Olivier Berzane
Olivier Berzane

"La honte n’est pas de notre côté", contre-attaque l'écologiste Olivier Berzane

Olivier Berzane, candidat écologiste aux élections municipales dans le 8e dont il est le maire d'arrondissement sortant, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

C'est le thème de la campagne d'entre-deux tours que Jean-Michel Aulas et ses colistiers ont imposé et martelé : "l'alliance de la honte". Un argument que réfute le maire écologiste du 8e qui a décidé de le renvoyer façon boomerant : "Cela n’a rien d’une alliance de la honte. L’alliance de la honte a eu lieu quand M. Aulas est allé se faire adouber par M. Wauquiez, représentant de la droite la plus extrême".

Olivier Berzane évoque aussi les ressorts de le remontée de Grégory Doucet et des écologistes à Lyon : "on a fait une campagne hyper dynamique, hyper joyeuse, hyper enchantée. On est allés partout, dans chaque quartier, dans chaque rue, sur chaque porte d'appartement, dans des réunions d'appartements avec les gens. On l'a vu d'ailleurs sur le dernier meeting du 7 mars, sur les berges du Rhône. On est allés dans l'espace public, on ne s'est pas enfermés entre nous. On est allés rencontrer la population. Et c'est ça qui fait cette campagne joyeuse et qui a fait cette dynamique de remontée progressive. Et puis la dynamique qui a été la nôtre, c'est aussi au fur et à mesure que le projet, les projets de nos concurrents se sont dévoilés et que les gens ont découvert des projets qui étaient d'un autre siècle".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Olivier Berzane

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous poursuivons avec des émissions spéciales élections municipales et nous sommes avec Olivier Berzane. Vous êtes maire sortant écologiste du 8e arrondissement, tête de liste dans ce même 8e arrondissement d’une liste d’union de la gauche. L’union de la gauche qui s’est élargie aux Insoumis depuis ce lundi à 17 heures. C’est une alliance qualifiée par vos adversaires d’“alliance de la honte”. Les socialistes avaient évoqué leur souhait de ne pas faire alliance avec les Insoumis. Place publique avait dit que, s’il y avait alliance, ils se retireraient, et certains se sont retirés. Pour vous, cette alliance était-elle indispensable et ne risque-t-elle pas de vous coûter autant qu’elle vous rapporte ?

C’est une alliance. Au premier tour, les partis de gauche partent ensemble ou non. Puis, au second tour, il est assez naturel qu’une partie de la gauche retrouve une autre partie de la gauche. Généralement, quand la gauche ne fait pas alliance, on le lui reproche, et quand elle fait alliance, on le lui reproche aussi. Il est donc assez naturel qu’une alliance à gauche se fasse. Cela n’a rien d’une alliance de la honte. L’alliance de la honte a eu lieu le 4 septembre 2025, quand M. Aulas est allé se faire adouber par M. Wauquiez, représentant de la droite la plus extrême dans notre région. Cela, c’est effectivement l’alliance de la honte.

La question tourne autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, le leader des Insoumis, qui a tenu des propos problématiques sur l’antisémitisme lors d’un meeting à Lyon. Est-ce que cela ne pose pas, pour vous, un problème de valeurs ?

Vous noterez qu’à Lyon, il n’y a pas eu de discussion entre Jean-Luc Mélenchon et Grégory Doucet. Il y a eu une discussion entre le maire sortant, Grégory Doucet, candidat à sa réélection, et la tête de liste à Lyon, Anaïs Belouassa-Cherifi. Elle est députée d’une circonscription à Lyon, que je sache. Cela ne surprend personne que des discussions de cette nature puissent avoir lieu dans la ville de Lyon. Ce qui est étonnant, c’est qu’à Lyon, cela ait été une discussion entre les deux candidats aux municipales.

Donc, Jean-Luc Mélenchon, au niveau national, ne s’en serait pas mêlé. Mais quand on parle avec les représentants de vos listes sur la métropole, ils disent qu’à Paris c’est Jean-Luc Mélenchon qui a bloqué les alliances. Il y a donc des endroits où l’on discutait sans Jean-Luc Mélenchon, d’autres où l’on discutait avec lui. Ce n’est pas un peu flou ?

