Allianz Trade a enregistré 2 418 défaillances d’entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes pour le 2e trimestre 2026. Dans la Loire, elles sont 210 à souffrir de fragilités économiques, en hausse de +11%.
En Auvergne-Rhône-Alpes, 2 418 défaillances d’entreprises ont été enregistrées au deuxième trimestre de 2026, a signalé l'acteur mondial d'assurance-crédit Allianz Trade dans un rapport, faisant de la région la deuxième plus touchée du pays. Une situation en hausse de +17% sur le T1 2026.
Sur l’ensemble du territoire français, d’avril à juin, elles sont 18 004 à souffrir de difficultés financières, une augmentation de +5% au regard de la même période en 2025. Ce record témoigne inévitablement de fragilités systémiques au sein du tissu économique français.
L'importation de matières premières apparaît comme un obstacle pour de nombreuses entreprises qui souffrent, en grande partie, des conflits géopolitiques du Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Début juillet, le ministre de l’économie, Roland Lescure, a d’ailleurs revu à la baisse sa prévision de croissance pour la France sur l’année 2026, de 0,9% à 0,7%. Dans un communiqué, Bercy justifie sa décision en raison d’un deuxième trimestre qui “devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'activité”. Et d’ajouter qu’une “approche prudente pour les troisième et quatrième trimestres” sera privilégiée.
La Loire en légère proie aux défaillances d’entreprises
Le département ligérien essuie une hausse de 11% de dysfonctionnements économiques d’entreprises, avec 210 signalements, au second trimestre 2026. En 2025, sur l’année complète, 729 cas ont été recensés dans le département. Pour rappel, les défaillances d’entreprises, qui lancent des procédures soit de redressements soit de liquidations judiciaires, ne sont pas toujours synonymes de fermetures et de pertes d’emplois. Elles permettent de tirer la sonnette d’alarme pour les entreprises qui, parfois, réussissent à sortir la tête de l’eau.
Pourtant en Auvergne-Rhône-Alpes, c’est le Rhône qui concentre, à lui tout seul, près d’un tiers des défaillances de la région, avec 728 cas, essuyant une hausse de +29% entre avril et juin 2026. Tandis que l’Ain et le Cantal s’en sortent victorieux avec un recul respectivement de -4% et de -14% des dysfonctionnements.
Pour la seconde moitié de l’année, Allianz Trade prévoit une estimation centrale de plus de 70 000 défaillances sur l’année en France. “La perspective reste celle d’un chiffre durablement élevé au regard de la faiblesse conjoncturelle, avec une inflation élevée freinant la reprise de la consommation, des problèmes persistants dans la construction, et des taux d'intérêt élevés, mais aussi du fait de la forte création d’entreprises depuis le covid”, explique Maxime Lemerle, responsable de la recherche défaillance chez Allianz Trade.
Une dégradation globale de tous les secteurs d’activité
En y regardant de plus près, tous les secteurs d’activité sont concernés par cette progression de défaillances dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le tertiaire, qui représente à lui seul plus d’un tiers des difficultés économiques essuyées, est en tête de course avec une hausse de 13% sur le territoire. Dans l’hébergement-restauration, Allianz Trade constate +12% tandis que le secteur du commerce s’en sort avec +10%. Tous souffrent de rythmes systématiquement supérieurs aux moyennes nationales.
Bien que tous les secteurs virent au rouge, c’est celui de la construction qui remporte le ticket gagnant. Alors qu’au niveau national, on signale un léger recul des défaillances d’entreprises de -2%, elles progressent de +8% dans la région.
Une situation générale qui contrebalance avec l'attractivité de la région Auvergne-Rhône-Alpes où les entreprises et les investissements affluent.
