Un élève a fait la démonstration du téléphone rangé dans la pochette à l’entrée du lycée Pierre Termier (8e arr.) au président de région, Fabrice Pannekoucke, et au conseiller spécial, Laurent Wauquiez (Clemence Margall)

Interdiction des téléphones dans les lycées : "Nous n’avons pas attendu que les choses nous soient dictées", se félicite Fabrice Pannekoucke

Alors que l'usage du téléphone portable est désormais interdit dans les lycées, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, et le conseiller spécial, Laurent Wauquiez, se sont rendus dans un lycée du 8e arrondissement de Lyon, où l'expérimentation était déjà mise en œuvre.

Cette rentrée scolaire aura amené son lot de nouveautés, à commencer par l’interdiction des téléphones portables dans les lycées. En Auvergne-Rhône-Alpes, cette mesure ne date pas d’hier. En janvier dernier, la Région, dirigée par Fabrice Pannekoucke, avait en effet annoncé le lancement d’une expérimentation visant à interdire l’usage du téléphone portable dans des lycées volontaires dès le deuxième trimestre 2026, jugeant que le cadre fixé par l’État n’était pas assez clair. C’est donc dans l’un de ces établissements, plus précisément le lycée privé catholique Pierre Termier, dans le 8e arrondissement de Lyon, que se sont rendus ce mercredi le président de Région et son conseiller spécial, Laurent Wauquiez, pour louer les bienfaits de cette interdiction, désormais généralisée à l’ensemble de l’Hexagone.

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"Nos relations avec les élèves s’améliorent"

"Dans les lycées, le téléphone portable, c’est non", a lancé, catégorique, Laurent Wauquiez. "On le voit, le téléphone portable apporte des problèmes de concentration très lourds, avec un élève sur trois qui dit être distrait en classe, mais aussi des problèmes de cyber-harcèlement que l’on doit prendre en compte. La moyenne de temps d’écran aujourd’hui en France est de 5 heures par jour, c’est colossal. On a de réels comportements addictifs", a poursuivi le conseiller spécial.

Avant d’être totalement interdit pour cette rentrée, l’usage du téléphone avait déjà été restreint dans le groupe scolaire Pierre-Termier. Mais depuis ce mardi, les quelque 450 lycéens doivent désormais ranger leur téléphone portable dans une petite sacoche avant de franchir les grilles de l’établissement. Une fois fermée grâce à un aimant, la pochette coupe le réseau du téléphone et ne peut être rouverte qu’avec le boîtier installé devant le portail. "Cela fonctionne un peu sur le même principe que les antivols que l’on retrouve sur les vêtements", résume la directrice du groupe scolaire, Blandine Vignon.

Pochette et badge utilisés pour interdire les téléphones au lycée Pierre Termier, dans le 8e arrondissement de Lyon.

Et l’usage restreint du téléphone dans l’établissement semble déjà avoir fait ses preuves depuis l’année dernière. "On a revu des élèves qui se parlaient", sourit une responsable de vie éducative. Elle poursuit : "D’un point de vue pédagogique, nous sommes moins dans un rapport de surveillance constante et nos relations avec les élèves s’améliorent." Pour renforcer ce lien, l’établissement a également mis en place des temps de jeux collectifs lors des pauses. "Cela nous permet d’avoir un vrai temps relationnel, d’être vraiment ensemble", complète la responsable. Du côté des élèves, le constat est similaire. "Depuis que le téléphone est interdit, on remarque que l’on est beaucoup plus concentré en cours", confie une jeune fille.

Parmi les autres établissements volontaires, le lycée agricole André Paillot de Saint-Genis-Laval a quant à lui mis en place des boites dans les salles d’études pour ranger les téléphones des élèves le matin. "Ça marche très bien. Et maintenant que la boîte est aussi en place pour l’internat et les laboratoires, on voit les effets positifs", a assuré ce mercredi matin Arnaud Dumaître, directeur de l’établissement.

Laurent Wauquiez, conseiller spécial à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et Fabrice Pannekoucke, président de Région, aux côtés du directeur du lycée André Paillot de Saint-Genis-Laval (Clemence Margall)

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1,5 million d’euros engagé par la Région

"Il est bon de le rappeler, mais nous n’avons pas attendu que les choses nous soient dictées et imposées. Maintenant, la loi est là, les députés ont fait leur boulot. C’est aux chefs d’établissement de s’adapter", a par ailleurs déclaré Fabrice Pannekoucke. Afin que ces derniers aient la liberté de choisir leur propre solution, des rencontres ont été organisées au début de l’été avec la collectivité. "Nous sommes totalement agnostiques de la solution. Tout ce qui compte, c’est que l’on voit les résultats", a poursuivi le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

À ce titre, la collectivité mobilise 1,5 million d’euros afin de financer les différents modes d’interdiction. "On croit beaucoup au fait qu’il ne s’agit pas simplement d’une interdiction, mais d’un vrai moyen pédagogique. Nous sommes vraiment là pour accompagner la communauté éducative", a encore assuré Fabrice Pannekoucke. Quant à savoir si l’interdiction des téléphones portables est désormais effective dans l’ensemble des lycées de la région, "il est encore trop tôt pour le savoir, mais nous sommes optimistes pour l’atteindre d’ici la fin de l’année scolaire", a conclu Laurent Wauquiez.

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