L’entreprise IMeBIO déploie un laboratoire mobile contre Ebola en RDC (Crédit : DR)

Isère : IMeBIO déploie un laboratoire mobile contre Ebola en RDC

Installé à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo, le laboratoire BSL-3 de l'entreprise iséroise ramène notamment ses délais d’analyse à une heure. 

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière de son histoire, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte et appelle au soutien international. Un appel qu’a entendu et auquel répond l'entreprise iséroise IMeBIO.

Forte de solutions modulaires de biosécurité et de confinement, la société a déployé un laboratoire mobile BSL-3 à Kasenyi, au nord-est de la RDC et proche de la frontière ougandaise. Et accessoirement, à deux pas de l’épicentre de l’épidémie, déclarée en mai 2026, avec plus de 90% des cas recensés.

Près de 5 000 contaminations et plus de 2 300 morts en trois mois. L’épidémie d’Ebola qui frappe la RDC depuis le printemps a pris une ampleur inédite. Face à une propagation qui prend de l’ampleur, l’OMS appelle à renforcer les capacités de dépistage et de traitement au plus près des populations.

Un diagnostic ramené à une heure 

Installé depuis le 23 juillet, le laboratoire permet surtout de raccourcir considérablement les délais de diagnostic. Avant son arrivée, les prélèvements réalisés dans le secteur de Kasenyi devaient parcourir environ 55 kilomètres jusqu’à Bunia. L’état des routes pouvait porter le seul temps de transport à près de trois heures et le délai nécessaire à la confirmation d'un cas suspect à cinq heures. Désormais, les analyses sont réalisées sur place et les résultats peuvent être obtenus en une heure environ. Dès ses premiers jours d’activité, plus de 20 échantillons avaient déjà été analysés, indique IMeBIO. 

Des professionnels de santé ougandais et congolais coordonnent le laboratoire sur place. (Crédit : DR)

Le dispositif est un laboratoire mobile de niveau de biosécurité 3, ou BSL-3. Ce niveau de confinement permet notamment d’assurer l’inactivation et la manipulation sécurisée d’échantillons susceptibles de contenir le virus avant certaines opérations de diagnostic. Les unités développées par IMeBIO intègrent dans une infrastructure transportable les équipements et systèmes de confinement nécessaires à leur utilisation sur le terrain. 

Le laboratoire de Kasenyi est coordonné par une équipe congolaise, en collaboration avec des professionnels ougandais. Au-delà du diagnostic, son implantation à proximité de la frontière doit ainsi participer à la surveillance de la circulation du virus entre les deux pays. 

Une épidémie devenue la plus meurtrière de l’histoire du pays 

L'intervention de l'entreprise iséroise s’inscrit dans un contexte sanitaire particulièrement dégradé. L’épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. Elle a conduit l’OMS à déclencher le 17 mai une urgence de santé publique de portée internationale. Contrairement à d’autres souches d’Ebola, aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n’est actuellement disponible contre Bundibugyo, précise l’institution sanitaire.

La situation s’est rapidement aggravée. Au 4 août, l’OMS recensait encore 3 973 cas confirmés et 1 801 décès dans 51 zones de santé de cinq provinces. Moins de deux semaines plus tard, le bilan atteignait 4 945 cas confirmés et 2 325 morts, selon les dernières données des autorités sanitaires congolaises rapportées le 17 août. L’épidémie est ainsi devenue la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, dépassant celle qui avait frappé l’est du pays entre 2018 et 2020. 

La maladie a également franchi la frontière. L’Ouganda a enregistré 20 cas confirmés et deux décès avant de déclarer la fin de la transmission locale le 28 juillet.

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