-Marie, cadre de la fonction publique et professeure des écoles, en ont fait les frais. Après avoir longtemps hésité, la famille nombreuse a préféré vendre à perte son T3 de 70 m2 rue de la Charité, dans le 2e arrondissement, pour s’installer à Tassin. “On explosait. Il fallait vite trouver de la place. Mais on ne s’attendait pas à perdre 100 000 euros cinq ans après avoir acheté. On pensait plutôt les gagner à vrai dire”, déchantent-ils en soulignant aussi la lourdeur des prêts relais. La période que traverse l’immobilier lyonnais est pour le moins inédite. Les propriétaires ayant acheté un appartement à Lyon en 2021, en sortie de crise sanitaire, au moment où les prix étaient les plus élevés, figurent aujourd’hui parmi les victimes de la première baisse du marché depuis quasiment vingt ans. En 2026, vendre un logement, acheté il y a moins de cinq ans à Lyon, revient à perdre, en moyenne, -12 % de sa valeur d’achat, voire -20 % si le bien se situe en Presqu’île, dans le 6e arrondissement et dans le quartier de la Préfecture (Lyon 3e). Une tendance baissière qui, malgré un net ralentissement depuis le début de l’année 2026, se poursuit en cette rentrée de septembre. Le marché lyonnais, pris dans son ensemble, a encore perdu -0,46 % de sa valeur au second semestre (d’après les données des notaires), bien qu’à l’échelle des quartiers, les tendances demeurent contrastées, avec (encore) certains secteurs qui montent malgré la baisse générale. “La demande est toujours forte pour Lyon. Ce qui a changé c’est que les acquéreurs ont le choix, donc prennent leur temps, et n’achètent plus à n’importe quel prix”, résume Patrice Marica, de l’agence My Cocoon à Lyon 2e.
Le centre-ville : vers un marché de primoaccédants
Dans ce contexte, tous les quartiers n’évoluent pas de la même manière. Dans les quartiers du centre-ville (1er, 2e, 4e et 6e), pourtant les plus touchés par la baisse, la demande se concentre sur les surfaces les plus abordables, soit le studio, T2 et T3. “L’été a été relativement dynamique, avec beaucoup de concrétisations. Les acquéreurs sont en majorité de jeunes couples ou des personnes seules, jeunes actifs qui eux se lancent dans leur première acquisition. Par conséquent, les paniers moyens de vente sont quand même plus restreints. C’est-à-dire qu’on vend davantage d’appartements entre 300 et 400 000 euros, des studios ou des T2, et généralement dans l’hypercentre”, explique Franck Vitali qui pointe aussi “l’effet rattrapage” après un mauvais printemps touché par la guerre en Iran et son impact sur l’inflation et le moral des ménages.
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Prix au m² à Lyon en 2026 : les tendances arrondissement par arrondissement