Pierre Oliver, maire Les Républicains du 2e et vice-président de la Métropole, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Pierre Oliver, nouveau vice-président de la Métropole de Lyon et toujours maire LR du 2e arrondissement, esquisse le changement de méthode qu'il imagine pour le second mandat de Grégory Doucet à la Ville de Lyon dans un contexte de non-alignement politique avec le conseil métropolitain : "il y a plusieurs choses dans cette cohabitation. La première, c’est que le maire de Lyon ne pourra plus agir comme il l’a fait pendant les six dernières années en imposant de manière brutale un certain nombre de choses sur le territoire, y compris aux mairies d’arrondissement d’opposition. La deuxième, et Véronique Sarselli l’a très bien dit, c’est que nous aurons la volonté de travailler avec l’ensemble des maires, parce que le Grand Lyon ne peut pas fonctionner sans être en accord avec les maires et leurs territoires. Donc cela va être un mode de gouvernance totalement différent de ce que nous avons connu pendant sept ans".
Il évoque aussi les premières décision de Véronique Sarselli qui vont à l'encontre de l'avis de Grégory Doucet sur la rue Grenette ou la Rive droite du Rhône : "Le maire du 2e arrondissement, en l’occurrence, est favorable à cette réouverture. Elle écoute donc le maire légitimement élu sur ce territoire. Encore une fois, il faut mettre de côté ce que les écologistes ont fait de manière dogmatique pendant tout le mandat. On a beaucoup entendu parler de la rive droite et des communiqués qui ont suivi l’annonce par Véronique Sarselli de l’arrêt du projet. Je rappelle que les écologistes avaient lancé ce projet en urgence avant les élections, en démarrant des travaux pour bloquer toute remise en cause et imposer leur volonté. Ce n’était pas la bonne façon de fonctionner".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Pierre Oliver
Bonjour à tous et bienvenue, vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction Lyon Capitale, et aujourd’hui nous accueillons Pierre Oliver. Vous êtes maire Les Républicains du 2e arrondissement, réélu. Vous avez aussi été élu à la métropole, vous êtes vice-président, ce qui fait un mandat un peu schizophrénique à venir pour vous : vous êtes d’un côté dans l’opposition, de l’autre dans la majorité, ce qui résume finalement assez bien cette cohabitation inédite entre la ville de Lyon et la métropole de Lyon. On a entendu pas mal de choses sur cette cohabitation : Véronique Sarselli dire qu’elle ferait avec tous les maires, quelles que soient leurs sensibilités politiques ; Jean-Michel Aulas dire que Grégory Doucet était sous tutelle. Comment vous la définiriez, cette cohabitation qui s’ouvre ?
Je pense qu’il y a plusieurs choses dans cette cohabitation. La première, c’est que le maire de Lyon ne pourra plus agir comme il l’a fait pendant les six dernières années en imposant de manière brutale un certain nombre de choses sur le territoire, y compris aux mairies d’arrondissement d’opposition. La deuxième, et Véronique Sarselli l’a très bien dit, c’est que nous aurons la volonté de travailler avec l’ensemble des maires, parce que le Grand Lyon ne peut pas fonctionner sans être en accord avec les maires et leurs territoires. Donc cela va être un mode de gouvernance totalement différent de ce que nous avons connu pendant sept ans, parce que nous avons tous en tête des exemples de projets imposés brutalement par la métropole, que ce soit à Écully sur le centre de mineurs non accompagnés, sur la grande rue d’Oullins ou sur le cimetière à Charly. Là, ce sera différent : cela se fera avec les maires, avec la population et pas contre eux. C’est cela qui va réellement changer sur ce mandat.
Quand Jean-Michel Aulas parle de tutelle, déjà la loi empêche qu’il y ait une collectivité locale sous tutelle d’une autre, mais dans l’absolu, quelle est l’attitude de la ville de Lyon sans la métropole ?
La ville de Lyon a ses propres compétences. Une commune a des compétences générales, mais pour autant, sur des sujets comme la voirie, la propreté ou les mobilités, il faudra évidemment travailler ensemble. Cette fois, ce ne seront pas des visions imposées par des militants écologistes sur le territoire. Ce seront de vraies discussions avec ce que souhaitent les habitants et les maires légitimement élus. Je pense qu’on peut d’ailleurs inclure les maires d’arrondissement dans ces discussions pour faire des projets attendus par nos concitoyens et qui ne soient pas déconnectés de la réalité. Donc ce sera une autre approche. Véronique Sarselli a donné le ton, et maintenant à nous de mettre en œuvre cette politique publique pour que tous les territoires se sentent inclus dans cette métropole. On a eu, lors du dernier mandat, cet appel des 46 maires contre la métropole. C’était inédit. Cela montre aussi pourquoi les écologistes ont perdu la métropole : ils ont trop gouverné contre les maires et contre les territoires. Cette fois-ci, nous ferons l’inverse.
Les écologistes parlent d’un double discours. Ils disent que Véronique Sarselli promet de travailler avec les maires, mais que sa première décision a été la réouverture de la rue Grenette, contre l’avis du maire de Lyon.
Le maire du 2e arrondissement, en l’occurrence, est favorable à cette réouverture. Elle écoute donc le maire légitimement élu sur ce territoire. Encore une fois, il faut mettre de côté ce que les écologistes ont fait de manière dogmatique pendant tout le mandat. On a beaucoup entendu parler de la rive droite et des communiqués qui ont suivi l’annonce par Véronique Sarselli de l’arrêt du projet. Je rappelle que les écologistes avaient lancé ce projet en urgence avant les élections, en démarrant des travaux pour bloquer toute remise en cause et imposer leur volonté. Ce n’était pas la bonne façon de fonctionner.
Les travaux portaient sur des réseaux, notamment électriques. N’était-ce pas utile de les faire ?
Oui, mais dans l’objectif derrière de revoir totalement l’aménagement du quai. Vous savez comme moi que, pour les grands projets, il y a d’abord des travaux souterrains. Cela pourra se faire plus tard, mais tel que cela avait été engagé, de manière précipitée à la veille des élections, ce n’était pas la bonne méthode. Il fallait attendre le débat démocratique.
Un sujet concret : la place Bellecour. Vous êtes défavorable à l’œuvre “boîte de cagettes”. La métropole a la main sur la place. Quel projet va s’appliquer ?
Nous allons ouvrir les discussions avec la ville de Lyon. Il y a un contrat avec l’artiste, mais l’œuvre peut être déplacée si l’artiste est d’accord. C’est ce pour quoi je vais militer. Il est essentiel que cette œuvre disparaisse de la place Bellecour. Ce week-end, avec les vents violents, des câbles sont tombés au sol, ce qui était dangereux. Cette œuvre n’a rien à faire sur une place aussi emblématique. Elle se dégrade rapidement : elle n’a même pas neuf mois et doit déjà être réparée. Il est urgent de lui trouver un autre emplacement.
Si Grégory Doucet s’y oppose, la métropole peut-elle passer outre ?
Nous verrons. Il faut travailler intelligemment et trouver des solutions. Lors du premier mandat, nous avons eu beaucoup de mal à avoir des discussions constructives. J’ai connu une autre situation avec Gérard Collomb et Laurent Wauquiez, de bords politiques différents, et pourtant ils ont su trouver des accords sur certains sujets. C’est dans cet esprit que nous devons travailler à l’avenir.

Le khmer a été réélu avec le soutient hypocrite de l'extrème gauche et un conseil municipal à 50% en opposition.Qui plus est, le budget municipal est 4 fois inferieur à ceux de la métropole et de la région, toutes 2 à droite. Qui perd gagne !