Des chercheurs lyonnais ont participé à la découverte des plus anciens fossiles de salamandres au monde, vieux de 78 millions d'années.
Une équipe internationale de paléontologues vient de réécrire l'histoire évolutive des salamandres. Dans une étude publiée mardi 8 juin dans Scientific Reports, une équipe de chercheurs internationaux du laboratoire Palevoprim (Université de Poitiers - CNRS), du Laboratoire de Géologie de Lyon : Terre, Planètes, Environnement (CNRS - ENS de Lyon - Université Claude Bernard Lyon 1), du Museo Regionale di Scienze Naturali (Turin, Italie) et du Département des Sciences de la Terre de Turin ont annoncé la description des plus anciens fossiles de Salamandridae jamais mis au jour, collectés dans le sud de la France et datés de 78 à 67 millions d'années.

l’image en vue antérieure, dorsale, latérale, postérieure et ventrale.
Un registre fossile repoussé de plus de dix millions d'années
Jusqu'ici, les premières traces connues de cette famille, qui regroupe les tritons et les "vraies salamandres", remontaient à l'époque post-dinosaures, soit environ 66 millions d'années. La nouvelle découverte chamboule cette chronologie. Plus de 170 fossiles inédits, principalement des vertèbres, ont été exhumés dans quatre localités du sud de la France : Champ-Garimond dans le Gard, ainsi que La Neuve, Véranes et Les Pennes-Mirabeau dans les Bouches-du-Rhône.
Ce résultat vient combler en partie l'écart qui existait entre le registre fossile et les estimations issues des analyses génétiques, lesquelles suggéraient une origine entre 100 et 75 millions d'années.
Parmi les trouvailles, une en particulier a surpris les chercheurs. Le genre Koalliella, jusqu'alors considéré comme exclusivement paléocène (entre 66 et 56 millions d'années), a été identifié avec certitude dans deux des sites étudiés. Son existence est ainsi repoussée de près de 22 millions d'années supplémentaires.
"Ces nouveaux fossiles ne constituent qu'une partie de l'histoire, explique la Dr Loredana Macaluso, co-première auteure de l'étude. En les associant aux résultats de nos récentes études, nous commençons enfin à reconstituer les liens entre les premiers salamandridés et à comprendre comment ce groupe fascinant a évolué au fil du temps."

France, se rafraîchissant dans une flaque d’eau formée dans une empreinte de dinosaure. Reconstitution réalisée par Olivier Jansen, co-premier auteur de l’étude (Crédit : O. Jansen 2026).
Une origine en Europe de l'Ouest, puis trois grandes migrations
Les nouvelles analyses phylogénétiques, calibrées grâce à ces fossiles, situent l'origine des Salamandridae au début du Crétacé supérieur, il y a au moins 83 millions d'années, probablement en France ou en Espagne. La famille aurait ensuite essaimé vers le reste du monde en trois vagues de dispersion, toutes antérieures à la fin de l'Oligocène (environ 23 millions d'années) : une vers l'Amérique du Nord via le détroit de Béring, et deux vers l'Asie du Sud-Est via le détroit de Turgaï, en Sibérie occidentale. Ces migrations auraient été facilitées par la baisse du niveau des mers consécutive au refroidissement global de la fin de l'Éocène, il y a environ 34 millions d'années.
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