Clara Monti, fondatrice et dirigeante de l’application de rencontre lyonnaise Mado, est l’invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Lancée fin 2025 à Lyon, l’application Mado veut proposer une alternative aux plateformes de rencontre classiques en misant sur des relations durables et un usage plus raisonné de l'interface. Inspirée par ses grands-parents, la fondatrice explique avoir voulu créer un espace différent : "C'était un peu un hommage à un couple qui m'a beaucoup inspirée, notamment les belles histoires d'amour qui durent toute la vie." Face à des utilisateurs souvent lassés des usages traditionnels, elle affirme que "67 % des célibataires se disent frustrés et lassés des applications."
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Un modèle de "slow dating" assumé
Pour se distinguer, Mado mise sur un algorithme basé sur un questionnaire de 105 questions et sur une sélection volontairement limitée de profils : "On veut sortir du swipe infini et proposer un à trois profils par jour, mais qualifiés en amont." L’application s’appuie également sur l’expertise de professionnels de la santé mentale pour affiner son approche : "J'avais besoin de leur expertise pour parler de la partie émotionnelle, de la personnalité, au-delà des valeurs et des projets de vie." En complément, la plateforme propose des contenus d’accompagnement et des événements pour favoriser les rencontres dans la vie réelle.
Plus de détails dans la vidéo :
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La retranscription complète de l'émission avec Clara Monti :
Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, on va parler d'amour puisque nous recevons Clara Monti, fondatrice et dirigeante de l'application de rencontre lyonnaise Mado, une application qui croit au grand amour.
Bonjour Clara Monti, merci d'être venue sur notre plateau. On va rentrer dans le vif du sujet.
D'abord, en détail, qu'est-ce que Mado et pourquoi ça s'appelle Mado ?
Alors Mado, ça vient de Marie et Dominique, qui sont mes grands-parents. C'était un peu un hommage à un couple qui m'a beaucoup inspirée, notamment les belles histoires d'amour qui durent toute la vie. L'application est venue de cette idée justement : s'adresser à des personnes qui ont envie de construire une relation saine et durable, et créer un environnement propice à cela.
Vous vous êtes lancée à la fin de l'année 2025 et, déjà, en moins d'un an, vous cumulez plus de 5 000 utilisateurs lyonnais ou dans la région lyonnaise. Qu'est-ce qui vous distingue, outre le fait que vous soyez lyonnaise, des autres applications de rencontre ? Il y en a quand même beaucoup sur les smartphones aujourd'hui, l'usage est assez répandu. Qu'est-ce qui fait la patte Mado ?
En fait, c'est vrai qu'on a étudié un petit peu le marché. Aujourd'hui, il y a 67 % des célibataires qui se disent frustrés et lassés des applications. Partant de ce constat, je me suis dit qu'il était important de créer une application qui réunit des personnes ayant envie de sérieux.
Sur Mado, c'est assez simple : on fait son inscription, donc un onboarding assez classique. Ensuite, on effectue une vérification d'identité obligatoire, qui nous permet de garantir la véracité des profils et la sécurité, ce qui est un vrai enjeu sur les applications de rencontre aujourd'hui.
On a ensuite un questionnaire de compatibilité. Nous avons développé notre propre algorithme avec 105 questions qui balayent tous les aspects d'une relation et qui nous permettent ensuite de proposer un nombre limité de profils par jour. C'est aussi là où on se distingue : on veut sortir du swipe infini et proposer un à trois profils par jour, mais qualifiés en amont.
D'accord, donc on est vraiment loin de l'histoire d'une soirée ou d'une semaine. Là, c'est du durable.
Pour ce questionnaire, vous vous êtes adjoint les services de psychologues, de sexologues même. Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ? Comment a-t-il été conçu, ce questionnaire qui est, au fond, le fondement de l'algorithme ?
Oui, complètement. Effectivement, j'ai une sexologue et une psychologue qui m'ont aidée à construire ce questionnaire. J'avais besoin de leur expertise pour parler justement de la partie émotionnelle, de la personnalité, au-delà des valeurs et des projets de vie qui sont aussi au cœur du questionnaire.
Ces thérapeutes continuent ensuite de nous accompagner sur l'application puisque notre dernier élément de différenciation, c'est aussi une partie accompagnement, avec des articles et des audios produits par ces thérapeutes partenaires.
Voilà, donc c'est un service qui est proposé aux utilisateurs dans l'application.
