Emmanuel Macron a inauguré le 22 avril dernier la future mine de lithium d'Échassières, dans l’Allier.
Accompagné de plusieurs ministres, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu dans l’Allier le 22 avril dernier. Plus précisément sur le site minier d’Échassières (Allier), situé à environ 150 kilomètres de Lyon, qui doit devenir l’un des plus importants gisements de lithium d’Europe.
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Un projet à plus d’un milliard d’euros
Baptisé "Emili", l’objectif du projet est de produire 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an à partir de 2030, soit de quoi alimenter les batteries de près de 700 000 voitures électriques chaque année. "C’est exactement le sens de l’histoire industrielle que nous devons faire", a déclaré le chef de l’État lors de cette visite organisée au cœur de la carrière de Beauvoir.
L’investissement global dépasse le milliard d’euros. L’État français a déjà annoncé un soutien de 50 millions d’euros afin de financer les études de faisabilité définitive du chantier. Le projet d’Échassières figure ainsi parmi les 150 "grands projets stratégiques" de la réindustrialisation française.

Le chantier remis en cause par les opposants
Mais le projet suscite une vive opposition locale. Ce samedi 23 mai, une manifestation a réuni plusieurs opposants à Montluçon (Allier), où doit être construite l’usine de conversion du lithium. Cette mobilisation intervient alors qu’une nouvelle enquête publique est en cours, jusqu'au mardi 26 mai, concernant la demande d’octroi des concessions minières.
La consommation d’eau, la gestion des déchets miniers ou encore les risques de pollution sont remis en cause par les manifestants. Auprès de nos confrères de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Imerys a estimé que les besoins en eau seraient d'environ 600 000 mètres cubes par an.
Réduire la dépendance aux autres producteurs
Le lithium est aujourd’hui devenu indispensable à la fabrication des batteries rechargeables utilisées dans les voitures électriques ou encore dans les téléphones portables.
Aujourd’hui, la production mondiale reste dominée par l’Australie, le Chili et surtout la Chine, leader du raffinage et de la transformation du lithium. Pour la France et l’Europe, l’enjeu est donc de réduire cette dépendance aux autres géants. D’autant plus que cette semaine, une étude relayée par le média scientifique Futura a révélé la découverte d’importants dépôts de lithium dans les Appalaches, aux États-Unis. Le pays de l’Oncle Sam pourrait donc se placer en tête dans les prochaines années.
Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce projet pourrait également représenter un levier industriel majeur. Dès 2023, Imerys évoquait la création potentielle de près de 1 000 emplois directs et indirects autour de la future mine et de ses infrastructures.
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