À quelques jours du 1er tour des élections municipales à Lyon, la candidate insoumise réaffirme ses priorités politiques, faisant de la lutte contre la pauvreté sa "colonne vertébrale".
"À l'heure où l'on ne parle que d'incarnation, je veux parler du programme jusqu'au bout", martèle la candidate insoumise aux élections municipales à Lyon, Anaïs Belouassa-Cherifi. Pas sonnée par les répercussions de la mort de Quentin Deranque et la tempête médiatique qui s'en est suivie alors que la majorité des suspects ont appartenus au groupe antifasciste de la Jeune garde auquel LFI a apporté son soutien, la députée assure avoir observé "un regain de sympathie sur le terrain de gens qui nous disaient de tenir bon".
La candidate dit n'avoir rien changé à sa campagne, appelant néanmoins ses sympathisants à la prudence lors des opérations de tractage, dans un contexte où les responsables politiques de la France insoumise ont pu être visés. Elle-même avait dénoncé les nombreuses menaces de mort et de viols reçues. Elle a déposé plainte.
Une aide à l'installation pour les étudiants et jeunes travailleurs
À trois jours du premier tour, Anaïs Belouassa-Cherifi s'est présentée accompagnée de son futur 1er adjoint, l'ancien magistrat Albert Lévy. Pas question de parler de postes ou d'éventuelles négociations avec Grégory Doucet dans l'entre-deux-tours, alors qu'un récent sondage la donne sous la barre qualificative des 10 %. L'insoumise a réaffirmé ses priorités, au travers d'une liste des 16 délégations qu'elle mettrait en place si elle devenait la première magistrate de la ville.
Le 1er adjoint sera ainsi dédié à la lutte contre la pauvreté, aux finances et à l'intégrité de la fonction publique, tandis que le 2e adjoint sera en charge de l'éducation, de la petite enfance et des droits des enfants. Enfin, le 3e adjoint sera responsable du droit au logement et de la lutte contre le sans-abrisme. "L'idée est de montrer quelles sont nos orientations politiques, nos priorités", a déclaré Anaïs Belouassa-Cherifi. "La lutte contre la pauvreté sera la colonne vertébrale de ce mandat", complète Albert Lévy. Le taux de pauvreté à Lyon atteint 16 %, plus que la moyenne nationale indiquent les candidats.
"Fusion technique" avec Grégory Doucet et le Parti socialiste
Cette priorité est ainsi "transversale" et recoupe notamment la "sûreté", dixième délégation dans l'ordre protocolaire. "Notre conception des choses est de parvenir à la sûreté en donnant les moyen de ne pas quitter l'école, d'être logé, de bien manger, se se soigner", indique l'ancien magistrat pour qui "ceux qui se complaisent à parler de sécurité", passent à côté des véritables enjeux. "La pauvreté contribue à activer la transgression. En la traitant, on ne se posera plus la question de savoir s'il faut des caméras qui ne servent à rien ou davantage de policiers car il y aura moins de transgression".
La liste insoumise mise ainsi sur plusieurs mesures comme l'extension de la démarche "Territoire zéro chômeur de longue durée" à toute la ville, la gratuité de la restauration scolaire en ajoutant un petit-déjeuner à l'offre, ou encore la réquisition des logements vacants pour créer de l'hébergement d'urgence. La candidate propose également de mettre en place une aide à l'installation pour les étudiants et jeunes travailleurs souhaitant vivre à Lyon. L'enveloppe pourrait atteindre jusqu'à 1 000 €, notamment pour permettre de payer une caution ou de premiers loyers. Une mesure dont le coût est estimé à 2,5 millions d'euros.
Quant aux préoccupations politiques de l'entre-deux-tours et aux négociations avec un Grégory Doucet qui se serait fortement inspiré d'au moins trois mesures du programme des insoumis lesquelles sont la création de centres de santé municipaux, les cantines municipales dans les arrondissements et le référendum d'initiative citoyenne, Anaïs Belouassa-Cherifi ouvre la porte à une "fusion technique". Stratégie défendue par le coordinateur du mouvement insoumis Manuel Bompard pour empêcher la victoire de la droite et du RN malgré les désaccords et les relations tendues avec les socialistes.
"Jean-Michel Aulas fait partie de la droite même s'il se dit société civile il n'est accompagné que de politiques de droite. On rentre donc dans ce cas de figure", considère la candidate.

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