A l'issue du second tour des élections municipales, trois villes de l'est Lyonnais ont basculé aux mains des Insoumis. Selon le politologue Daniel Navrot, ce succès de la France Insoumise résulterait de critères sociologiques : "le nombre de quartiers populaires" et le "public urbain et jeune".
Sur huit villes françaises, la France Insoumise s'est emparée de trois villes de l'est Lyonnais lors du second tour des élections municipales. Vénissieux, auparavant communiste sous Michèle Picard, Vaulx-en-Velin, ancienne commune du parti socialiste sous Hélène Geoffroy, et Saint-Fons, ancienne commune du maire divers gauche Christian Duchêne. L'occasion pour LFI de s'implanter localement et d'expérimenter son programme en vue des prochaines élections présidentielles.
"Les bastions de la vieille gauche" comme qualifiés par la députée Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, sont ainsi dirigés par trois maires Insoumis : Hadi Mebarki à Saint-Fons, Idir Boumertit à Vénissieux et Abdelkader Lahmar à Vaulx-en-Velin. Trois maires issus de l'immigration algérienne, ayant grandi dans leurs communes respectives. Mais qui sont-ils vraiment ? Et comment ont-ils réussi à faire basculer le score des trois communes ? Lyon Capitale fait le point.
Lire aussi : A Vaulx-en-Velin conquise par LFI : Lahmar, "c'est un mec comme nous"
Qui sont les trois nouveaux maires Insoumis de l'est Lyonnais ?
- Nouveau maire de Saint-Fons, Hadi Mebarki est enseignant depuis 27 ans. Membre du PS jusqu'en 2020, il avait intégré la majorité du maire sortant et devenant son 4e adjoint délégué aux mobilités, au dynamisme économique et au renouveau commercial, avant de rejoindre les Insoumis et d'être élu en 2026.
- Elu maire de Vénissieux, Idir Boumertit a grandit dans le quartier des Minguettes. Il est d'abord professeur de taekwondo et conseiller en insertion professionnel, puis siège au conseil municipal à partir de 2001. Il devient ensuite adjoint de la maire sortante (PCF) en 2014. Il devient ensuite député de la 14e circonscription du Rhône, avant d'être élu maire de Vénissieux.
- Désormais à la tête de Vaulx-en-Velin, Abdelkader Lahmar a grandi dans le quartier du Mas du Taureau. Enseignant en éco-gestion dans un lycée professionnel, il décide de se présenter pour la première fois aux élections municipales en 1995 sur une liste citoyenne. Quelques années plus tard, il devient le député Insoumis de la 7e circonscription du Rhône lors des élections législatives de 2024, avant d'être élu maire en 2026.
Lire aussi : À quelques centaines de voix, LFI conquiert trois villes de gauche de la banlieue lyonnaise
Des villes pauvres et jeunes
Mais comment les Insoumis ont-ils réussi à faire basculer le score des trois communes et à faire de la Métropole de Lyon leur 2e bastion après la Seine Saint-Denis ? Selon le politologue Daniel Navrot, le succès de la France Insoumise résulterait de critères sociologiques "le nombre de quartiers populaires" et le "public urbain et jeune", précise-t-il. En effet, une étude de l'IFOP démontre que"l’essentiel de ses bons résultats se sont concentrés dans des banlieues populaires très favorables au mouvement au regard de leurs caractéristiques sociologiques et culturelles". Six des dix meilleures performances électorales du mouvement, ont d'ailleurs eu lieu dans des banlieues pauvres.
Si l'on se penche de plus près sur l'étude de l'IFOP, trois critères ressortent chez les vingt villes où LFI a récolté le plus de votes au second tour : "la part plus élevée de logements sociaux, d'immigrés et de jeunes dans ces villes qu'à l'échelle nationale", souligne Daniel Navrot. Avec en moyenne entre 12% et 15 % d'habitants entre 18 et 24 ans, entre 45 % et 49 % de personnes vivant en HLM et entre 27 % et 32 % de population immigrés, les trois villes cochent ainsi toutes les cases pour être favorable au vote Insoumis.
A l'échelle de la Métropole de Lyon, la France Insoumise obtient trois sièges, c'est deux de moins que le Rassemblement National.
| Libellé commune | Score LFI au premier tour (en %) | Pop. 18-24 ans en 2018 (princ.)% des 18 ans et plus | Pers. rés. princ. HLM louées vides en 2018 (princ.)% | Population immigrée en 2018 (princ.)% |
| Saint-Fons | 37,6 | 12 % | 45 % | 32 % |
| Vaulx-en-Velin | 41,5 | 15 % | 46 % | 29 % |
| Vénissieux | 26,0 | 13 % | 49 % | 27 % |
Tableau réalisé à partir des données de l'IFOP
Lire aussi : Municipales 2026 : à Lyon, neuf candidats Insoumis intègrent la liste de Grégory Doucet

LFI c'est le comunautarEst !
Vous etes journaliste ! Lfi a cause de la pauvreté...quel débit de conneries..toute la le...feyzin sera la prochaine !