Au cours d'un débat organisé mardi soir à Lyon entre les quatre principaux candidats aux élections municipales, Grégory Doucet a annoncé être prêt à s'allier sous certaines conditions à LFI au second tour. De son côté, Anaïs Belouassa Cherifi a annoncé tout faire pour que Jean-Michel Aulas "ne devienne pas le maire de Lyon".
C'était un moment attendu dans cette campagne des municipales à Lyon. Mardi 24 février a eu lieu le premier débat entre les quatre candidats principaux à la mairie en mars prochain. Pendant quasiment une heure trente, Grégory Doucet (Les Ecologistes), Jean-Michel Aulas (Coeur lyonnais), Anaïs Belouassa Cherifi (LFI) et le candidat ciottiste Alexandre Dupalais se sont faits face pour la première fois dans un débat télévisé largement phagocyté par le tabassage à mort par des membres de l'ultragauche du militant d'ultradroite Quentin Deranque.
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Et le maire sortant, distancé par l'ancien patron de l'Olympique Lyonnais dans les derniers sondages d'opinion, a annoncé qu'il était prêt à s'allier avec LFI au second tour. Interrogé sur la possibilité de faire alliance avec la candidate insoumise, Grégory Doucet a répondu pour la première fois clairement "oui", "mais à certaines conditions", notamment que personne dans son équipe ne soit "impliqué dans des violences".
"Que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon"
Quant à une fusion des listes si la députée parvient à atteindre la barre des 10% pour se maintenir, Grégory Doucet ne l'a pas exclu : "Le soir du premier tour, les Lyonnais et les Lyonnaises nous auront envoyé un message" et "notre responsabilité" sera de les entendre.
Depuis le décès de Quentin Deranque, battu à mort à Lyon le 12 février, et la mise en examen de suspects liés à un député LFI, l'extrême droite, la droite, le centre-droit et même une frange de la gauche socialiste réclament une rupture totale avec LFI. Jusque-là, le maire sortant, qui aura besoin de toutes les voix de gauche s'il veut remporter un second mandat, avait refusé de se prononcer.
De son côté, Anaïs Belouassa Cherifi a aussi laissé la porte ouverte à cette alliance, affirmant que sa "priorité", "c'est que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce ne soit pas le cas."
Aulas perdu et attaqué
À moins de trois semaines du premier tour, l'ancien président de l'OL, qui garde une grande popularité à Lyon du fait de ses 36 ans à la tête de son club de foot, est donné largement vainqueur au second, dans tous les sondages. Le chef d'entreprise de 76 ans, novice en politique, était d'ailleurs celui qui avait le plus à perdre dans ce débat.
S'il s'est surtout évertué à se présenter comme "le candidat de la société civile", bien mal à l'aise pour se justifier quand ses adversaires lui faisaient part de nombreux soutiens de la droite et du centre à sa candidature, Jean-Michel Aulas a longtemps semblé perdu dans cet exercice. Bafouillant certains chiffres, incapable d'attaquer frontalement son principal adversaire sans s'emmêler les pinceaux, le favori des sondages s'est trop souvent appuyé sur ses fiches pour être vraiment naturel dans l'échange.
À plusieurs reprises ses adversaires l'ont malmené, l'accusant d'être "à côté de la plaque" (Grégory Doucet), ou une "coquille vide" (Anaïs Belouassa Cherifi). "À part de grandes dépenses non financées, personne n'a compris votre ligne politique", a encore asséné Alexandre Dupalais alors que le candidat UDR-RN qui avait dans la première partie du débat fait office d'avocat du candidat Cœur Lyonnais face aux attaques du maire sortant et de la candidate insoumise, n'hésitant pas à répondre pour l'ancien boss de l'OL à des questions mettant en cause son bilan en matière de lutte contre les supporters extrémistes et violents.
Un "soutien" surprenant du candidat d'extrême droite à celui qui se revendique de la société civile mais qui est surtout soutenu par la droite de Laurent Wauquiez que n'a pas manqué de relever la députée insoumise. "Vous volez à son secours" a ironisé Anais Belouassa Cherifi.
A moins d'un mois du premier tour du scrutin, reste désormais à savoir si ces passes d’armes télévisées, clairement pas à l'avantage de Jean-Michel Aulas, auront un véritable impact sur les intentions de vote des Lyonnaises et des Lyonnais, alors que les programmes des différents candidats n'ont été évoqués que sporadiquement au cours du débat.

En direct sur BFM TV 24.02.21h, Grégory Doucet et Anaïs Belouassa-Cherifi n’excluent pas une alliance. LFI classée extrême-gauche et JGL son nervi, dissous, mis en examen pour lynchage ! Les électeurs.trices auront été été avertis!