Gérard Collomb Lyon tours
Gérard Collomb en visite des chantiers de la Part-Dieu en 2019 © MAXPPP

La Métropole de Lyon relance le rêve vertical de Collomb

Editorial. À la Métropole de Lyon, le possible nouveau retour en grâce des tours à la Part-Dieu relance le vieux clivage entre écologistes hostiles et droite/centre enthousiastes, sur fond de menace de vacance façon La Défense.

Les tours, c’est un peu comme l’alternance politique, tout est affaire de hauteur de vue. Les écologistes les vouent aux gémonies, la droite et le centre les portent aux nues (sans qu’on sache très bien ce qui, au fond, justifie autant de passion).

Le nouvel homme “qui coule le béton”, c’est ainsi qu’il résume sa mission à la vice-présidence de la Métropole de Lyon en charge de l’aménagement urbain, l’a assuré dans nos colonnes : il ambitionne d’élever des tours à la Part-Dieu.

Une chimère pour les Verts, qui voient rouge. En juin 2021, ils avaient précisément rompu avec l’imaginaire de Gérard Collomb qui béait “une skyline avec des gratte-ciel qui se découpent dans le ciel”.

Fin de la parenthèse. Retour à la verticale. De haro sur les monolithes urbains, on passe aux hourras.

À défaut de bâtir des cathédrales, on dresse des gratte-ciel. Les tours, ces mystérieuses beautés contemporaines.

Symboles de puissance et de verticalité, les beffrois modernes colonisent depuis la fin de l’avant-dernier siècle l’imaginaire des politiques comme le futur désirable de la ville.

La grande hauteur fascine autant qu’elle divise. Ivresse des sommets. Le géographe Manuel Appert le racontait en 2015, la vague de tours qui a traversé l’Europe depuis les années 2000 n’a jamais vraiment répondu à une demande. Elle a surtout servi à faire circuler des capitaux entre métropoles qui se regardent en chiens de faïence.

La modernité sera celle qui rendra les tours vertueuses et plus utiles. Face aux impératifs de sobriété foncière et de transition écologique, la tour peut-elle encore constituer une réponse pertinente aux enjeux de la ville contemporaine, entre réhabilitation d’un patrimoine vieillissant, décarbonation, “mixité” (quel mot laid) des usages et meilleure intégration dans l’espace public ? Là se dresse le défi.

Le télétravail et l’IA vident les tours et menacent la Part-Dieu du syndrome de la Défense, premier quartier d’affaires européen miné par des taux de vacance sans précédent.

La verticalité est moins à condamner qu’à repenser. La tour n’est ni une solution miracle ni un objet à rejeter. Il faut moins la penser comme un symbole de puissance, un logo ou une marque, que comme un outil au service d’une ville plus durable et sobre.

Une tour ne doit plus abriter que des bureaux mais intégrer des logements, des commerces, des espaces culturels et des services. On doit pouvoir y vivre, y consommer, s’y divertir. Avec une meilleure connexion à la ville.
Éloge de l’hybridation.

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