Caméra de Surveillance à Lyon @Hugo LAUBEPIN
Caméra de Surveillance à Lyon @Hugo LAUBEPIN

Insécurité à Lyon : la Ville prête à accepter l’aide financière de la Métropole, mais sous conditions

Philippe Prieto, adjoint au maire délégué à la sûreté, a affirmé ce lundi que la Ville de Lyon accepterait les aides de la Métropole si la collectivité renonçait à remettre à la rue les personnes en situation précaire, plus exposées à entrer dans la délinquance.

Après une fin d’été marquée par des agressions et des cambriolages, aux conclusions parfois tragiques, le maire du 6e arrondissement, Samuel Soulier (Lyon Ensemble), a une nouvelle fois exprimé son souhait de voir de nouvelles caméras de vidéoprotection installées dans son quartier lors du conseil municipal ce jeudi. "La question qui est posée aujourd’hui n’est pas politique, elle n’est pas politicienne, elle est pragmatique", a-t-il déclaré, revenant dans le même temps sur le cambriolage d’une bijouterie qui s’est déroulé dans la nuit de mardi à mercredi en Presqu’île. Il ajoute : "Nous ne pouvons pas dire à ceux qui nous protègent de compter uniquement sur les images dites amateurs. Il nous faut donc logiquement nous doter de caméras."

Soulignant toutefois que ces caméras n’étaient utiles que "si, et seulement si, on a des agents qui traitent et transmettent les données", Samuel Soulier a donc demandé si la Ville de Lyon était "disposée" à accepter et à mobiliser les aides proposées par la Métropole de Lyon et la Région Auvergne-Rhône-Alpes. "Quand comptez-vous engager les échanges opérationnels afin de concrétiser ces concours financiers proposés ?", a-t-il interrogé.

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Que la Métropole de Lyon "renonce à ses renoncements"

Déjà interrogé à ce sujet, le maire de Lyon, Grégory Doucet, avait indiqué début septembre que toute aide financière était la bienvenue pour lutter contre l’insécurité, mais qu’il attendait "des mesures concrètes" de la part de la Métropole de Lyon, notamment. La réponse était donc sensiblement la même ce jeudi matin. "Je vais le dire très clairement : nous travaillons avec toutes les collectivités et avec toutes celles et ceux qui voudraient nous aider à instaurer plus de sécurité dans notre ville", a assuré Philippe Prieto, adjoint au maire délégué à la sûreté, rappelant que 665 caméras (635 fixes et 30 nomades) étaient déjà déployées à Lyon. Mais pour cela, il faudra que ces derniers adhèrent à la "vision globale" de la municipalité : prévention, sanction, réinsertion.

Plusieurs conditions ont donc été posées par l’adjoint. D’abord, celle pour les collectivités de ne pas renoncer à certaines de leurs compétences. "Ce serait un jeu de dupe", a-t-il jugé. La Ville de Lyon souhaite également choisir les équipements qu’elle voudrait voir financer. "Nous avons plein de projets qui mériteraient effectivement votre soutien et on l’acceptera volontiers", a poursuivi Philippe Prieto, se déclarant par ailleurs "inquiet" de voir, sans la nommer directement, la Métropole de Lyon expulser des personnes en situation précaire. Début septembre, la justice a en effet ordonné l'expulsion des 280 femmes et enfants mis à l'abri dans un immeuble de la place de Milan, dans le 3e arrondissement, après un recours de la Métropole de Lyon, propriétaire du bâtiment. "Les remettre à la rue, ça signifie mettre les acteurs sociaux en difficulté, ça signifie aussi un suivi médico-social qui n’est pas optimisé, donc des risques pour la population, et puis c’est aussi le risque d’une emprise de ces personnes par les réseaux de truands", a-t-il avancé. Et de résumer : "S’il y avait un soutien à vous demander pour la Métropole, c’est qu’elle renonce à ses renoncements."

"Au lieu de vouloir faire du buzz, soyons efficaces, soyons pragmatiques et vous pouvez compter sur cette majorité municipale, mais il faut aussi prendre vos responsabilités", a-t-il finalement lancé.

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