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Coupe de France : Ludovic Giuly et ses drôles de coéquipiers

Ludovic Giuly attise toutes les attentions avant le 16ème de finale de Coupe de France de son club amateur – Chasselay - mercredi à Gerland face à la grande équipe de Monaco. Mais derrière la star se cache une équipe voire même une "famille" comme le décrivent les joueurs.

Ils sont là. Assis tranquillement, en train d’écouter Ludovic Giuly répondre à la trentaine de journalistes présents avant l’historique 16ème de finale de la Coupe de France entre MDA Chasselay et Monaco. "Ils", ce sont les joueurs chasselois. Depuis le début de saison, ils vivent dans l’ombre médiatique de leur capitaine vainqueur de la Ligue des champions en 2006 avec Barcelone. Et cela leur réussit plutôt bien. Pour un "petit" club du Championnat de France Amateur (CFA), avoir un joueur du palmarès de l’international français n’est pas si commun. Mais au delà du phénomène Giuly, il y a des hommes. Aux parcours si différents. Les uns ont joué au plus haut niveau comme Jamal Alioui (Catane, Metz, Nantes), international marocain (19 sélections), Fodié Traoré (Brest) ou encore Alexis Genet (Le Havre, Sarrebruck). Les autres ont tutoyé le plus haut niveau dans des centres de formation sans jamais pouvoir atteindre le graal comme Daniel Jaccard (OL), Jeffrey Bugnet (OL), Anthony Mauvernay (OL) ou David Douline (ETG, ASSE).

Et puis, il y a une catégorie à part. Ceux qui, arrivés de nulle part, s’apprêtent à disputer le match de leur vie. En 2012, Arthur Poulet débarque dans le club des Monts d’Or en provenance de Chassieu-Décines. Non pas pour jouer avec l’équipe première mais avec la réserve. Au fur et à mesure, il intègre le groupe dirigé par Stéphane Santini. "Il y a quatre ans, on m’a dit d’arrêter le football. Pour moi, affronter Monaco, c’est inespéré. Je n’aurais jamais cru pouvoir le dire un jour !", s’enthousiasme-t-il. A 21 ans, cet arrière gauche n’a pas de complexe par rapport à ses coéquipiers qui ont fait un parcours au plus haut niveau : "J’ai quand même dû rattraper mon retard au niveau tactique".

"On a plus de pression contre un concurrent au maintien en championnat..."

Se pose alors la question de la fameuse pression. Sur la pelouse du Stade de Gerland mercredi à 17h, les Chasselois seront opposés aux stars monégasques lors d’un match télévisé. Pourtant, ces jeunes joueurs ne semblent pas avoir le trac. Du moins, pour le moment. "On est impatients. Au stade, il y aura forcément l’adrénaline qui va monter jusqu’au coup d’envoi", glisse tout sourire Anthony Mauvernay. "Je ne suis pas du tout impressionné. On aborde le match sereinement", tance de son côté Jeffrey Bugnet. "Celui qui se met de la pression, je ne le comprends vraiment pas… C’est un plaisir plus qu’autre chose. On a plus de pression dans un match contre un concurrent direct pour le maintien en championnat", rajoute Arthur Poulet. L’éternel Ludovic Giuly, haut de ses 38 ans, apprécie l’attitude de ces jeunes coéquipiers. Une équipe de fêtards unie avant l’événement le plus important de l’histoire du club. "Ils n’ont pas l’habitude. Il faut les laisser, qu’il garde cette folie là pour le terrain car on en aura besoin pour passer. Je leur donnerai des petits conseils quand le match se rapprochera", glisse en bon père de famille l’attaquant passé par…Monaco.

Contre Istres (Ligue 2) lors du dernier tour, MDA Chasselay a déjà réalisé l’exploit. Une performance rare dans une carrière pour des joueurs amateurs qui n’ont pas encore forcément conscience de la tâche qui les attend. Mais ce n’est peut-être pas le plus important. "Pour moi, ce qu’il y a de particulier, c’est ce qu’on vit tous ensemble. Ça n’a pas de prix. Ce qu’il s’est passé contre Istres, sur le terrain, dans les vestiaires, on s’en souviendra encore dans 20 ans. Contre Monaco, ce sont des moments qui valent très chers", résume Daniel Jaccard, le gardien spécialiste des tirs au but. Dans 20 ans, on se souviendra peut-être aussi de cette équipe de boute-en-train, emmenée par Ludovic Giuly, qui aura fait tomber le Monaco des Falcao, Abidal et compagnie.

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