Le maire sortant de Lyon, Grégory Doucet, tenait ce samedi son premier meeting dans une campagne qu'il veut renverser.
Les écologistes et leurs partenaires de gauche ont fini la soirée en affichant un grand sourire après le premier meeting de Grégory Doucet. Sur l’estrade, le maire sortant de Lyon s’est montré combatif et énergique galvanisant ses troupes à l’aube d’un combat qu’il annonce “historique” contre un adversaire, Jean-Michel Aulas, dont il ne prononcera jamais le nom. La soirée avait pourtant mal commencé. Ironiquement, au regard des sondages à deux mois du scrutin, la Sucrière accueillait ce samedi en fin d’après-midi une exposition sur le Titanic et le meeting du maire sortant de Lyon en ballottage clairement défavorable. Dehors, des militants pour le droit au logement accueillant les militants en chantant “les écolos mettent les enfants à la rue”. Une poignée d’entre eux ont réussi à entrer dans la salle et perturbent le début du meeting, obligeant Sandra Buteau-Besle, responsable d’une association de parents d’élèves et soutien de Grégory Doucet, à s’arrêter. Elle égrenait les réalisations du mandat et les différences annonces pour améliorer “la qualité de vie à l’école”.
“L’audace ou le retour en arrière”
Sur scène, quelques orateurs ont précédé la prise de parole du maire. Christophe Dercamp, “drag queer engagé”, a, lui, salué l’engagement de la municipalité pour faire de Lyon une ville inclusive et a présenté les municipales de mars prochain comme “un choix entre l’audace ou le retour en arrière”. Mouttou Sagadevin qui s’est présenté comme un militant “sourd, queer et racisé” a développé les réalisations de la majorité sortante en matière d’environnement. Le militant écologiste marseillais Amine Kessaci a évoqué la lutte contre le narcotrafic et la sécurité lui dont deux frères ont été abattus.
Runel se paye Aulas
La députée socialiste Sandrine Runel a ramené les débats à des contingences plus lyonnaises et sonné la charge contre Jean-Michel Aulas qu’elle qualifie “d’homme de l’ancien monde”. “On ne gouverne pas une ville comme on gère un club de foot ou une entreprise. Des mesures creuses et du béton ne suffisent pas”, a-t-elle moqué. L’ancienne adjointe aux affaires sociales a aussi défendu le bilan de la majorité sur l’hébergement d’urgence ou l’aide aux familles défavorisées.

Grégory Doucet est ensuite monté sur scène au son de Madonna et avec détermination. Il a défendu son bilan et un fil rouge de son premier mandat que les Lyonnais ont pu perdre de vue au gré des polémiques : “En 2050, lorsqu’il fera à Lyon aussi chaud qu'à Alger, comment nous préparer à traverser la Place Bellecour, fréquenter nos commerces, faire du sport avec nos enfants, prendre soin de nos aînés alors que le thermomètre avoisinera 50 degrés. 10 ans après l’Accord de Paris, nous vivons désormais dans le monde dont les plus grands scientifiques nous mettaient en garde. L’adaptation de la ville n’est pas une option. C’est un devoir qu’ici, à Lyon, nous assumons. Depuis cinq ans, nous avons choisi de tracer un chemin qui conjugue justice sociale et exigence écologique”.
Doucet mise sur les sécurités
Le maire de Lyon a ensuite déroulé le fil rouge de son prochain mandat, la sécurité. Un thème qui déborde pour lui de son acception habituelle : “je pense bien sûr à la sécurité des biens et des personnes mais c’est de toutes les sécurités dont il est question. Notre projet est d’assurer les meilleures conditions d'existence pour tous les âges, de permettre un accès facilité au logement, aux soins, à l’éducation, à la culture, à l’emploi, et aux services publics pour nos enfants jusqu’à nos aînés”. Grégory Doucet a aussi rappeler les propositions qu’il a déjà mis sur la table : création d’une garantie municipale des loyers, d’une assurance habitation et d’une mutuelle municipale, création d’un fond de rénovation thermique, d’une brigade anti-incivilités, augmentation des effectifs de la police municipale ou l’ouverture d’une “maison de l’égalité dont la première des vocations sera l’apprentissage de la citoyenneté pour les jeunes lyonnais”.
Grégory Doucet s’est permis une attaque contre son challenger Jean-Michel Aulas dans une élection qu’il annonce “historique” : “ne comptez pas sur moi pour engager un projet abracadabrantesque à plusieurs milliards qui fera les poches des automobilistes, la ruine de cette collectivité et qui ne réduira ni les émissions de CO2, ni la pollution, ni le trafic en surface”. Euphorisé par son intervention devant 700 militants, Grégory Doucet a terminé la soirée en s'offrant un bain de foule revigorant pour lui.

le dogmatisme de doucet comme celui de aulas sont desesperants pour Lyon