Si vous voulez discuter des alliances sur la métropole, je pense qu’il vaudrait mieux inviter Bruno Bernard qu’Olivier Berzane, surtout si l’on sort du 8e arrondissement. Je pense qu’il y a d’autres sujets qui se sont traités sur la métropole. D’ailleurs, Bruno Bernard en a donné les explications hier soir à vos confrères de BFM sur leur plateau. Il suffit de réécouter ce qu’il a dit sur les difficultés qu’il y a eues, à la fois sur certaines communes de la métropole dans la discussion avec La France insoumise, et au niveau des circonscriptions métropolitaines. Mais cela, c’est le sujet métropolitain. Moi, ce qui m’importe pour la métropole, c’est le projet que portent Bruno Bernard et ses équipes, puisque j’appelle à la cohérence du vote dimanche entre l’arrondissement, la ville et la métropole. Sans cela, nous aurons bien du mal à réaliser un grand nombre de nos projets.

On y reviendra, mais une dernière question sur l’alliance. Fusion dite technique, ce qui veut dire que les Insoumis ne participeront pas à l’exécutif, qu’il n’y aura pas d’adjoint insoumis, pas d’accord politique, donc pas d’idées communes, et surtout pas de minorité de blocage. N’est-ce pas tout de même particulier de sceller une alliance avec des gens tout en se félicitant qu’en réalité ils auront une place marginale ? Cela ressemble à une alliance mal assumée, en disant en somme : “Nous avons fait une alliance, mais rassurez-vous, ils n’auront aucun rôle.” On a l’impression que cette alliance est aussi un peu honteuse de votre côté.

Non, elle n’a rien de honteuse. Je vous l’ai dit, la honte n’est pas de notre côté, elle est de l’autre. Nous pourrons revenir sur d’autres critères de honte de l’autre côté, d’ailleurs. Notre alliance n’a rien de honteux. Elle permet aujourd’hui de reconnaître aussi le vote de plus de 21 000 Lyonnais sur la ville de Lyon et de les associer à ce qui va se passer dans les six à sept années à venir. Cela n’a donc rien de honteux. Effectivement, c’est une fusion technique, qui fait qu’il n’y a pas de participation à l’exécutif et que notre projet, celui du premier tour, reste le projet du deuxième tour. Mais nous allons l’assumer pleinement pendant le mandat à venir.

Revenons sur le résultat du premier tour. Vous, les écologistes, avez été donnés battus, largement battus, pendant de très nombreux mois, et tous les instituts de sondage étaient d’accord. Cela correspondait aussi à une petite musique que l’on pouvait entendre sur le terrain. Comment expliquez-vous cette remontée, ce retour dans la dernière ligne droite, cette inversion des courbes et des dynamiques ?

D’abord, il ne faut pas se laisser influencer, six mois avant, par des sondages qui nous donnent largement battus, voire M. Aulas élu dès le premier tour. Ensuite, nous avons mené une campagne. Une campagne très dynamique, très joyeuse, très enthousiasmante. Nous sommes allés partout, dans chaque quartier, dans chaque rue, à chaque porte d’appartement, dans des réunions d’appartement avec les gens. Nous l’avons vu d’ailleurs lors du dernier meeting du 7 mars sur les berges du Rhône. Nous sommes allés dans l’espace public, nous ne sommes pas restés enfermés entre nous. Nous sommes allés rencontrer la population. C’est cela qui a fait cette campagne joyeuse et cette dynamique de remontée progressive.

Et puis, cette dynamique a aussi été la nôtre au fur et à mesure que les projets de nos concurrents se sont dévoilés et que les gens ont découvert des projets d’un autre siècle, marqués par le retour en arrière sur de nombreux sujets, et qui auraient mis un coup d’arrêt à la dynamique que nous avions lancée sur la ville pendant ce premier mandat.

Vous, la dynamique sur le programme, ce n’est pas tout à fait le même mandat. Vous parlez davantage de sécurité, davantage de logement, davantage de social. Le deuxième mandat sera-t-il totalement différent du premier ?

Ce n’est pas le même mandat. Effectivement, c’est un deuxième mandat. Le premier mandat, vous vous en souvenez, c’était le mandat pour le climat. Il fallait transformer profondément la ville, la végétaliser, organiser le partage de l’espace public. Cela a été largement engagé. Cela ne veut pas dire que cela va s’arrêter. Il y a encore beaucoup de choses à poursuivre dans ce domaine. Nous allons continuer les rues des enfants. Nous allons continuer à développer des parcs dans la ville avec ces grands parcs. Nous en avons toujours besoin.

Mais nous arrivons aussi à un second mandat où il faut davantage prendre soin des gens, prendre soin de la population. C’est le sens de l’ouverture de maisons de santé. C’est le sens du maintien de l’encadrement des loyers, du développement de la garantie municipale sur le logement, de la poursuite de la construction de logements. Voilà, c’est un deuxième mandat, effectivement un peu différent du premier du point de vue du programme. Mais c’est logique : on ne peut pas éternellement continuer la même chose. Il faut aussi entendre les besoins de la population.

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