L'entreprise française Soitec, spécialisée dans la conception de semi-conducteurs, a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 23% lors du premier trimestre 2026-2027, sur un an, à périmètre constant.
Soitec a enregistré un chiffre d'affaires de 113 millions d'euros pour le premier trimestre de l’exercice 2026-2027 (période close le 28 juin 2026). Ce résultat est en hausse de 23% sur un an à périmètre constant. Explications.
"Surfer sur la vague" : c'est le terme qui correspond le mieux à l'entreprise iséroise Soitec. Créée en 1992 par deux ingénieurs, André-Jacques Auberton-Hervé et Jean-Michel Lamure, Soitec développe alors une technologie révolutionnaire: "SmartCutTM". Grâce à elle, Soitec a industrialisé la production du silicium sur isolant (SOI) en 1997. C'est un matériau qui permet de fabriquer des composants électroniques plus performants et plus économes en énergie.
À partir de cette date, l'entreprise ne cesse de grandir. La réussite de ses composants pour semi-conducteurs provoque son entrée à la Bourse de Paris en 1999. La valorisation de Soitec s'élève désormais à quatre milliards d'euros. Le groupe installe des filiales à Tokyo, à Taïwan ou à Singapour dès les années 2000, dans une région hautement stratégique pour la production de semi-conducteurs.
Une réussite iséroise et des montagnes russes
Néanmoins, le groupe ne connaît pas seulement la gloire. En 2015, le groupe est au bord du dépôt de bilan. Avec une valorisation de "seulement" 200 millions d'euros en bourse la même année (contre près de quatre milliards désormais), les temps sont durs. D'abord dispersée dans l’énergie solaire ou l’éclairage, la stratégie devient enfin plus clair : se recentrer sur le domaine de l'électronique.
Une crise de gouvernance éclate en janvier 2022. Le conseil d'administration nomme un nouveau directeur général, Pierre Barnabé, pour succéder à Paul Boudre. Or, la décision s'effectue sans la consultation de Paul Boudre lui-même et sans l'avis des cadres de Soitec. Résultat: l'entreprise perd 2 milliards d'euros en valorisation sur la période et le cours de son action chute de près de 20%.
Et quand la crise ne vient pas d'en haut, elle vient d'en bas. En 2019, la CGT conteste le départ d'une vingtaine de dirigeants, anciennement actionnaires, avec 98 millions d'euros de plus-value dans les poches. Pour comprendre, il faut revenir en 2015, où l'entreprise traverse une période de remous. L'action coûte alors 30 centimes, dans le cadre d'un plan de relance. Or, quatre ans plus tard et une relance réussie, le cours de l'action s'est envolé pour atteindre 90 euros.
Mais ce n'est pas tout. La CGT accuse ces mêmes dirigeants d'exil fiscal. Soitec détient une firme à Singapour : un petit territoire, pas plus grand que Berlin, qui a pour caractéristique d'être un paradis fiscal où le taux d'imposition est moins élevé qu'en France, voire nul. Or, pour une entreprise détenue à 25% par l'État et qui voit ses dirigeants partir avec 98 millions de plus-value en poche, la pilule passe mal.
Entre la 5G et l'IA : Soitec jubile
Mais ces dirigeants sont probablement partis trop tôt. Avec l'arrivée progressive de la 5G en France à la fin des années 2010, Soitec saisit sa chance. L'entreprise équipe les smartphones et les objets connectés avec sa technologie "Substrats Connect POI". Elle développe l'intelligence artificielle avec des technologies motivées par une efficacité énergétique et une connectivité optimisée.
Selon la branche "commerce et développement" de l'ONU (CNUCED), le marché de l'intelligence artificielle pourrait peser près de 4 800 milliards de dollars d’ici 2033.
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