Derby ASSE - OL : la bataille de Brignais

A l'occasion du derby ASSE-OL, Lyon Capitale vous propose de découvrir la genèse d'une rivalité d'un point de vue historique entre les deux villes ennemies. DEUXIÈME PARTIE – la bataille de Brignais : fin des comtes de Forez

Des mercenaires revanchards

Avec la mort de Guy II, puis celle de Renaud II, les comtes de Forez ne peuvent plus prétendre à la moindre souveraineté sur Lyon. C’est pourtant cette même ville qui signera la perte de la seconde dynastie. De 1337 à 1453, la guerre de cent ans ravage le royaume de France. En 1346, la bataille de Crécy tourne à l’avantage des Anglais, qui ont su profiter de l’habileté et de la rapidité de leurs archers face à une armée française équipée d’arbalètes.

Pour renforcer ses troupes, la France fait appel à des mercenaires. En 1356, à Poitiers, le roi Jean II est fait prisonnier. Mercenaires et troupes ne sont plus payés ; ils ravagent, pillent, violent à travers tout le pays. Une fois libéré, le roi décide de remédier à la situation, mais il est trop tard : les mercenaires, jusque-là en petits groupes, décident de s’unir. Ils vont rejoindre les tard-venus, ainsi surnommés parce qu’ils avaient pour réputation d’arriver après les batailles, pour piller les cadavres. Stationnés dans le Nord, ils vont descendre jusqu’en Provence. Le pape refusant de payer un tribut, les troupes ravagent ses territoires jusqu’à ce qu’il accepte de verser 100 000 florins d’or.

La menace sur Lyon

Dès lors, comme l’indique le chroniqueur de l’époque Jean Froissart, les tard-venus remontent jusqu’à Lyon. Face à la défense de la ville, ils renoncent à la capturer et décident de prendre Rive-de-Gier, qui deviendra leur camp principal. Jean II, informé de la situation, fait appel aux chevaliers du royaume. Douze mille hommes (6 000 chevaliers, 6 000 archers et fantassins) placés sous la direction du comte de Tancarville viennent en aide à la région. Parmi eux, le comte de Forez Louis d’Albon.

En 1362, les tard-venus envahissent Saint-Genis, puis le fort de Brignais. Ils ont toujours pour objectif de marcher sur Lyon et quittent donc les lieux, tout en laissant 300 soldats sur place. L’armée royale choisit de ne pas attendre les renforts savoyards et décide de reprendre Brignais par la force. Cette stratégie va se révéler catastrophique. Les troupes marchent vers la porte de la ville, mais elles sont repoussées deux fois. Les hommes décident alors de stationner dans la plaine, près du cimetière.

Les tard-venus restés à l’extérieur de la ville sont informés de la bataille et se regroupent pour venir en aide aux assiégés. La nuit, ils se cachent dans la forêt. Et le matin, tandis que les chevaliers festoient sans se douter de rien autour d’un copieux petit déjeuner, ils déboulent du haut de la colline. Handicapés par leurs lourdes armures, les chevaliers peinent à grimper la côte. Une fois en haut, ils sont accueillis par des jets de pierre et doivent rebrousser chemin. Lors d’une seconde tentative, ils sont de nouveau repoussés, et dans leur fuite leurs chevaux écrasent l’infanterie royale placée derrière eux.

Le massacre de Brignais : chute des comtes de Forez

Décidés à ne leur laisser aucune chance, les tard-venus leur barrent alors la route, empêchant toute retraite. Le massacre sera terrible, 10 000 hommes seront tués. Un petit ruisseau qui traverse ces terres se transformera en mare de sang (Merdanson). Les chevaliers survivants sont capturés pour être négociés contre des rançons. Le comte de la Marche et l’un de ses fils repartent vers Lyon pour y mourir, son cadet perdra la raison à cause d’un coup d’épée sur la tête. Les tard-venus renoncent à attaquer Lyon et quittent Brignais en 1365.

Parmi les victimes, le comte de Forez Louis d’Albon qui, privé d’héritier masculin, sera le dernier de la seconde maison de Forez. Sa nièce Anne Dauphine devient alors la première comtesse de Forez dans l’histoire. Elle épousera Louis II de Bourbon, ce qui aura pour conséquence de changer la lignée, désormais acquise à la maison du même nom. Près de cent ans après avoir renoncé à la souveraineté de Lyon, la famille a donc disparu en tentant de la sauver.

Première partie : la séparation

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