Cris : “Il ne faut pas changer l’entraîneur mais notre mentalité”

FOOTBALL - Actuellement en stage à Tignes avec le reste de ses coéquipiers, Cris affirme vouloir prolonger son aventure à Lyon. Sans exclure un départ. (Entretien paru dans Lyon Capitale de juin 2010)

Lyon Capitale : Quel bilan tirez-vous de cette saison 2009/2010 ?
Cris : C’était une saison correcte. À l’heure de tirer un bilan, on a forcément des regrets car on peut toujours faire mieux. Lyon est une équipe en construction. En début de saison, il y a eu de nombreux changements au sein du groupe, pas mal de blessures. Cela nous a compliqué la tâche. On a perdu trop de points à la maison comme face à Sochaux, Marseille, Bordeaux ou Montpellier. Pour gagner un championnat, il faut répondre présent à domicile.

On a le sentiment que c’est au niveau psychologique que l’équipe a été défaillante...
On a réalisé un début de saison très costaud. On était accaparé par la Ligue des Champions. Puis on a lâché mentalement. Quand tu as l’habitude de gagner, de remporter des trophées et que tu enchaînes les défaites, ça fait mal, c’est dur à accepter, surtout quand on sait qu’on avait une équipe pour tout gagner. C’est pour cela que le stage en Tunisie nous a fait beaucoup de bien. Il y avait des choses à régler entre nous. On a crevé l’abcès, on a bien parlé. On a tout mis carte sur table en se disant clairement les choses. À partir de là, on a fait une belle série, en enchaînant les succès.

Pensez-vous que Claude Puel doit aller au bout de son contrat, que c’est l’homme de la situation pour l’OL ?
Je pense que pour continuer la philosophie de travail qu’il a mise en place, il doit rester. Quand on change sans cesse d’entraîneur, c’est compliqué de s’adapter et de créer une dynamique. Ça fait deux ans qu’il est au club, on s’est adapté à son travail, à son style de jeu. Ce n’est pas l’entraîneur qu’il faut changer mais notre mentalité.

Au cours de la saison, on a évoqué un possible retour de Juninho. Vous faites partie de ceux qui souhaitaient qu’il revienne à Lyon...
Oui et je ne m’en suis jamais caché (sourire). S’il était venu, je pense qu’il nous aurait aidés à réaliser une meilleure saison. Lorsque les mauvais résultats se sont enchaînés, avez-vous imaginé quitter le club ?
Non, jamais. C’est vrai que j’ai été beaucoup critiqué par la presse. Certaines critiques étaient justifiées d’autres un peu moins mais je l’ai accepté parce que je savais que l’équipe était au plus mal et qu’on encaissait beaucoup de buts. Durant la première partie de saison, notre meilleur joueur était notre gardien, à partir de là, cela signifie que quelque chose n’allait pas. Comme le reste de mes coéquipiers, j’ai fait le dos rond et j’ai continué de travailler en essayant de monter mon niveau de jeu. J’ai essayé de parler dans le vestiaire parce que je savais qu’on avait des qualités.

Souhaitez-vous conserver votre brassard de capitaine ?
Être capitaine est quelque chose qui me plaît. Mais ce n’est pas mon objectif premier. Jérémy Toulalan ou Hugo Lloris peuvent également prétendre l’être. Moi je ne réclame rien, cela dépend du coach. S’il souhaite continuer avec moi, je suis content, il n’y a pas de problème. S’il veut changer, il n’y a pas de souci non plus. Ce qui prime, c’est que je sois bon sur le terrain, utile pour le collectif. De toutes façons, même si je ne porte plus le brassard de capitaine, je me considère comme un leader. Quoiqu’il advienne, j’assumerai toujours ce rôle au sein du groupe.

Comment expliquez-vous ce lien qui vous unit avec le public lyonnais ?
C’est une relation de confiance. Ils savent que je ne vais jamais lâcher. Je ne triche pas. Je me donne toujours à fond pour défendre les couleurs du club. Quand je rentre sur le terrain, je joue pour la ville de Lyon, je ne pense qu’à la victoire. J’entretiens de bonnes relations avec les supporters, on est une sorte de famille. Je suis très touché par leurs marques d’affections notamment lorsqu’ils scandent : “Cris, Cris, Cris”.

Quels sont les objectifs de l’OL pour la saison prochaine ?
Regagner le championnat. Cela doit être notre unique obsession. La Ligue des Champions, c’est du bonus.

Un mot sur Lisandro Lopez. Pour sa première saison, il a vraiment été impressionnant...
Je le connaissais déjà lorsqu’il évoluait à Porto. C’est un excellent joueur, un véritable taulier. Il est toujours à fond, se bat sans cesse sur le terrain. Il ne lâche rien et joue vraiment pour l’équipe. Pour sa première saison, il nous a beaucoup apporté. À Madrid, lors du match retour, il nous a écrit une lettre magnifique qui nous a transcendés. Même s’il ne parle pas encore le français, c’est un leader.

Quel est votre regard sur le départ de Sidney Govou. Un joueur qui a énormément apporté au club mais qui s’est aussi beaucoup illustré au niveau extra-sportif ?
Sidney, c’est un joueur indispensable ! C’est dommage, qu’il ait décidé de partir. C’est un joueur qui nous a beaucoup apporté au sein du vestiaire. Ce n’est pas un joueur égoïste, il a toujours fait les efforts pour le collectif. Humainement, c’est quelqu’un de bien. Pour répondre à la deuxième partie de votre question, je n’ai pas à porter de jugement sur sa vie hors football. Franchement, entre nous, on “s’en tape” de toutes ces histoires. Le plus important, c’est de le juger sur ses prestations sportives.

Souhaitez-vous terminer votre carrière à Lyon ?
J’ai toujours dit que j’étais heureux à Lyon. J’adore cette ville, je me sens bien à l’OL. Mes deux filles sont lyonnaises, ma famille se plaît ici. Il me reste un an de contrat et j’aimerais bien prolonger. Maintenant, dans le football, tout peut aller très vite. Si demain, un club me propose un contrat de deux ou trois ans, je ne pourrais pas refuser. Les dirigeants et l’entraîneur savent que j’ai envie de prolonger. Désormais, je ne dis plus rien, j’attends qu’ils me fassent part de leur intention me concernant.

Sincèrement, vous vous imaginez jouer dans un autre club que l’OL ?
Non. (Silence) Mais vous savez, lorsque vous êtes un joueur de football, vous devez toujours vous préparer à cette éventualité.

Suite à cet entretien, lire la réaction de Jean-Michel Aulas.

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