Depuis quatre mois, de nouveaux bateaux électriques ont rejoint l’offre de l’embarcadère du parc avec un design qui rapproche de l’eau. ©MV

On a testé le Parc de la Tête d’Or, à la redécouverte du poumon vert lyonnais

Petit train, rosalie électrique, bateau sur le lac, zoo et promenade dans les roseraies : nous avons passé une journée à tester quelques-unes des activités du Parc de la Tête d’Or. 

Deux portes dorées qui s’étendent jusqu’à nous faire lever la tête, des espaces verdoyants à perte de vue et, quelques mètres plus loin, les premières trouées qui laissent apparaître le lac. Bienvenue au Parc de la Tête d’Or. La légende raconte qu’une tête du Christ en or massif serait enterrée quelque part dans les 105 hectares du parc, véritable poumon vert de la capitale des Gaules.

Qu’est-elle devenue ? Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle n’a jamais été retrouvée. À supposer, évidemment, que cette histoire soit vraie.

À défaut de partir à la recherche du fameux trésor, nous sommes venus avec un autre objectif : redécouvrir ce parc que beaucoup de Lyonnais pensent connaître par cœur. Car derrière les joggeurs, les pique-niques en famille ou entre amis et les traditionnelles promenades du dimanche se cache un lieu où l’on peut facilement passer une journée entière.

Premier arrêt : un tour de petit train  

Pour commencer, inutile de marcher. Dès l’entrée principale à deux pas de la porte des Enfants du Rhône, nous grimpons dans le "Lézard du parc", le petit train vert et blanc qui sillonne les allées du parc. Une activité qui pourrait paraître très touristique au premier abord. Pourtant, elle se révèle rapidement être une bonne porte d’entrée pour comprendre le vaste lieu. Départ prévu toutes les trente minutes, les mercredis, samedis, dimanches, jours fériés et vacances scolaires, en fin de matinée de 11h à 12h30 et tout l’après-midi, de 13h45 jusqu’à 18h.

Au parc de la Tête d'Or, la rosalie électrique a du succès. ©MV

Au volant, Guy ne se contente pas de conduire. Il raconte. Avec ses intonations appuyées, ses changements de rythme et ses anecdotes, le chauffeur incarne véritablement sa visite. Car le parc de la Tête d’Or est aussi un immense morceau de l’histoire de Lyon. Son origine remonte à 1857. Le Jardin botanique lyonnais, créé dès 1763 et alors installé à la Croix-Rousse, déménage dans le nouveau parc. Un an plus tard, en 1858, ouvre le parc zoologique. À ses débuts, il ressemble davantage à une ferme pédagogique, avec vaches, cochons, poules et quelques sangliers.

Un trajet d’une vingtaine de minutes qui nous en apprend beaucoup. L'histoire est partout. En 1894, l'Exposition universelle, internationale et coloniale de Lyon marque un tournant pour l’espace vert : des bâtiments sont construits, des jardins et des fontaines aménagés. Le vélodrome, au nord du parc, date également de cette époque. Quelques années plus tard, en 1903, apparaissent les grandes serres dans leur forme actuelle. Elles culminent à 21 mètres, parmi les plus hautes d'Europe au moment de leur inauguration. 

La rosalie électrique, activité à la fois ludique et athlétique

Après avoir laissé le train derrière nous, changement radical de rythme. Nous passons à la rosalie électrique à deux places. Après avoir été surpris par les premières secondes, l'engin étant plus vif que ce que son allure pourrait laisser penser, la prise en main est finalement assez fluide et la vitesse agréable. 

Une seule personne contrôle la direction et le frein : autant dire que, pour le passager, la confiance est de mise. On avance suffisamment vite pour parcourir une bonne partie du parc sans pour autant perdre le plaisir d'observer ce qui nous entoure et notamment les grandes allées entourées d’arbres, qui sont plus de 8 000 dans tout le parc. 

Évidemment, impossible de foncer n'importe où. La circulation des rosalies est réglementée et limitée à certains chemins. Une fois le mécanisme intégré, l'activité devient surtout ludique et on se surprend même à vouloir prolonger le parcours.

Sur le lac, changement d'ambiance

Après l'effort, le réconfort. Direction l'eau. L'embarcadère fait partie du paysage du parc depuis plus d'un siècle, inauguré en 1913.

Nous testons l'un des bateaux électriques arrivés quatre mois auparavant. Pas de révolution mécanique par rapport aux autres embarcations : c'est surtout leur design qui change. Leur particularité est d'être beaucoup plus proches de la surface de l'eau. Assez pour pouvoir laisser ses pieds toucher l'eau pendant la balade.

La conduite est extrêmement simple. Quelques instants suffisent pour comprendre comment diriger l'embarcation et avancer tranquillement sur le lac, loin de l’agitation des grandes allées. Sur une journée ensoleillée, c'est probablement l'une des activités les plus agréables du parc. 

Le lac n'est d'ailleurs pas qu'un décor. Avec les arbres offrant de larges zones d'ombre, il participe au rôle de "climatiseur urbain" du parc. L'évaporation de l'eau du lac contribue à faire baisser la température à proximité jusqu’à 30 mètres autour de lui. De retour sur la terre ferme, l'embarcadère offre une transition toute trouvée avant de poursuivre la visite : une pause sucrée. Glace pour les uns, gaufre pour les autres.

Des milliers de roses au cœur du parc

La suite de notre parcours se fait à pied, direction les roseraies. Le parc en possède plusieurs, avec notamment la grande roseraie qui impressionne par ses dimensions. Créée à l'initiative du maire de Lyon Louis Pradel, elle est inaugurée en 1964 par Grace Kelly, alors princesse de Monaco. Au total ce ne sont pas moins de six hectares qui sont consacrés à quelque 40 000 rosiers. 

Pour s’en occuper, trente-cinq jardiniers de la ville de Lyon entretiennent au quotidien l’écosystème immense que constitue le parc de la Tête d’Or. Ils participent également à la protection de la biodiversité et sont formés au suivi de la flore, des oiseaux, des papillons ou encore des insectes.

L'entretien, lui aussi, a progressivement évolué et adapté à la réalité climatique contemporaine, avec, entre autres, une limitation de la consommation d'eau et l’interdiction formelle dès 2007 d’utiliser des pesticides.

En 1865, sans considération pour le bien-être animal, l'ours brun Martin était enfermé dans cette cage. ©MV

Un zoo, des serres et 56 espèces protégées

Impossible enfin de réduire la Tête d'Or à ses activités de loisirs. Ses 105 hectares accueillent une biodiversité parfois insoupçonnée. Cinquante-six espèces protégées y ont été recensées, dont près de 70 % sont considérées comme menacées. À cela s'ajoute le parc zoologique, où vivent environ 390 animaux.

Le zoo a lui aussi énormément changé depuis son ouverture en 1858. A l’époque, dès 1865, les Lyonnais pouvaient Martin, un ours brun, enfermé dans une cage exiguë qui aurait pu rendre fou n’importe quel être vivant. 

C’est depuis 2006 que la plaine africaine accueille notamment girafes et zèbres dans de grands espaces communs. Depuis 2021, les forêts d'Asie sont consacrées à plusieurs espèces menacées du Sud-Est asiatique, signe que le parc évolue toujours, intégrant des enjeux de préservation de la faune et la flore. 

Avec environ sept millions de visiteurs par an, la Tête d'Or n'est évidemment pas un secret lyonnais. Mais une chose est sûre, c’est que lui, n’a pas révélé tous les siens. 

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