L'équipe de France de football a remporté la médaille d'or face à l'Allemagne lors des World Games de 217 à Wroclaw
© Lionel Friederich

World Games : 3 Lyonnais médaille d’or au football américain

Le 24 juillet se tenait la finale des World Games de football américain. Une finale remportée par les Bleus contre l’Allemagne (14-06) qui pourrait permettre de médiatiser ce sport méconnu en France.

L'équipe de France de football a remporté la médaille d'or face à l'Allemagne lors des World Games de 217 à Wroclaw, en Pologne

© Lionel Friederich
L'équipe de France de football a remporté la médaille d'or face à l'Allemagne lors des World Games de 217 à Wroclaw, en Pologne

Tous les quatre ans, se déroulent les World Games. Ces jeux mondiaux regroupent les meilleurs sportifs des disciplines non olympiques. Souvent vus comme une promesse pour certains sports de parvenir un jour à participer aux JO, les World Games n'en restent pas moins une compétition internationale qui révèle ou confirme les talents. Cette année, c'est l'équipe de France de football américain qui a remporté la médaille d'or face à l'Allemagne, pourtant détentrice de nombreux titres. Dans l'équipe, trois Lyonnais du club des Falcons de Bron-Villeurbanne : Brice Rontet, Armel Ahidazan et Matthieu Fayard, lequel revient pour Lyon Capitale sur les enjeux de cette victoire.

La France en retard, par rapport à ses voisins européens

Matthieu Fayard est le capitaine de la défense des Falcons, mais aussi de l'équipe de France. Pour lui, cette victoire est "historique" face à une équipe d'Allemagne qui vit cette défaite comme une "catastrophe" : "Contrairement à la France, l'Allemagne fait partie des pays où l'on peut plus facilement vivre du football américain. Là-bas c'est une discipline bien plus médiatisée, où l'on peut compter jusqu'à 15 000 spectateurs par match. Cette victoire, c'est une manière pour nous de montrer que l'on mérite une place dans le paysage sportif français." En Allemagne, en Autriche ou en Finlande (où il a joué la fin de saison, chez les Crocodiles de Seinäjoki), les joueurs peuvent se consacrer uniquement au football américain, ce qui est encore compliqué en France, explique Matthieu Fayard : "Je suis salarié, diplômé d'un master d'école de commerce, et je dois travailler à côté. Toute l'équipe est dans le même cas. Alors on espère que cette médaille d'or pourra nous permettre de nous faire connaître mieux. Que les gens sachent qu'il y a une vraie équipe de France, et un vrai club qui forme des internationaux à très haut niveau."

“Si le public connaissait mieux les règles, il apprécierait plus le football américain !”

Matthieu Fayard est arrivé aux Falcons de Bron-Villeurbanne à 22 ans, alors que le club ne jouait qu'en troisième division. Aujourd'hui, à 29 ans, il est membre de l'équipe de France depuis 2015 et les Falcons évoluent dans la plus haute division. Une ascension considérable pour le club brondillant qui, depuis 1998, a formé plus de dix joueurs internationaux. Mais des progrès restent à faire, selon le capitaine de la défense : "Le problème, c'est la médiatisation. Les gens connaissent mal ce sport, c'est pour cette raison que l'on a du mal à sentir arriver la professionnalisation de la discipline. C'est un sport très réglementé, qui évolue sans cesse pour s'adapter aux besoins. On est une des premières disciplines à avoir mis en place la vidéo. Si le public connaissait mieux les règles, il apprécierait plus le football américain !"

Matthieu Fayard lors de la finale des World Games de football américain à Wroclaw en Pologne, 2017

© Lionel Friederich
Matthieu Fayard lors de la finale des World Games de football américain à Wroclaw en Pologne, 2017

Les prémices de la professionnalisation ?

En France, le football américain commence à voir émerger des partenaires, et des clubs qui rémunèrent leurs sportifs. "On peut en vivre, mais c'est encore compliqué, estime Matthieu Fayard. On voit arriver quelques primes de match parfois, notamment chez les Black Panthers [club de Thonon-les-Bains, NdlR], mais pour l'instant les décisionnaires et les médias ne nous regardent pas." Quand on lui parle des dangers de ce sport, le capitaine de la défense des Falcons ne manque pas de répondre : "On est vraiment bien préparé, mentalement et physiquement, par des coachs qui sont de vrais leaders. On s'entraîne deux fois par semaine sur le terrain et deux à trois fois par semaine à côté, donc notre préparation n'est pas faite à moitié. Tout est pensé pour pallier les blessures. On a l'image de la NFL [la National Football League, aux États-Unis] ultraviolente, mais c'est un niveau à des kilomètres du nôtre. Peut-être que la Coupe d'Europe de 2018 sera l'occasion de nous faire connaître davantage."

Objectif : Coupe d’Europe 2018

Pour l'heure, Matthieu Fayard fait partie de la sélection de l'équipe de France pour la Coupe d'Europe mais, comme il le souligne, tout peut aller très vite d'ici là. D'autant plus que le club des Falcons a, cette saison, souffert d'une mésentente avec la municipalité de Bron quant à leur attachement à l'office municipal du sport. Alors que pendant deux ans la précédente présidence des Falcons n'avait pas réglé ses cotisations à l'office, la ville a refusé l'accès aux stades aux Falcons, qui ont dû les louer pour pouvoir s'entraîner. Malgré des excuses et des explications entre les deux parties, les relations restent encore un peu compliquées, mais les Falcons devraient pouvoir dès septembre de nouveau s'entraîner dans le stade Léo-Lagrange. Affaire à suivre, donc, pour le club brondillant, qui forme chaque jour des footballeurs de haut niveau.

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