Stéphanie Léger, adjointe sortante à l'éducation à Lyon et et candidate sur les listes d’union de la gauche autour de Grégory Doucet, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Stéphanie Léger, adjointe sortante à l'éducation à Lyon, égrène dans 6 minutes chrono les différentes mesures de l'union de la gauche autour de Grégory Doucet dont la gratuité des fournitures scolaires. "Les fournitures scolaires sont un marronnier de la rentrée et une préoccupation pour les familles, à la fois financièrement mais aussi en termes de charge mentale. Il faut se déplacer, comparer les prix, organiser les achats. Grâce à un marché public, la collectivité peut acheter en volume à des prix très compétitifs. Cela permet aux familles de se libérer de cette liste de rentrée, de ne plus y penser pendant les vacances, ni en septembre, et de confier cette charge à la collectivité", explique-t-elle.
Elle revient aussi sur la proposition d'étendre à l'ensemble du mercredi l'offre périscolaire : "Aujourd’hui, la Ville et les associations d’éducation populaire proposent un périscolaire uniquement le matin, ce qui oblige les parents à trouver une solution de garde l’après-midi. Nous proposerons désormais une offre de périscolaire sur toute la journée du mercredi, sans interruption. Les parents auront ainsi une offre complète d’accueil de loisirs toute la journée du mercredi."
Stéphanie Léger dénonce aussi la proposition de Jean-Michel Aulas de rendre gratuits la cantine et le périscolaire : "C’est une proposition plutôt ahurissante pour un candidat soutenu par la droite, et même démagogique. Le chiffrage est très hasardeux (...) Ils parlent de justice sociale, mais la justice sociale consiste à proposer un service public de qualité auquel les familles contribuent selon leurs moyens et dont tout le monde peut bénéficier de manière équitable".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Stéphanie Léger
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Stéphanie Léger. Vous êtes adjointe à l’éducation à la Ville de Lyon et candidate sur les listes d’union de la gauche autour de Grégory Doucet. Nous vous avons invité pour revenir sur l’une des propositions formulées par le candidat Doucet, et donc par vous, la semaine dernière : la gratuité des fournitures scolaires pour tous les enfants des écoles publiques à Lyon. Cette annonce est chiffrée à combien ? Ce n’est pas forcément un coût faramineux pour la collectivité ?
Non, d’abord parce que la Ville de Lyon finance déjà un grand nombre de fournitures scolaires dans les écoles. Nous finançons les commandes des enseignants. Nous allons donc ajouter un certain nombre de fournitures demandées par les enseignants sur les listes de rentrée, ce que l’on appelle les listes de fournitures scolaires. Nous prendrons en charge ces fournitures supplémentaires par rapport à ce que nous fournissons aujourd’hui et nous avons évalué ce coût à environ 500 000 euros.
Globalement, cela représente 10 à 15 euros de plus par enfant, alors que vous en financez déjà environ 60. Qu’est-ce qui vous a amenée à cette réflexion de passer à la gratuité totale, alors que le coût était déjà raisonnable pour la plupart des familles et que le CCAS compense pour celles qui sont le plus en difficulté ? Pourquoi avoir franchi ce cap ?
Parce que les fournitures scolaires sont un marronnier de la rentrée et une préoccupation pour les familles, à la fois financièrement mais aussi en termes de charge mentale. Il faut se déplacer, comparer les prix, organiser les achats. Grâce à un marché public, la collectivité peut acheter en volume à des prix très compétitifs. Cela permet aux familles de se libérer de cette liste de rentrée, de ne plus y penser pendant les vacances, ni en septembre, et de confier cette charge à la collectivité.
Sur les questions d’éducation, il y a eu cette annonce. Y aura-t-il d’autres propositions ou serez-vous davantage dans la continuité du bilan, notamment autour de la rénovation des cours d’école et de la rénovation énergétique des bâtiments ? Existe-t-il des idées nouvelles, peut-être plus disruptives, dans votre campagne ? Qu’aimeriez-vous améliorer lors d’un second mandat dans les écoles lyonnaises ?
Nous avons beaucoup travaillé sur la qualité, que ce soit sur la pause méridienne, la cantine, le temps du midi, mais aussi sur le périscolaire du soir, les PEPS. Nous nous étions fixé comme prochain objectif la question du mercredi. Aujourd’hui, la Ville et les associations d’éducation populaire proposent un périscolaire uniquement le matin, ce qui oblige les parents à trouver une solution de garde l’après-midi. Nous proposerons désormais une offre de périscolaire sur toute la journée du mercredi, sans interruption. Les parents auront ainsi une offre complète d’accueil de loisirs toute la journée du mercredi.
Ces activités se dérouleront-elles dans les écoles ou dans les centres de loisirs ?
Dans les écoles. Nous prolongerons le périscolaire du matin dans le même établissement scolaire sur l’après-midi.
Vous évoquiez la gratuité des fournitures, des cantines et du périscolaire. La transition est toute trouvée avec l’une des mesures annoncées par Jean-Michel Aulas la semaine dernière : la gratuité de la cantine pour tous les enfants scolarisés dans les écoles publiques et la gratuité du périscolaire. Cette proposition vous paraît-elle réaliste financièrement ?
C’est une proposition plutôt ahurissante pour un candidat soutenu par la droite, et même démagogique. Le chiffrage est très hasardeux. Les recettes que la Ville supprimerait avec cette mesure sont très importantes. Ils les estiment entre 14 et 18 millions d’euros, alors que l’on parle plutôt de 30 millions. Il y a une forme d’amateurisme dans ce chiffrage, car ils ne prennent pas en compte les financements de la CAF et de l’État, ni le rôle des partenaires de l’éducation populaire, les MJC, les centres sociaux et les maisons de l’enfance, qui assurent aujourd’hui 50 % du périscolaire et qui ne peuvent se passer des recettes des familles ou de la CAF. Cette estimation ne correspond pas à la réalité. Ils parlent de justice sociale, mais la justice sociale consiste à proposer un service public de qualité auquel les familles contribuent selon leurs moyens et dont tout le monde peut bénéficier de manière équitable. C’est ce que nous avons construit depuis cinq à six ans et ce que nous proposons de poursuivre. Aujourd’hui, la collectivité ne peut pas assumer financièrement cette proposition. Nous restons donc raisonnables, conscients du coût d’un service public, et nous proposons une offre qui correspond aux attentes des parents, comme l’accueil de loisirs toute la journée du mercredi.
Concernant la cantine et le périscolaire, qui restent une préoccupation majeure pour les parents, les retours que vous recevez portent-ils davantage sur les questions financières ou sur le contenu et la qualité des services ?
Nous travaillons sur ces sujets depuis cinq à six ans à travers des rencontres et des consultations régulières avec les parents. Les questions de qualité de l’encadrement, de formation des animateurs et de contenu des activités reviennent très régulièrement.
On vous parle donc davantage de qualité que de prix ?
Aujourd’hui, 90 à 91 % des enfants sont inscrits à la pause méridienne. Sur 32 000 élèves, environ 28 000 à 29 000 déjeunent à la cantine. Si le prix était réellement un frein, nous aurions beaucoup moins d’inscrits. Les quotients familiaux permettent de contribuer selon les revenus. Nous prenons également en charge les familles en grande précarité grâce au CCAS : environ 1 000 enfants mangent à la cantine sans que leurs parents ne paient le service. Par ailleurs, environ 4 000 familles contribuent à hauteur de 0,80 euro par jour pour un repas sain et durable et pour les activités périscolaires. Nous tenons donc compte à la fois des revenus, des difficultés et des situations financières des familles lyonnaises.
