Oh les beaux jours © Jean-Louis Fernandez

Rentrée culturelle : TNP, une saison ultime et passionnante

Jean Bellorini, quittera la direction du TNP début 2027 pour diriger le théâtre de Carouge à Genève. C'est le duo formé par Thomas Jolly et Laëtitia Guédon qui prendra les rênes de la grande institution théâtrale.

Avec un profil très médiatique, Thomas Jolly, qui a dirigé le défilé des JO et mis en scène la comédie à succès Starmania a tenu à rappeler lors d’une brève présentation à la presse qu’il avait aussi dirigé le CDN d’Angers. Et beaucoup œuvré pour le service public avec des spectacles plus modestes, comme Arlequin poli par l’amour (présenté aux Célestins en 2022), mais tout aussi exigeants.

De son côté, Laëtitia Guédon s’est imposée comme une figure des politiques culturelles actuelles et de l’accompagnement des jeunes artistes. Elle dirige Les Plateaux sauvages, à Paris, un lieu dédié à la création émergente.

Si le TNP avait déjà été dirigé par des duos (Planchon/Chéreau puis Planchon/Lavaudant), ce sera la première fois qu’une femme en sera co-directrice. Leur projet s’intitule “Monde ouvert” (en référence à un jeu vidéo où l’on choisit l’univers dans lequel on évolue). Cependant, même s’ils prendront effectivement les manettes non pas d’un jeu électronique mais du théâtre villeurbannais en janvier 2027, il faudra attendre la saison 2027-2028 (qui débutera en septembre 2027) pour apprécier leur programmation.

Un outil sain et en parfait état de marche

En effet, la saison 2026-2027 a été concoctée par Jean Bellorini, elle n’en sera pas pour autant “testamentaire”. Et malgré les conditions contraignantes, elle respectera un équilibre financier afin de laisser à ses deux successeurs un outil sain et en parfait état de marche, des partenariats maintenus (avec l’Opéra de Lyon, les Célestins), des spectacles créés et portés par le TNP qui bénéficient de belles tournées. Une légère baisse des levers de rideaux a été inévitable, malgré un public fidèle auquel Jean Bellorini a rendu un hommage ému.

Mémoire de fille © Marie Clauzade


On retrouvera des metteurs en scène de dimension internationale fidèles à l’institution tels Jean-François Sivadier, Alain Françon, Macha Makeïeff ou Tiphaine Raffier. Des grands textes comme Mémoire de fille (du 10 au 20 septembre) d’Annie Ernaux, dans une mise en scène de Sarah Kohm, Oh les beaux jours (du 17 au 25 novembre) de Samuel Beckett, mis en scène par Alain Françon.


Deux spectacles à voir absolument :

- Seul dans Berlin (du 29 septembre au 17 octobre)

La dernière création de Jean Bellorini sur le grand plateau du TNP, du moins en tant que patron des lieux. L’adaptation scénique du roman éponyme de Hans Fallada, figure majeure de la littérature réaliste allemande. Le portrait touchant d’un vieux couple qui tente de résister au nazisme.

Amadoca © Christophe Raynaud de Lage

- Amadoca (du 4 au 6 novembre)

Reprise d’une formidable création made in TNP de la saison dernière. D’après le roman de l’Ukrainienne Sofia Andrukhovych, mis en scène par Jules Audry. La bouleversante histoire d’une femme qui retrouve son mari traumatisé par la guerre.

www.tnp-villeurbanne.com

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