Eagle Football Group, propriétaire de l’OL a publié ses résultats semestriels 2025-2026. Si l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) se rapproche de l’équilibre grâce à un plan d’économies drastique, la situation financière reste critique avec 186,5 millions d’euros de pertes.
Eagle Football Group a dévoilé ce mardi matin des comptes semestriels qui traduisent un paradoxe pour l'Olympique Lyonnais : des progrès opérationnels réels, mais une situation financière toujours très fragile. Le principal motif d’espoir évoqué dans le communiqué de 7 pages concerne l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE), qui passe de –46,1 millions d’euros un an plus tôt à –2,2 millions au 31 décembre 2025. Le groupe souligne que cette évolution "reflète le succès de la politique de réduction des charges mise en œuvre par la nouvelle direction."
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Sur le semestre, les produits d’activité atteignent 121,3 millions d’euros, en légère hausse de 3 %. La billetterie progresse nettement (+25 %), tandis que les ventes de joueurs bondissent à 45,3 millions d’euros. En revanche, les droits TV reculent après la rupture du contrat DAZN/LFP, et les grands événements ont été moins nombreux.
À la manœuvre d'un vaste plan de réduction des coûts depuis son arrivée à la tête de l'Olympique Lyonnais à l'été 2025, Michèle Kang pourra voir des motifs de satisfaction dans ces derniers résultats financiers. La baisse des coûts est spectaculaire : les charges externes reculent de 11,1 millions d’euros et la masse salariale de 38,8 millions. Résultat, les ratios de dépenses chutent fortement, signe pour la direction du "succès de la politique menée".
Vers un changement de propriétaire à l'été
Mais l’amélioration opérationnelle ne suffit pas à masquer l’ampleur des pertes. Le résultat net atteint –186,5 millions d’euros, "fortement impacté par des dépréciations de créances sur des parties liées (126 M€)". Ces provisions concernent notamment les créances envers Eagle Bidco et Botafogo. Sans ces écritures comptables, le résultat opérationnel aurait été de –37,5 millions d’euros, soit une amélioration notable.
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Des chiffres qui font dire à Eagle Football Group que la continuité d'exploitation dans les mois prochains repose clairement sur l'arrivée d'un nouvel actionnaire d'ici l'été. En avril dernier, EFG avait en effet indiqué que l'Olympique Lyonnais était bien mis en vente. Le fonds d’investissement Ares, principal prêteur d’Eagle Football Group, et Michèle Kang, actuelle présidente du club, s'étaient d'ailleurs positionnés pour le rachat du club.
Bataille judiciaire en vue avec John Textor ?
Toujours dans ce communiqué, le groupe propriétaire de l'OL attaque nommément John Textor, ancien président du club. Eagle affirme avoir découvert des garanties signées entre 2023 et 2025 pour couvrir des obligations de Botafogo et Molenbeek. "Ces garanties n’étaient pas connues et n’avaient pas été reportées dans les comptes", indique le groupe, qui affirme qu’il "prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts".
Si sportivement, l'OL est toujours en lice pour une qualification directe pour la prochaine et très rémunératrice Ligue des champions, Eagle Football Group avance sur une ligne de crête. Son modèle opérationnel est certes en voie d'assainissement après la parenthèse John Textor, mais sa survie financière reste suspendue à une restructuration et à l'arrivée rapide d'un nouvel actionnaire.
