Cité du design
La Cité du design de Saint-Étienne. @C.Pierot

Saint-Étienne : le secrétaire général de la Cité du design suspendu

Le président de l’établissement public, Yannis Bekhti, a annoncé la suspension à titre conservatoire de son secrétaire général, Jean-Yves Gauchier. Des vérifications portent sur la passation de plusieurs marchés publics, avec un regard particulier sur la période 2018-2022. Une autre enquête administrative concerne le climat social de l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne.

L’annonce a été faite lundi 21 septembre, en marge du conseil municipal. Dans un communiqué, Yannis Bekhti, président de l’EPCC Cité du design-Ésad Saint-Étienne depuis juin, évoque des difficultés d’organisation, une dégradation du climat social et des interrogations concernant plusieurs marchés publics.

La suspension est présentée comme une mesure conservatoire destinée à protéger l’établissement pendant les vérifications. Elle ne préjuge pas des responsabilités qui pourraient être établies. Jean-Yves Gauchier est secrétaire général depuis 2012. Pour assurer la continuité administrative, Séverine Tardy, directrice générale adjointe de Saint-Étienne Métropole, a été désignée secrétaire générale par intérim.

L’EPCC est un établissement public de coopération culturelle. Depuis le 1er janvier 2024, ses missions sont recentrées sur l’enseignement-recherche et la diffusion culturelle du design. Il forme environ 400 étudiants.

Une période déjà scrutée

Cette période n’est pas anodine dans l’histoire récente de la Cité du design. En 2022, la découverte d’un déficit de 1,4 million d’euros avait conduit le président de l’établissement à commander un audit sur sa gestion, puis à effectuer un signalement au procureur. Thierry Mandon, qui dirigeait alors la Cité du design, a par la suite été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne. En novembre 2024, il a écopé d’un an de prison avec sursis et de 22 000 euros d’amende pour plusieurs infractions, dont escroqueries, tentative de détournement de biens publics, faux et usage de faux et abus de biens sociaux. Les faits sanctionnés portaient sur 2019-2021 et concernaient notamment 20 000 euros d’argent public, selon les éléments rapportés à l’époque par l’AFP et Le Progrès. Le 5 mai 2025, son avocat a annoncé que ce dernier renonce à faire appel. Sa condamnation est donc définitive.

Ce précédent constitue un élément de contexte, mais ne permet pas d’établir de lien avec les marchés actuellement examinés. L’enquête annoncée par la nouvelle direction doit précisément déterminer si des irrégularités ont été commises dans leur passation.

Un second volet sur le climat social

En parallèle, une enquête administrative est menée à l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne sur le climat social et sur des faits reprochés à plusieurs personnes. Le maire Régis Juanico a indiqué que les procédures pourraient, selon leurs conclusions, conduire la collectivité à effectuer un signalement au procureur au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, ou à déposer plainte.

Cet article prévoit que les autorités constituées, officiers publics et fonctionnaires qui acquièrent, dans l’exercice de leurs fonctions, la connaissance d’un crime ou d’un délit doivent en aviser sans délai le procureur. À ce stade, aucune nouvelle qualification pénale ni responsabilité individuelle ne sont établies concernant les marchés visés.

Les conclusions des investigations permettront de déterminer les suites administratives ou judiciaires à donner.

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