J'avais aussi une question un peu chauvine, peut-être. On est à Lyon Capitale : est-ce que le fait d'être une application lyonnaise change quelque chose ? Est-ce que les Lyonnais sont réceptifs à cette application de rencontre ou à cette manière de se rencontrer ?
Je pense que oui. C'est vrai que la volonté de commencer à Lyon était assez évidente, étant une pure Lyonnaise. Je voulais d'abord m'adresser à ces célibataires lyonnais puisque ce sont aussi eux qui m'ont inspirée : ma famille, mes amis, les gens autour de moi.
Aujourd'hui, avec le nombre d'utilisateurs qu'on a en six mois, on se rend compte qu'effectivement, les célibataires à Lyon croient toujours en l'amour et sont contents, je pense, d'avoir une alternative à ce qui existe déjà. On espère pouvoir déployer et décliner le modèle ailleurs en France par la suite.
Et alors, à quoi ressemblent vos utilisateurs ? On a l'intuition que ce sont plutôt des jeunes, mais est-ce vraiment le cas aujourd'hui ?
On a vraiment de tout. C'est vrai qu'on a un cœur de cible entre 30 et 45 ans, mais on a été assez surpris d'avoir aussi des personnes très jeunes. Comme quoi, même à 18 ou 19 ans, il y en a qui cherchent déjà la bonne personne.
On a également beaucoup de personnes qui ont envie de refaire leur vie et qui, à plus de 50 ans, ont aussi cette envie de reconstruire quelque chose avec quelqu'un.
Juste sur un aspect plus terre à terre, sur le business model, sur le plan économique : comment vous rémunérez-vous ? Comment l'application permet-elle de payer les équipes et toute la structure derrière ?
Nous avons fait le choix de fonctionner sous forme d'abonnement. Il y a une version gratuite avec un profil visible par jour et déjà pas mal de contenus audio et d'articles pour découvrir un petit peu l'application.
Ensuite, nous avons deux abonnements. Un abonnement « Rencontre », qui propose trois profils par jour ainsi que l'intégralité des contenus, et un abonnement que nous appelons « Accompagnement ». Celui-ci s'adresse plutôt aux personnes qui ne se sentent pas encore prêtes à rencontrer quelqu'un mais qui veulent commencer à travailler sur elles-mêmes, ou qui ont déjà rencontré quelqu'un mais souhaitent continuer ce travail de développement personnel.
Donc vous les prenez par la main. Mado, c'est une application, mais c'est aussi des événements. Il y en a un qui se profile prochainement. Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ?
Oui, on avait aussi cette volonté d'élargir un petit peu le panel de ce qu'on propose, notamment avec une partie événementielle. Beaucoup de personnes ont envie de recréer du lien dans la vie réelle.
Nous organisons un événement cette fois-ci pour les plus de 40 ans, chez Contrast, dans le 2e arrondissement de Lyon, le 28 mai.
Donc c'est une soirée où les gens pourront se rencontrer ? Il y aura des animations ?
Oui, il y aura des animations pour mettre les gens à l'aise. Le but est vraiment d'y aller sans pression.
Les soirées chez Mado, c'est un peu comme quand un ami vous dit : « J'ai quelqu'un à te présenter. » L'idée, c'est d'y aller de manière décontractée et nous, on s'occupe de faire en sorte de briser la glace dès le début.
Très bien. Une dernière question avant la fin de l'émission : votre application a moins d'un an. Comment vous voyez-vous dans trois, quatre ou cinq ans ? Quel pourrait être le développement de Mado ?
Notre volonté, c'est vraiment de devenir une référence nationale dans les prochaines années en tant qu'application de ce qu'on appelle le « slow dating », et une référence dans la rencontre sérieuse et durable.
Le slow dating, c'est ça ?
Oui, le fait de reprendre le temps. C'est quelque chose qu'on a oublié de faire aujourd'hui, dans la vie de tous les jours. On surconsomme beaucoup.
Là, le but, c'est de ralentir, de reprendre le temps de se connaître, de se découvrir et de créer quelque chose qui dure.
Très bien, ce sera le mot de la fin.
C'est la fin de « 6 minutes chrono ». Merci beaucoup, Clara Monti, d'être venue sur notre plateau.
Quant à vous, vous l'avez compris, l'application lyonnaise de rencontre Mado est disponible sur toutes les plateformes et tous les smartphones.
Plus de détails sur l'économie locale sur le site de Lyon Capitale.
Je vous dis à très bientôt.
