Dans un long communiqué de presse, Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas annoncent vouloir créer un tunnel de 8 kilomètres pour traverser Lyon et désengorger le tunnel sous Fourvière. Un projet dantesque, chiffré à 2 milliards d’euros.
C’est un vieux serpent de mer qui refait surface en pleine période électorale. Et pour leur première grande annonce de campagne, Véronique Sarselli, candidate à la Métropole de Lyon, et Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, entendent marquer les esprits. Ce lundi 5 janvier 2026, les candidats unis sous la bannière (Grand) Cœur lyonnais expliquent vouloir proposer une "nouvelle traversée de Fourvière". Un "projet structurant d’envergure historique" qui prévoit la création d’un nouveau tunnel de 8 kilomètres de long entre Tassin et Saint-Fons, destiné à désengorger l’actuel tunnel sous Fourvière, qui accueille chaque jour, en plein cœur de Lyon, près de 110 000 véhicules.
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En transférant le trafic de transit sous terre, le duo entend libérer les axes M6-M7, réduire la pollution et les nuisances sonores, et restituer près de 45 hectares d’espaces en surface, notamment entre Perrache et la Confluence. Un projet porté depuis 2016 par l’architecte lyonnaise Hélène Duhoo à travers Lyon Métamorphose et qui, selon les candidats soutenus par la droite et le centre, permettrait de faire sauter le bouchon de Fourvière en "traitant enfin à la racine le principal point noir de la circulation métropolitaine". "Depuis six ans, l’exécutif actuel a multiplié les aménagements “de contrainte” sans jamais proposer de solution structurante pour fluidifier durablement les mobilités pendulaires et de transit", estiment Aulas et Sarselli dans leur communiqué.
Dix ans de travaux
Le futur tunnel, qui pourrait devenir le cinquième plus long de France, débuterait au nord de Lyon, au niveau de Tassin sur la M6, pour s’achever près de l’A450 à Saint-Fons, passant sous la Presqu’île, Gerland, la Saône et le Rhône. "Phasés sur une durée totale de dix ans, les travaux essentiellement souterrains limiteront fortement l’impact en surface, contrairement aux projets actuels de requalification lourde sur les axes existants", précisent les deux candidats, alors que Jean-Michel Aulas avait annoncé vouloir porter, à travers sa candidature à l’Hôtel de Ville de Lyon, "des projets sur 50 ans".
Présentant ce chantier comme "une alternative crédible au projet Rive droite" porté par l’exécutif actuel, Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas ambitionnent de "réparer une anomalie urbaine héritée des années 1960". "Lyon a toujours progressé quand elle a osé des projets structurants. La nouvelle traversée de Fourvière est une chance historique pour le territoire", estime Jean-Michel Aulas qui dit s'inspirer notamment du projet Big Dig à Boston. Ce gigantesque chantier mené il y a quelques années aux Etats-Unis, avait notamment permis la construction d'un tunnel autoroutier de 5,5 kilomètres de long. Les travaux avaient duré plus de 20 ans et le projet global avait couté près de 15 milliards de dollars, contre 2,5 milliards estimés lors de son lancement en 1985.
Un projet à 2 milliards
Bien que l’idée d’un tunnel sous Lyon soit revenue à plusieurs reprises ces dernières années — notamment avec le projet abandonné de l’Anneau des sciences, qui visait à boucler le périphérique à l’ouest de Lyon — les candidats l’assurent : "Ce projet n’est ni une résurgence, ni un recyclage : c’est une reformulation complète, actualisée et globale d’un enjeu désormais incontournable." Un projet pharaonique, au coût estimé entre 1,6 et 2 milliards d’euros, qui serait financé sous la forme d’un partenariat public-privé, avec possiblement la mise en place d’un péage, sur le modèle du périphérique nord. Une estimation très optimiste quand l'on sait que l'Anneau des sciences avait été chiffré en 2012 à plus de 2,5 milliards d'euros.
Un projet spectaculaire qui ressuscite un vieux fantasme d’aménagement et qui pourrait surtout servir de marqueur politique dans une campagne où les symboles pèseront autant que les solutions concrètes.
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Mdr encore plus débile que le projet de téléphérique des écolos, fallait oser!
Il y aura des échangeurs pour sortir a bellecour & fourvière j'espère?
Trop fort Donald Aulas , même Trump n’y aurait pas pensé !!